La Fondation Gen J franchit une nouvelle étape dans son ambition de transformer le Maroc en hub régional de l’innovation. Grâce à un partenariat stratégique avec Gateway to India (G2i), l’organisation veut connecter l’écosystème marocain aux modèles d’innovation frugale du Global South, avec Bangalore comme porte d’entrée.
La Fondation Gen J a annoncé la signature d’un partenariat stratégique avec Gateway to India afin d’accélérer la structuration d’un système national d’innovation au Maroc.
Officialisé le 28 avril et annoncé depuis Casablanca le 19 mai 2026, cet accord vise à créer un corridor stratégique Maroc–Inde centré sur l’innovation frugale et les écosystèmes émergents. L’objectif affiché est clair : renforcer les échanges de savoir-faire, les collaborations et les dynamiques d’adaptation entre les deux pays.
Cette coopération s’appuiera notamment sur l’organisation de « Learning Expeditions » immersives à Bangalore, considérée comme la Silicon Valley indienne.
Faire du Maroc un hub du Global South
À travers cette initiative, Gen J ambitionne de positionner le Royaume comme une véritable « Innovation Nation », capable de fédérer acteurs économiques, entrepreneurs et institutions autour d’une innovation pragmatique et orientée impact.
La fondation défend une vision stratégique du Maroc comme :
- une économie dotée d’un système national d’innovation performant ;
- un laboratoire méditerranéen de l’innovation frugale ;
- un hub technologique du Global South ;
- et un pont entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie.
Le partenariat avec G2i doit notamment permettre aux acteurs marocains d’accéder à la méthodologie « Mi-Shift », développée pour stimuler l’agilité, l’innovation et la capacité d’exécution des organisations.
Il ouvre également les portes d’un réseau international composé d’investisseurs, de startups, d’entrepreneurs et de leaders technologiques issus des écosystèmes émergents.
Des programmes concrets dès 2026
Le partenariat prévoit plusieurs initiatives opérationnelles dès 2026.
Parmi elles :
- des programmes d’accompagnement à l’innovation destinés aux entreprises et aux professionnels marocains ;
- des Learning Expeditions à Bangalore pour dirigeants, entrepreneurs et responsables institutionnels ;
- ainsi que la production conjointe d’études, de contenus et de recommandations stratégiques.
L’ambition affichée est de passer « de la sensibilisation à l’exécution.»
La première Learning Expedition Gen J se tiendra en novembre 2026 à Bangalore. Pendant cinq jours, les participants seront immergés dans le modèle indien d’innovation frugale, fondé sur le principe du «Good Enough», ainsi que dans les usages pragmatiques de l’intelligence artificielle et des technologies au service de l’impact.
L’objectif est d’identifier des leviers de transformation directement applicables aux organisations et territoires marocains.
Gen J, une plateforme « de l’idée à l’impact »
Créée le 15 décembre 2023, la Fondation Gen J se présente comme une plateforme intégrée dédiée à l’innovation. Son action combine production de connaissances, accompagnement terrain, outils de structuration et ouverture sur les écosystèmes émergents du Global South.
L’organisation mène notamment des enquêtes nationales sur l’innovation, des workshops et des programmes d’accompagnement, tout en développant des dispositifs de certification et de labellisation.
« Le Sud Global doit écrire son propre récit »
Pour Sanjeev Rao, ce partenariat marque une nouvelle étape dans l’émergence d’une innovation pensée par et pour les pays du Sud.
Le dirigeant estime que « le centre de gravité de l’innovation évolue » et que le Global South doit désormais « coécrire son propre récit », en développant des solutions agiles, souveraines et adaptées aux réalités locales.
De son côté, Amine Benchekri souligne que l’innovation ne peut plus être pensée de manière isolée. Selon lui, le Maroc doit mieux connecter universités, entreprises, talents et territoires aux grands écosystèmes internationaux afin de stimuler l’apprentissage mutuel et l’émergence de nouvelles dynamiques de transformation.
Même vision pour Tarik Haddi, qui considère que « la transformation vers une économie de l’innovation ne se décrète pas, elle se construit », grâce à la convergence des talents, des institutions et des écosystèmes marocains et internationaux.





Maroc





