La Banque centrale du Nigeria (CBN) lance une opération de grand nettoyage dans le secteur financier. Elle a annoncé la révocation des licences d’exploitation de 46 banques de microfinance pour non-respect des exigences réglementaires. Cinq entités visées par cette décision appartiennent au puissant écosystème fintech du pays. « La décision s’inscrit dans le cadre des efforts continus de la Banque centrale visant à préserver la stabilité du secteur financier, à protéger les déposants et à garantir que les établissements agréés respectent les lois en vigueur ainsi que les exigences réglementaires », précise son communiqué. Cette décision traduit également un durcissement de la supervision des acteurs de la finance numérique.
Les approches de régulation sur le continent varient selon le degré de maturité des marchés, les risques identifiés et les priorités nationales. Au Nigeria, la Banque centrale cherche à concilier innovation et stabilité financière. L’adoption d’un cadre pour l’open banking, puis la Stratégie nationale pour les fintechs en 2023, sont au cœur de cette orientation. Plus récemment, le 1er juin dernier, la publication du Nigeria Payments System, a conforté le choix des autorités monétaires qui font du système de paiement « un levier de compétitivité.»
Chez le voisin ghanéen, la Banque du Ghana a renforcé la surveillance du secteur grâce à un encadrement plus strict. Depuis 2019, Accra applique un système de licences gradué permettant aux fintechs d’accéder au marché avec des exigences de capital plus flexibles et adaptées. Le Virtual Asset Service Providers Bill 2025 prévoit par ailleurs l’instauration d’un cadre spécifique pour les fournisseurs de services sur actifs virtuels (VASP). Le texte prévoit une supervision conjointe de la BoG et de la Securities and Exchange Commission (SEC), impose l’obtention d’une licence ou d’un enregistrement avant toute activité et soumet les opérateurs aux règles de lutte contre le blanchiment de capitaux, notamment à la Travel Rule du Groupe d’action financière (GAFI).
En Afrique du Sud, la régulation repose sur un modèle associant la Prudential Authority, la Financial Sector Conduct Authority et la Banque centrale. Les prestataires de paiement non bancaires, jusqu’ici obligés de passer par une banque partenaire pour accéder aux infrastructures de compensation et de règlement (le modèle encore en vigueur au Maroc), devraient bénéficier d’un accès direct à partir du 1ER juillet 2026.
Au Kenya, un des marchés les plus dynamiques de fintechs en Afrique, les prêteurs numériques sont soumis à un régime d’autorisation spécifique qui a permis d’intégrer sous la supervision de la Banque centrale (Central Bank of Kenya) plusieurs centaines d’applications de crédit. Le Virtual Asset Service Providers Act de 2025 organise par ailleurs la régulation des crypto-actifs en répartissant les compétences entre la Banque centrale et la Capital Markets Authority (CMA), chargée des plateformes d’échange et des services d’investissement. Les Virtual Asset Service Providers (VASP) devront obtenir leur licence avant la fin de 2026.





Nigeria




![Tribune | Diplomatie migratoire et interdépendance asymétrique entre les deux rives de la Méditerranée [Par Pr. El Hassane Hzaine] Ces dernières semaines, on a observé des tensions inhabituelles dans les relations maroco-espagnoles, que nous espérons n'être qu'un orage d'été sans lendemain, notamment les démonstrations de force et les manœuvres militaires à Sébta occupée, le projet de loi d'octroi de la nationalité espagnole aux Marocains nés dans les provinces du Sud avant 1977, et surtout la gestion de la crise migratoire à Sébta orchestrée par des acteurs non étatiques invisibles, identiques à ceux qui avaient déclenché le printemps arabe via les médias sociaux et la guerre hybride.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/08/Migrants--450x236.jpg)
