Avec plus de 91 % des voix, Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri prennent la tête du patronat marocain pour un mandat de trois ans. Une nouvelle équipe qui hérite d’une CGEM renforcée par les crises, mais confrontée à d’immenses défis de compétitivité et de transformation économique.

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) entre dans une nouvelle ère. Réunis jeudi 14 mai 2026 à Casablanca à l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire élective, les membres de la CGEM ont porté Mehdi Tazi à la présidence de l’organisation patronale, aux côtés de Mohamed Bachiri, vice-président général.
Le tandem a largement remporté le scrutin avec 3.773 voix sur 4.123 suffrages exprimés, soit 91,5 % des voix. Un score massif qui traduit la volonté des adhérents de miser sur une équipe expérimentée, issue à la fois de la finance, de l’assurance et de l’industrie automobile.
Une présidence placée sous le signe du mouvement
Dans son premier discours en tant que président, Mehdi Tazi a insisté sur l’ampleur de la responsabilité qui lui incombe. Le nouveau patron de la CGEM a affirmé vouloir inscrire son mandat dans une dynamique tournée vers la transformation de l’entreprise marocaine et le renforcement de son rôle dans l’économie nationale.
Sous le slogan «Entrepreneurs en mouvement», la nouvelle gouvernance entend accompagner une nouvelle phase de développement du secteur privé marocain. Mehdi Tazi a notamment souligné que le Maroc avait connu, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, des mutations profondes marquées par la stabilité du pays, l’essor des infrastructures, la montée en puissance industrielle et les avancées dans les énergies renouvelables.
Pour lui, le moment est venu pour les entreprises marocaines de franchir un nouveau cap afin d’accroître leur contribution à la création de valeur, à l’investissement et à la compétitivité du Royaume.
Mehdi Tazi, un profil de financier et de bâtisseur
À la tête de la CGEM arrive un dirigeant rompu aux enjeux de la gouvernance et du développement des entreprises. Depuis 2017, Mehdi Tazi dirige ASK Capital, une holding active dans l’assurance, l’immobilier et les services aux entreprises.
Le groupe rassemble plusieurs participations stratégiques, dont Marsh Morocco, acteur majeur du courtage en assurance, Cover Edge spécialisée dans l’assurance voyage et l’assistance, ou encore XOS dans les services IT. ASK Capital emploie près de 500 collaborateurs pour un chiffre d’affaires avoisinant les 500 millions de dirhams.
Avant cette aventure entrepreneuriale, Mehdi Tazi avait occupé le poste de PDG de Saham Assurance jusqu’à sa cession au groupe sud-africain Sanlam en 2017.
Diplômé de Télécom Paris Sud et titulaire d’un MBA de l’INSEAD, il siège également au sein de plusieurs institutions stratégiques telles que la CIMR, la CNSS, Tamwilcom, l’AMDIE ou encore la Fondation marocaine du préscolaire.
Mohamed Bachiri, l’homme de l’industrie marocaine
Aux côtés de Mehdi Tazi, Mohamed Bachiri apporte un solide ancrage industriel. Directeur général de la SOMACA, il est considéré comme l’un des visages marocains de la réussite du secteur automobile national.
Né en 1965 et diplômé de l’Université de Lille ainsi que de l’ESCP Europe, Mohamed Bachiri débute sa carrière chez Lafarge Maroc avant de rejoindre Renault Maroc en 2006. Il devient alors le premier Marocain impliqué dans le projet stratégique de l’usine Renault-Nissan de Tanger en qualité de directeur des ressources humaines.
Son parcours le conduit ensuite en Espagne, au sein de Renault, avant son retour au Maroc en 2015 pour prendre les commandes de la SOMACA. Il demeure à ce jour le seul Marocain à diriger une usine du groupe Renault.
Décoré par le Roi Mohammed VI lors de l’inauguration de l’usine Renault Tanger en 2012, Mohamed Bachiri a également reçu, en 2019, le titre de Chevalier de la Légion d’honneur française pour son engagement dans le rapprochement économique franco-marocain.
L’héritage de Chakib Alj
Cette transition intervient après un mandat particulièrement mouvementé pour la CGEM. Le président sortant, Chakib Alj, a rappelé que son équipe avait pris les rênes du patronat en pleine crise sanitaire mondiale, dans un contexte marqué par les tensions économiques internationales.
Durant cette période, la CGEM s’est fortement mobilisée pour accompagner les entreprises confrontées aux conséquences de la pandémie, tout en poursuivant ses efforts pour améliorer le climat des affaires, faciliter l’accès au financement et renforcer le dialogue social.
Chakib Alj a également mis en avant le travail accompli en matière de capital humain et de diplomatie économique, saluant la résilience des entrepreneurs marocains face aux multiples secousses économiques mondiales.
Avec Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri, la CGEM ouvre désormais un nouveau chapitre, porté par une ambition claire : accélérer la transformation du tissu entrepreneurial marocain dans une économie mondiale en pleine recomposition.





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