Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a vivement réagi aux déclarations du général Michael Langley, chef du commandement américain pour l’Afrique (US AFRICOM), qui affirmait en avril 2025 que les ressources minières du Burkina Faso « ne profiteraient pas à la population » mais serviraient à « protéger le régime en place »
« De gros mensonges » selon Traoré

Dans une interview accordée au média russe Sputnik et diffusée lundi soir sur les ondes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), le président burkinabè n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé des propos « mensongers » et exigé des excuses publiques de la part du général américain.
« Ça fait très mal de voir un Noir qu’on utilise pour combattre un Noir », a-t-il déclaré, dénonçant une instrumentalisation jugée « dangereuse. » Ibrahim Traoré a estimé que Michael Langley devait « avoir honte », « demander pardon » et « démentir publiquement ses propos. » Selon lui, ces déclarations relèvent d’une tentative de manipulation qui, affirme-t-il, ne trompe plus la jeunesse africaine.
Une protestation officielle déjà exprimée
Dès le 15 avril 2025, le ministère burkinabè des Affaires étrangères avait officiellement protesté par voie de communiqué contre ces propos tenus lors d’une audition publique devant la Commission sénatoriale américaine des forces armées. Ouagadougou avait alors dénoncé une atteinte à sa souveraineté.
Mobilisation populaire en soutien au pouvoir
Cette controverse avait suscité une vive réaction au sein de la population. À la fin du mois d’avril, d’importants rassemblements populaires avaient eu lieu dans la capitale, Ouagadougou, ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Des milliers de personnes y avaient dénoncé les « multiples tentatives de déstabilisation » et exprimé leur solidarité avec le pouvoir en place.
Une guerre contre le terrorisme sous pression
Dans son entretien avec Sputnik, le président Traoré est également revenu sur la situation sécuritaire du pays. Il a souligné que le Burkina Faso entrait dans « une phase assez particulière » de la lutte contre le terrorisme, en raison, selon lui, de l’usage par les groupes armés de « nouvelles technologies » et de « techniques de combat » acquises avec « le soutien des impérialistes. »
« Nous avons étudié la situation et nous allons avoir la réponse tout de suite face à tout ça », a-t-il assuré. Le capitaine Traoré a réaffirmé que la guerre contre le terrorisme, qui dure depuis près de dix ans, finirait par être remportée.





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