L’envolée des cours du gaz qui suit une courbe ascendante depuis 2021 a stimulé la demande en énergies renouvelables, devenues rentables par rapport aux combustibles fossiles. Le constat est fait par le réseau mondial de promotion des énergies renouvelables REN21 dans son rapport annuel. Mais l’équation économique reste défavorable au déploiement rapide de ces énergies de substitution. La faute à une nette augmentation des subventions au gaz et au pétrole, là aussi en réponse à la crise.
Bois-énergie, hydraulique, pompes à chaleur, éolien, biocarburants, biogaz, solaire photovoltaïque… Un bilan chiffré des énergies renouvelables est publié chaque année. Il permet d’évaluer la trajectoire des énergies renouvelables en termes de production et de consommation par rapport aux objectifs fixés.
L’édition 2022 des chiffres-clés des énergies renouvelables (EnR) montre une progression continue de leur part dans la production et la consommation d’énergies. Ce bilan permet de distinguer parmi les filières renouvelables celles qui poursuivent leur essor et celles dont la part dans la production et la consommation recule.
Un constat qui pousse à l’optimisme quant à cette transformation énergétique jugée salutaire pour l’exploitation des ressources de la nature : Fini le temps des énergies renouvelables chères et subventionnées. Alors que le coût des éoliennes et autres panneaux photovoltaïques a connu une baisse drastique ces dix dernières années, la crise du gaz de 2022 aurait encore accéléré la tendance. Jusqu’à inverser l’équation économique, en rendant ces sources de production d’électricité bas carbone largement rentables en comparaison des combustibles fossiles, presque partout dans le monde.
En termes d’investissements verts, les engagements sont estimés à 333,50 milliards de dollars US en année 2023. L’énergie solaire et l’énergie éolienne arrivent en tête respectivement avec 161 et 107 milliards de dollars US d’investissements, notamment en Asie (187 milliards), en Amérique (78 milliards) et en Europe (69 milliards).
Dans la course vers ce nouveau marché, l’Afrique «suit» la tendance mais reste loin derrière. Le rapport Bloomberg, qui place la Chine en tête, avec 40% des investissements (132,6 milliards de dollars US) ne lui réserve de place que dans la rubrique «autres», alors que des pays leaders, comme les Etats-Unis (59 milliards), le Japon (23,6 milliards), l’Allemagne (10 milliards), l’Australie (9 milliards) et le Mexique (6 milliards) essaient de suivre la cadence imposée par Pékin.
Pourtant, une étude effectuée en 2020 par Havas Horizons a fait de l’énergie solaire «l’investissement le plus prometteur pour l’Afrique au cours de cette décennie.»
Avec un taux d’accès à l’électricité qui n’atteint pas 20% dans la moitié des pays africains (Banque Mondiale), l’Afrique devrait attirer d’énormes investissements dans ce secteur d’avenir. L’énergie solaire hors réseau, par exemple, représente un marché annuel de 1,75 milliard de dollars, selon un rapport du Groupe de la Banque mondiale et de l’Association mondiale du secteur de l’énergie hors réseau (GOGLA). Il fournit de l’électricité et d’autres services énergétiques à 420 millions d’usagers dont une bonne partie se trouverait en Afrique.
Les défaillances et les inefficacités des infrastructures de transport d’énergie, combinées aux coûts élevés des connexions aux communautés rurales et autres facteurs, signifient que de nombreux Africains quittent le réseau – choisissant des options coûteuses comme les générateurs et, dans certains cas, construisant des mini-réseaux solaires dans leurs communautés. Une situation qui en dit long sur le changement de position des pays occidentaux par rapport à l’investissement énergétique en Afrique.
L’influence grandissante de la Chine en Afrique touche également à l’énergie renouvelable dont elle est d’ores et déjà leader mondial. Les fonds chinois pleuvent sur le continent jusqu’à atteindre 9 milliards de dollars par an, en moyenne, selon une étude du cabinet Baker McKenzie. Et, selon l’Agence de l’Énergie, la Chine pourrait avoir financé près de 200 projets dans le domaine des énergies renouvelables en Afrique subsaharienne. De quoi faire en sorte qu’un Mégawatt africain sur deux soit chinois.











