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Marc Yombouno, ministre du Commerce de la république de Guinée

Marc YombounoAFRIMAG a rencontré Marc Yombouno, ministre du Commerce de la République de Guinée en marge de l’atelier sur les résultats de la 9ème conférence ministérielle de l’OMC et le programme post-Bali pour les pays africains de l’OCI, organisé à Casablanca par le CIDC.

Le responsable guinéen analyse également l’intérêt des investisseurs marocains pour son pays après la visite que vient d’y effectuer le roi du Maroc

 

 AFRIMAG : A la lumière de la visite du roi Mohammed VI en Guinée, quel regard portez-vous sur l’intérêt des entreprises marocaines pour la Guinée ?

Marc  Yombouno : le Maroc et la Guinée ont tissé des liens séculaires qui se renforcent depuis les indépendances. Nos relations avec le Maroc ont toujours été au plus haut niveau et maintenues comme telles par les différents présidents qui se sont succédé à la tête de la Guinée. En témoigne la visite que le roi du Maroc, Mohammed VI, vient d’effectuer à Conakry laquelle a permis la signature d’un accord-cadre entre les deux pays. Il faut noter également les rencontres B2B qui se sont soldées par des accords entre opérateurs privés marocains et guinéens.

On peut donc dire que nous sommes sur la voie de la relance et de la redynamisation des relations commerciales publiques et privées. Le souhait de la Guinée est de pouvoir profiter de l’expérience et du savoir-faire marocains dans plusieurs domaines, notamment économiques.

La Guinée, sous la direction du professeur Alpha Condé, est en train de revenir sur la scène internationale avec la finalisation des élections et la mise en place de toutes les institutions démocratiques. Comme l’a dit notre président, le Pr Alpha Condé : «la Guinée is back».

Cette Guinée qui est en train d’émerger a besoin de tous ses potentiels. Et cela n’est envisageable qu’avec l’implication du secteur privé. Le concours de nos partenaires, notamment le Maroc est vivement attendu.

Quel message pourriez-vous adresser aux investisseurs marocains pour les intéresser davantage à la Guinée ?

Le langage que je leur tiendrais n’est ni politique ni diplomatique mais celui du business. J’invite les opérateurs privés marocains à venir en Guinée car ils y trouveront toutes les facilités en matière d’investissement privé. Pour ce faire, certaines lois et certains règlements ont été révisés.

Il est important de noter que des investisseurs marocains sont en Guinée soit en partenariat avec des opérateurs locaux comme dans le secteur de la farine ou à titre individuel dans le ciment…, sans oublier le dynamisme qui caractérise nos relations commerciales même si la balance est aujourd’hui largement en notre défaveur.

En matière d’investissement, tous les secteurs sont prioritaires en Guinée. Celui de l’agriculture l’est encore davantage puisqu’il occupe plus de 80% de la population. Les investissements dans l’agroalimentaire sont particulièrement privilégiés dans nouvelle stratégie de faire de ce secteur un des vecteurs de notre développement économique et social. Pour le moment, nous parvenons à produire mais nous avons des problèmes dans la conservation et la transformation des produits agricoles.

Cela dit, les services et les BTP nous intéressent également au plus haut point, sans oublier le secteur de l’énergie. Vu son important potentiel hydrique,  la Guinée est très intéressée par les financements des énergies renouvelables et des centrales hydroélectriques. Le tourisme recèle aussi d’énormes potentiels à la recherche d’investisseurs. En somme, nous invitons les opérateurs économiques à venir prospecter car il y a beaucoup à faire en Guinée.

 Qu’est-ce que l’Afrique peut attendre des négociations post-Bali, notamment des PMA comme la Guinée ?

Nous sommes là, [ndlr, à Casablanca, le 25 mars 2014], pour participer à un atelier qui va dans ce sens. Il s’agit de l’évaluation de la 9ème conférence de Bali. En ce qui concerne le volet développement,  beaucoup de choses restent à faire. On doit, entre Africains, voir comment trouver des possibilités pour mettre en œuvre ce qui n’a pas été fait. Il s’agit de développer les synergies entre Africains afin de renforcer nos capacités commerciales. Cela nous permettra de bénéficier des différents accords ainsi que les facilités y afférents.

Dans une économie mondialisée, l’Afrique a intérêt à aller avec des bases solides, fruits des accords entre nos 54 pays.

 Quelle devrait être la position africaine ?

La position africaine doit obéir à un langage commun. Certains ont signé des accords préférentiels par exemple, et cela ne va pas dans le sens de nous renforcer. Il faudrait que l’Afrique se retrouve de temps en temps pour avoir sur chaque question ou accord de négociation un point de vue commun. 

Centre Islamique pour le Développement du Commerce (CIDC) Marc Yombouno OCI OMC Programme Post-Bali

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