Le dernier Indice RED du développement industriel en Afrique dresse un constat sans appel : seules quatre économies – Maroc, Égypte, Afrique du Sud et Maurice – disposent des fondations nécessaires pour soutenir une industrialisation durable. Un signal fort dans un continent encore confronté à de lourds obstacles structurels.
Publié par le Business Council for Africa, l’Indice RED 2025 met en lumière un déséquilibre profond : si l’ambition industrielle est largement partagée à travers le continent, les conditions structurelles nécessaires à sa concrétisation font souvent défaut.

L’analyse révèle que la majorité des économies africaines peinent encore à réunir les fondamentaux indispensables à une transformation industrielle à grande échelle, les reléguant dans des catégories de vulnérabilité ou de stagnation.
Quatre économies en tête, deux en transition
Dans ce paysage contrasté, quatre pays se distinguent clairement : le Maroc, l’Égypte, l’Afrique du Sud et Maurice. Ces économies combinent des capacités industrielles solides, des politiques publiques cohérentes et un environnement relativement stable, leur permettant de soutenir une croissance industrielle continue.
D’autres pays, à l’image du Rwanda et du Nigéria, affichent des avancées notables. Toutefois, leur trajectoire reste incomplète, freinée par des défis structurels persistants.
Trois piliers pour mesurer la transformation industrielle
L’Indice RED repose sur une grille d’analyse articulée autour de trois dimensions clés :
• Les moteurs de l’industrialisation, qui traduisent les capacités fondamentales des économies ;
• Les accélérateurs, qui influencent le rythme de transformation ;
• Les freins, notamment les contraintes structurelles susceptibles de ralentir, voire d’inverser, les progrès.
Parmi ces obstacles, la corruption et l’instabilité sécuritaire apparaissent comme les principaux facteurs de blocage, affectant la performance des institutions et l’efficacité des politiques industrielles.
Des modèles internationaux comme sources d’inspiration
S’appuyant sur les trajectoires de pays ayant réussi leur industrialisation – comme la Corée du Sud, la Malaisie, le Vietnam ou encore le Brésil – le rapport identifie les facteurs clés d’un développement industriel durable.
Il propose ainsi un cadre stratégique destiné à guider les décideurs africains dans la mise en œuvre de politiques industrielles de long terme.
Préfacé par Aliko Dangote, le rapport insiste sur la nécessité d’un engagement endogène : «Le développement de l’Afrique ne peut être importé ni externalisé. Il doit être construit de l’intérieur.»
De son côté, Arnold Ekpe, président du Business Council for Africa, voit dans cet indice un véritable levier de mobilisation : un appel adressé aux décideurs, investisseurs et entreprises pour engager les réformes structurelles indispensables.











