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Le montage est désormais sur les rails. Le 31 août, 2PointZero a annoncé son partenariat avec Amaya Capital au sein d'un véhicule destiné à racheter les participations détenues par les fonds Actis et Africa50 dans Azura Power. Le montant de l'opération n'a pas été communiqué et la transaction reste suspendue aux autorisations réglementaires.

Le groupe émirati 2PointZero prépare une opération d'envergure dans l'électricité africaine. Sa branche énergétique, ePointZero, s'est alliée à l'investisseur nigérian Amaya Capital pour prendre le contrôle d'Azura Power Holdings, producteur indépendant présent au Nigeria, au Sénégal et au Mozambique. Une première incursion sur le continent qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans l'offensive énergétique des capitaux du Golfe.

L'opération, autorisée par la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria, portera sur « 4,1 milliards d'actions ordinaires au prix de 525 nairas par action, ce qui pourrait permettre de lever environ 2 150 milliards de nairas en cas de souscription intégrale », soit 1,6 milliard de dollars, a indiqué le groupe dans un communiqué publié vendredi 4 septembre. Selon l'entreprise, cette entrée en Bourse « pourrait devenir l'une des plus importantes opérations sur les marchés financiers de l'histoire du Nigeria. »

Le groupe du milliardaire nigérian Aliko Dangote lancera le 14 septembre l'introduction en bourse de Dangote Petroleum Refinery, la société qui exploite sa méga-raffinerie de Lekki, près de Lagos. Objectif affiché : lever 1,6 milliard de dollars pour financer le doublement de sa capacité de production, qui passerait à 1,4 million de barils par jour d'ici à 2028. De quoi détrôner la raffinerie indienne de Jamnagar et faire du site nigérian la plus grande unité de raffinage au monde.

Fondée à Lagos en 2020, l'entreprise devient ainsi la dixième licorne du continent — ces startups privées dont la valorisation atteint ou dépasse le milliard de dollars. Au total, ces dix pépites pèsent environ 17,5 milliards de dollars, selon les données d'Africa : The Big Deal. Et une constante demeure : la fintech y règne en maîtresse, même si la dernière venue bouscule un peu l'ordre établi.

C'est une entrée remarquée dans un club très fermé. En levant 250 millions de dollars en série C, début août, la startup Moove, spécialisée dans le financement de véhicules et les services de mobilité, a vu sa valorisation bondir à 2,1 milliards de dollars, contre 750 millions lors de sa dernière estimation communiquée en 2024.

Selon les données du cabinet S&P Global Commodity Insights, citées par Business Insider Africa, la raffinerie du milliardaire nigérian a expédié quelque 466 000 tonnes de carburant vers l'Europe au mois de juin. C'est presque le double des 232 000 tonnes expédiées en mai, et le volume mensuel le plus élevé depuis que le pays est devenu exportateur net de carburant d'aviation en 2024, grâce au démarrage de la production de kérosène sur le site, constate le quotidien nigérian This Day.

Grâce à la raffinerie d'Aliko Dangote à Lagos, la plus grande d'Afrique, le Nigeria est devenu en juin le premier fournisseur de kérosène de l'Europe, devant les États-Unis, avec des exportations record de 466 000 tonnes. Une percée qui intervient alors que l'Europe cherche à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de Washington, sur fond de tensions diplomatiques et de crise au Moyen-Orient.

Le niveau de vie de millions d'habitants du premier exportateur de pétrole d'Afrique s'est fortement dégradé. Selon le cabinet SBM Intelligence, basé à Lagos, préparer le traditionnel jollof rice coûte aujourd'hui deux fois plus cher qu'à l'arrivée de Bola Tinubu au pouvoir. Le prix de l'essence a été multiplié par six depuis la fin de la subvention, sur fond de naira affaibli et de hausse des cours mondiaux du pétrole.

Sur les 240 millions de Nigérians, beaucoup peinent encore à boucler le mois. Pourtant, trois ans après leur lancement, les réformes économiques et financières du président Bola Ahmed Tinubu commencent à produire des résultats chiffrés. Suppression des subventions carburant, dévaluation du naira, réduction des aides à l'électricité : des mesures impopulaires, mais que le gouvernement maintient à l'approche de la présidentielle de 2027, les jugeant — avec les investisseurs — indispensables pour écarter le pays d'une crise budgétaire.

Le Nigeria veut changer d'échelle. Dans un communiqué publié le dimanche 9 août par le ministère de la Santé, Abuja a annoncé la création d'une plateforme interministérielle de haut niveau consacrée à la planification familiale, à la santé, au capital humain et au développement national.

Face à une population appelée à doubler d'ici à 2050, le Nigeria tente de reprendre la main sur sa trajectoire démographique. Le gouvernement du président Bola Tinubu vient de lancer une plateforme interministérielle destinée à placer la planification familiale au cœur de sa politique de développement. Derrière cette initiative sanitaire se joue un enjeu bien plus vaste : celui de l'emploi, de l'éducation et de la capacité du pays à convertir sa jeunesse en véritable dividende démographique.

Le compte à rebours est lancé. Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals a officiellement déposé son dossier auprès du régulateur boursier nigérian en vue d'une introduction en Bourse attendue dès le mois d'octobre. L'opération pourrait lever près de 5 milliards de dollars, un montant qui en ferait l'une des plus importantes IPO jamais réalisées sur le continent.

Avec une introduction en Bourse pouvant atteindre 5 milliards de dollars US, la raffinerie Dangote s'apprête à réaliser l'une des opérations financières les plus importantes de l'histoire des marchés africains. Alors que Lagos accueillera la cotation principale, Johannesburg, Nairobi ou encore la BRVM se positionnent déjà pour capter une partie de cette manne. Derrière cette levée de fonds, c'est aussi l'ambition d'un marché des capitaux véritablement panafricain qui se dessine.

Femi Otedola ne laisse plus place à l'ambiguïté. Le président du conseil d'administration de First HoldCo., maison-mère de First Bank of Nigeria, revendique ouvertement son objectif : devenir actionnaire majoritaire.

Déjà premier actionnaire de First HoldCo. avec près de 26 % du capital, le milliardaire nigérian Femi Otedola affiche désormais sans détour son ambition : franchir le seuil des 51 % pour exercer un contrôle total sur First Bank of Nigeria. Mais entre les contraintes réglementaires, l'envolée de la valorisation boursière et l'héritage d'une longue guerre de gouvernance, cette conquête s'annonce aussi stratégique que coûteuse.