La National Oil Corporation (NOC) et le groupe anglo-néerlandais Shell ont engagé des discussions « pour élaborer une stratégie destinée à améliorer l’efficacité du secteur et à mieux exploiter le potentiel gazier du pays », indique un communiqué conjoint publié par les deux parties. La démarche dépasse le cadre des projets sur lesquels est déjà positionné le groupe Shell, elle s’inscrit dans la volonté de Tripoli de reconstruire une industrie énergétique capable d’attirer durablement les investissements.

Le président de la NOC (société pétrolière publique libyenne), Masoud Suleman et le vice-président de Shell pour l’Irak, les Emirats arabes unis et la Libye ont par ailleurs évalué l’avancement des projets d’exploration liant les deux groupes. Le partenaire libyen souhaite convenir d’un échéancier précis pour permettre le passage à l’exploitation de gisements. Le rapprochement avec Shell intervient alors que la NOC entend réserver une place plus importante au gaz dans sa stratégie. La compagnie publique libyenne veut en effet s’appuyer sur l’expertise du groupe anglo-néerlandais pour élaborer un plan à long terme destiné à améliorer les performances du secteur, optimiser l’exploitation des ressources disponibles et accroître leur valeur économique.
Cette coopération repose notamment sur les accords annoncés à Londres en juillet 2025. Dans ce cadre, Shell s’est engagé à évaluer le potentiel en hydrocarbures du champ d’Al-Atshan et d’autres actifs entièrement détenus par la NOC, à travers des études techniques et économiques de faisabilité. Pour Tripoli, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de mieux exploiter ses ressources nationales afin de renforcer son approvisionnement énergétique et de soutenir son développement industriel. Le pays cherche également à accroître ses capacités d’exportation dans un contexte où le gaz conserve une importance stratégique pour les marchés européens, principal débouché de la Libye.
Retour en force des majors dans le pays
La reprise des discussions entre Shell et la NOC intervient dans un mouvement plus large de réouverture du secteur libyen aux compagnies internationales. Après près de deux décennies sans nouveau cycle majeur d’attribution de licences, Tripoli cherche à attirer des partenaires capables d’apporter des capitaux, des technologies et une expertise, indispensables au renouvellement de ses capacités de production.
Cette dynamique s’est accélérée avec l’appel d’offres lancé en 2025, dont les résultats ont été annoncés en février 2026. Plusieurs groupes, dont Eni, Repsol, Chevron et QatarEnergy ont obtenu des droits d’exploration sur différents blocs, avant la signature de nouveaux accords de partage de production en juin 2026.





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