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Mauritanie : Tirer profit de l’or, en attendant le gaz

La compagnie canadienne Kinross Gold a annoncé, le 18 décembre 2018, par voie de presse, qu’elle a conclu un accord avec un groupe de prêteurs pour un financement de 300 millions dollars US destinés au développement de sa mine d’or Tasiast, en Mauritanie.

mine d or mauritanieAu moment où l’actualité économique est fréquemment liée au développement du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), sur la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal, l’importante levée de fonds effectuée par Kinross fondent de nouveaux espoirs sur l’or.

Les 300 millions de dollars US (11,3 milliards MRU) accordés par des prêteurs de renom  (la Société financière internationale, membre du groupe de la Banque mondiale, Export Development Canada, ING Bank et Société Générale) serviront à financer les plans de la compagnie pour porter la capacité de l’usine de traitement de la mine à 24.000 tonnes/jour.

Certes, c’est moins que ce qui avait été annoncé par M. Michel Sylvestre, alors président de TMLSA, le 18 septembre 2017, pour la phase 2 de l’extension de la mine prévoyant 30.000T/jour, mais c’est nettement mieux que la phase de démarrage qui annonçait une production journalière oscillant entre 8000 et 12.000 tonnes. Pour la société, il s’agit, néanmoins d’une étape importante de son développement mais également d’un signe de confiance en le climat des affaires en Mauritanie en net amélioration ces dernières années : «  Cet accord de financement démontre l’attrait du climat d’investissement étranger en Mauritanie. Nous pensons qu’il contribuera au succès à long terme de la mine Tasiast dans l’intérêt de Kinross et du peuple mauritanien », a commenté le PDG, J. Paul Rollinson.

Avec cette extension, les mauritaniens sont en droit d’attendre des dividendes proportionnels aux gains réalisés par le propriétaire de la mine.  Selon la Note de Conjoncture du troisième trimestre 2019 publiée par l’Office national de Statistiques (ONS), les exportations de l’or de la Mauritanie comptant pour 19,1%, arrivent en troisième position après les produits de la pêche (36,9 %), et le minerai de fer (37,6 %). En valeur, et sur la période indiquée, l’or, dont la principale destination est la Suisse, a rapporté 4.810 millions MRU (133 millions USD), soit une baisse de 29,4 % par rapport au deuxième trimestre 2019 mais le double de la valeur d’il y a un an. L’exploitation du gaz de GTA prévue en 2022 devrait cependant bouleverser cette donne en faisant passer cette « nouvelle économie » devant l’or et le cuivre, et probablement au même niveau que le fer et le poisson.  Surtout que British Petroleum (BP), annonçait, lundi 16 décembre 2019, par voie de communiqué, avoir « rencontré du gaz de haute qualité » dans le bassin maritime entre la Mauritanie et le Sénégal. Ces nouvelles découvertes ont pour effet immédiat «le renforcement de la confiance dans les ressources gazières de la région». A titre de rappel, au mois de novembre 2019, le puits ORCA-1, au large des côtes mauritaniennes, détenue en partie avec Kosmos Energy et la Société Mauritanienne du Patrimoine Minier et des Hydrocarbures (SMPMH), avait été approfondi, donnant des résultats positifs, avec davantage de gaz rencontré. Les ressources du gisement gazier offshore transfrontalier Grand Tortue/Ahmeyim (GTA) sont estimées à 450 milliards de mètres cubes. Ce chiffre a été récemment confirmé par BP, compagnie assurant l’exploitation du site dans le cadre d’un consortium avec Kosmos et au sein duquel les Britanniques sont largement majoritaires, et ce, depuis 2016.

 

Les impacts pour la Mauritanie

En l’absence de données actualisées, le Rapport de Moore Stephens LLP, Administrateur Indépendant de l’ITIE pour les Revenus de l’Année 2012 (publié en 2014), peut donner une idée de ce qui est attendu du secteur extractif, en général, et de l’exploitation de l’or, en particulier : « Sur la base des données déclarées, après conciliation, les revenus générés par le secteur extractif totalisent un montant de 160,1 milliards MRO pour l’année 2012.

La contribution directe au budget de l’Etat, telle que reportée par les administrations publiques, totalise un montant de 12,75 milliards MRU représentant 80% des revenus générés par le secteur. La contribution directe au Fonds National des Revenus des Hydrocarbures (FNRH), telle que reportée par le Trésor Public, totalise un montant de 2,12 milliards MRU représentant 13% des revenus générés par le secteur.

La Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) est le principal contributeur au budget national avec un total de 9,32 milliards MRU, soit 73% des recettes budgétaires provenant du secteur extractif.

C’est dire que des sociétés minières viables, comme la SNIM (détenue à 78% par l’Etat), Tasiast (or) ou encore MCM (cuivre, or) signifient des bénéfices importants pour la Mauritanie et les Mauritaniens. En termes d’emplois, l’extension peut nous faire voir plus loin que les 4.200 employés et sous-traitants que déclare actuellement Tasiast.

En 2017, la société annonçait que la Phase 2 « devrait nécessiter le recrutement de 200 employés supplémentaires pour le bon fonctionnement des opérations lorsque le projet d’expansion sera achevé en 2020. »

Il faut aussi espérer que la société continue à respecter ses objectifs et son calendrier en termes de « mauritanisation », elle qui déclarait, en 2017, qu’elle poursuit sa politique de « transfert de compétences » avec un taux de « mauritanisation » de près de 90% et une volonté de pousser  vers plus d’opportunités d’accès des nationaux aux fonctions de direction.

Cotée à la bourse de Toronto, Kinross Gold est une compagnie minière canadienne possédant des mines et projets miniers aux États-Unis, au Brésil, en Russie, en Mauritanie, au Chili et au Ghana.

Kinross Gold Mines d'or

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