Le Maroc, futur hub automobile mondial
Les industriels marocains du secteur automobile se sont, pendant très longtemps, cantonnés dans la maigre demande de l’unique usine de montage automobile du Royaume, la Somaca. Aujourd’hui, ils voient dans l’installation de constructeurs mondiaux une aubaine : ils peuvent leur livrer des équipements.

Petit rappel à l’attention des profanes : une voiture, c’est plus de 100 métiers mis en contribution et depuis la fin des années 1980, plus aucune voiture n’est construite à 100% dans un seul pays. Mamoun Bouhdoud, ministre délégué auprès du ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique du Maroc en est tellement convaincu qu’il rêve, dans les colonnes de plusieurs titres de presse à la « fabrication d’une voiture estampillée Maroc ».
En fait, le rêve du responsable n’en est pas un. Il s’agit d’une réalité vécue par plusieurs pays qui, par le biais de l’intégration, s’approprient la parenté d’un véhicule lorsque la contribution de l’industrie locale à sa réalisation dépasse un certain seuil. En Roumanie, pays concurrent direct du Maroc, ce taux a atteint les 80%. Selon des appréciations non officielles, ce taux ne dépasse pas les 36% au Maroc. L’installation de l’usine Renault devait le porter à 40% puis à 65%, mais les objectifs accusent un retard gênant pour les opérateurs marocains. « Il faut continuer à accompagner le constructeur sans pression », commentait dans les colonnes du journal spécialisé L’Economiste, Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (Amica).
En fait, même en accusant des retards, Renault a contribué fortement à hisser le chiffre d’affaires des opérateurs. Depuis 2012, celui-ci est passé de 25 milliards de dirhams (~2,3 milliards d’euros) à plus de 30 milliards en 2013 et aux alentours de 40 milliards actuellement. Même en ayant entrainé dans son sillage plusieurs nouveaux fournisseurs sur le marché, Renault assure les opérateurs locaux d’un chiffre d’affaires non négligeable et favorise surtout de nouvelles sources de revenus et un transfert de savoir-faire. Tout le monde croit au succès de la recette depuis que PSA Peugeot Citroën a annoncé la mise en place d’une usine de montage dans le Royaume. Pour cause, la convention signée entre le constructeur automobile prévoit de challenger l’industrie locale à hauteur de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Il faut savoir que tout ou presque dans une voiture se soustraite. A contrario, seuls les travaux d’ingénierie, de conception et de design sont réalisés intra-muros par les constructeurs automobiles à côté de quelques interventions qui requièrent des qualifications exceptionnelles. Le reste est une affaire de cahier de charges soumis à des intégrateurs locaux de préférence pour réduire les frais d’acquisition. Les perspectives sont alléchantes pour le Royaume, si bien que les équipementiers entendent prendre en main leur destin. En l’espace d’une année, deux salons professionnels de la sous-traitance ont vu le jour. L’un d’eux se tient à l’intérieur même de Tanger Free Zone à deux pas de l’usine Renault. Il regroupe à lui seul plus de 160 exposants dans un marché qui en compte moins de 200 selon un recensement local.





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