Le président de la Transition, le Général Assimi Goïta cumule désormais ses fonctions de chef de l’Etat avec celles de ministre de la Défense, dix jours après la mort de son ministre et numéro deux de la junte, le Général Sadio Camara, tué lors des attaques du 25 avril dernier. Certains observateurs à Bamako soulignent que dans les faits, l’essentiel des attributions de ce ministère étaient déjà assurées par un comité restreint autour du Président de la Transition.
La chasse aux « traîtres » et aux « infiltrés » s’accélère.
Depuis le lundi 4 mai, le Général Assimi Goïta assure les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens combattants, selon un décret lu sur les antennes de la télévision nationale, ORTM. Cette décision intervient neuf jours après la mort du Général Sadio Camara, 47 ans, architecte du rapprochement entre Bamako et Moscou, tué devant sa résidence de Kati, la ville-caserne proche de la capitale.
Dans un second décret, le président de la Transition a nommé le général Oumar Diarra ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants. L’ancien chef d’état-major a, par le passé, commandé la zone militaire de Tombouctou et l’armée de terre. Il prend ainsi un rôle opérationnel direct.
Les attaques du 25 avril ont été menées par les terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg et ont frappé plusieurs grandes villes maliennes.
A date, le bilan officiel s’établit à 23 morts, civils et militaires. Plusieurs localités du nord du Mali se trouvent depuis sous le contrôle des terroristes du JNIM et de leurs alliés indépendantistes touareg. Sur le terrain, leur progression se poursuit. Vendredi 1er mai, le JNIM a pris le contrôle du camp militaire de Tessalit situé près de la frontière algérienne, après son évacuation par l’armée malienne et ses alliés russes de l’Africa Corps, des alliés qui se sont révélés sans véritable soutien.
Parallèlement à leur offensive, les terroristes du JNIM et leurs alliés touaregs maintiennent leur pression sur Bamako en bloquant les routes menant vers la capitale. Ils avaient menacé de lourdes représailles toute personne empruntant ces axes. Mais pour l’instant, ce blocus n’est pas étanche, les Forces armées maliennes (FAMA) continuant d’escorter des camions-citernes de produits pétroliers.
Dès Vendredi 1er mai, passé la sidération, la chasse aux « traîtres » a été lancée. En effet, le parquet militaire a annoncé des interpellations de soldats, après de premières investigations ayant révélé des « éléments solides de complicité » de certains militaires dans « la planification, la coordination et l’exécution » des attaques du 25 avril, avec l’implication présumée de certains acteurs politiques, rapporte l’AFP.
Samedi 2 mai dernier, au soir, Maître Mountaga Tall, critique du pouvoir militaire, a été enlevé à Bamako par des hommes encagoulés, selon sa famille. Ancien membre du mouvement M5, acteur important de la contestation ayant contribué à la chute du régime de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, l’avocat avait depuis pris ses distances avec les militaires.

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