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L’Entrepreneuriat vert, une alternative de création d’emploi vert durable en Afrique

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Contribution sur les avantages de l’entrepreneuriat vert et comment l’économie verte peut résoudre beaucoup de problèmes socio-économiques en Afrique.

Par Mourad Bergheul,
Expert-Consultant, Formateur,
Facilitateur en entrepreneuriat vert.

L’Afrique à l’instar des autres continents du monde entier est déjà confrontée à d’importants défis, démultipliés en raison des effets du changement climatique et de la dégradation des ressources naturelles, ajouté à cela, la pandémie du Covid-19 qui a fait des millions de morts dans le monde. Cette pandémie a provoqué une crise économique mondiale au point où le PIB de l’Afrique s’est contracté de 2.1% en 2020 selon le rapport de la Banque Africaine de de développement.

L’économie verte est une opportunité pour l’Afrique, pour atteindre des objectifs de la croissance économique et de développement durable tout en contribuant à la lutte contre les effets du changement climatique. L’économie verte devrait faire partie des stratégies mises en œuvre par les Etats Africains afin d’assurer une croissance qui intègre la préservation et la valorisation du capital naturel et humain.

L’entrepreneuriat vert un atout pour accompagner les pays africains vers la transition économique, technologique et environnemental

L’Afrique se doit aujourd’hui d’adopter un modèle qui prenne en compte la croissance verte. L’entrepreneuriat vert est un atout pour accompagner l’Afrique dans sa transition économique, technologique et environnementale. Il constitue donc une nouvelle dynamique économique en pleine évolution dans un contexte de prise de conscience des enjeux environnementaux planétaires.

Mourad Bergheul

Mourad Bergheul, Expert-Consultant, Formateur, Facilitateur en entrepreneuriat vert.

Les jeunes –chômeurs ou diplômés Africains –femmes ou hommes, futurs entrepreneurs verts sont porteurs d’initiatives originales et innovantes. Mais celles-ci restent peu connues et ne bénéficient pas souvent de formation et d’un accompagnement leur permettant ainsi de se développer rapidement. A ce jour, certains pays Africains sont conscients de la nécessité d’apporter un appui à ce secteur prometteur-créateur de richesses et d’emploi en agissant sur le cadre réglementaire, en valorisant le travail réalisé par ces entrepreneurs verts et en incitant les jeunes –femmes ou hommes en général à adopter ce nouveau mode de croissance économique verte.

L’Afrique repose sur des ressources naturelles inexploitables, qui seront dans un proche avenir des ressources-clés pour assurer les moyens d’existence pour les Africains.

L’entrepreneuriat vert devient un atout pour l’Afrique en l’accompagnant dans sa transition économique, technologique et environnementale : agriculture, gestion durable de l’eau, réutilisation des déchets (économie circulaire), accès aux énergies renouvelables, écotourisme et bien d’autres secteurs touchant aux processus industriels durables (optimisation de la consommation des ressources de type matières premières, eau, énergie, et réduction des émissions polluantes) qui font l’objet de cette nouvelle forme d’entrepreneuriat.

L’Afrique est déjà confrontée à d’importants défis tels que : l’insécurité alimentaire, la pauvreté, la présence de maladies infectieuses telles que le Covid-19, des inégalités croissantes comme l’accès à l’énergie. Ces défis sont démultipliés en raison des effets du changement climatique, de la dégradation des ressources naturelles et de la croissance démographique galopante d’année en année.

Selon le rapport du PNUE –Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le secteur privé pourrait contribuer à plus de 80% du capital nécessaire pour faire face aux conséquences du changement climatique. Le rapport souligne également les bénéfices escomptés pour les TPME(très petite et moyenne entreprises) qui sauront anticiper les changements et s’inscrire dans une démarche responsable et durable.

Ainsi, la capacité de ces entreprises et start-ups à innover et à développer des biens et des services en ressources naturelles et à faibles impacts environnementaux et climatiques sera, de manière croissante, l’un des critères essentiels d’évaluation et de réputation – donc de succès. Aujourd’hui, et plus que jamais, la croissance verte est compatible avec les priorités du développement et de la croissance dite verte en Afrique.

L’entrepreneuriat vert est ainsi considéré comme une réponse majeure aux enjeux et défis d’aujourd’hui. C’est une opportunité pour les jeunes chômeurs diplômés ou non  de pouvoir se lancer dans la création des TPME, voire même artisanales vertes pour créer de la richesse et de l’emploi durable.

Selon Mr. Akinwumi Adesina, Président de la Banque africaine de développement, 12 millions de diplômés arrivent sur le marché  en Afrique chaque année (rapport de la BAD en Afrique-2020 « Perspectives économiques en Afrique 2020 ») .

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat vert ?

Avant de donner une définition de l’entrepreneuriat vert, il y a lieu de définir ce qu’est le développement durable. «Le développement durable, est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacités des générations futurs».

Le développement durable repose sur trois piliers, à savoir :

  • économique qui doit être productif, c’est-à-dire générer des profits ;
  • social qui doit assurer à toute la population un niveau de vie acceptable et équitable ;
  • environnemental qui doit tendre au respect de l’espace exploité et des ressources.

Nous pouvons ainsi définir l’entrepreneuriat vert comme un choix d’engagement dans une économie verte. Il englobe les activités économiques, les technologies, les produits et services moins polluants qui visent à réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre et l’empreinte écologique, minimiser la pollution et économiser les ressources pour assurer une vie meilleure pour les prochaines générations.

L’entrepreneuriat vert constitue ainsi une nouvelle dynamique économique en pleine évolution dans le contexte d’une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux planétaires. Il prend en compte les objectifs du développement durable par le biais de l’économie verte.

Qu’en est-il en Afrique ?

A titre de rappel, le rythme de passage à l’entrepreneuriat vert variera d’une nation à l’autre car cela dépend des spécificités du capital naturel et humain de chaque pays et de son niveau de développement. Cette transition nécessite néanmoins la prise en considération de ces trois dimensions incontournables :

  • Investir dans la gestion durable des principales ressources et du capital naturel ;
  • Mettre en place les conditions appropriées au niveau du marché et en particulier les instruments règlementaires ;
  • Enfin, promouvoir les compétences, le savoir-faire et surtout l’accompagnement.

 

L’entrepreneuriat vert est un atout pour l’avenir de l’Afrique, il contribuera certainement à la transition vers une économie verte : valorisation des déchets, énergies renouvelables, agriculture biologique, écoconstruction, gestion durable de l’eau, éco-tourisme, etc.

L’expérience Algérienne en la matière :

Les initiatives menées par des entrepreneurs verts que nous avons formés dans le cadre d’un programme intitulé «El Moukawalatiya El Khedra», initié par l’Association des femmes en économie verte en partenariat avec le Middle East Partnership Initiative (MEPI) de l’Ambassade des Etats Unis en Algérie se distinguent par deux critères : la contribution à l’intérêt général et un réel impact au développement local.

Au-delà de la finalité environnementale, l’entrepreneur vert formé à la création d’entreprise /start-up verte considère la finalité sociétale au cœur de sa stratégie. Il propose de développer des circuits courts de commercialisation et des modes de production plus durables. L’entrepreneur vert valorise les savoir, les savoir-faire et les produits locaux -Bio. L’impact en termes de développement est réel ; il s’agit de soutenir le développement local et de créer des emplois durables verts. 

L’engagement dans des activités vertes est un signe révélateur du potentiel de la filière verte en Algérie; il révèle aussi le courage et la persévérance de ces jeunes formés dans différentes universités qui ont «osé» innover et concevoir des solutions écologiques durables à travers leurs projets qui ont présentés devant des membres de jury composé des experts, représentants des institutions, organismes et agences, chefs d’entreprises privées.

Cependant, bien que l’entrepreneuriat vert soit au stade embryonnaire en Algérie en particulier et Afrique en général et que les jeunes entrepreneurs verts soient porteurs d’initiatives originales et innovantes, celles-ci restent méconnues et elles ne bénéficient pas souvent d’un accompagnement pour concrétiser leurs projets sur terrain.

Bien que les pouvoirs publics et la société civile commencent à prendre de plus en plus conscience de la nécessité d’apporter un appui à ce secteur ; certains d’entre eux montent des programmes en partenariat avec des organisations de coopération internationale pour former des jeunes à la création d’entreprise et start-up verte.

C’est le cas de l’Association des femmes en économie verte qui a organisé plusieurs sessions de formation dédiées aux jeunes universitaires, futurs entrepreneurs verts aux management de création d’entreprise verte depuis trois années consécutives en partenariat avec Middle East Partnership Initiative (MEPI) de l’Ambassade des Etats Unis en Algérie, des sessions de formations assurées par des experts formateurs nationaux certifiés, environ 300 jeunes diplômés universitaires ont bénéficié de cette formation à travers les différents dispositifs d’aides à la création d’entreprise et start-up initiés par les pouvoirs publics dans ce sens.

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