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Mehdi Tazi, Directeur général de Saham Assurance

Mehdi Tazi, P-DG du groupe Saham Assurances

Mehdi Tazi, P-DG du groupe Saham Assurances

. Au moment où le groupe opte pour la même dénomination pour ses filiales, à savoir Saham Assurance pour l’assurance et Saham Assistance pour l’assisatnce, en Afrique et au Moyen-Orient, Mehdi Tazi, directeur général de Saham Assurance, explique les choix stratégiques de la maison depuis l’acquisition des filiales africaines et moyen-orientales

AFRIMAG : Le groupe Saham a pris le contrôle de l’assureur panafricain Colina depuis plus de trois ans. Saham a-t-il fait le bon choix ?

Mehdi Tazi : Le Groupe Saham a fait l’acquisition de l’assureur Colina en fin 2010 à un moment où les acteurs mondiaux s’intéressaient encore assez peu à l’Afrique subsaharienne. Trois ans après, nous estimons avoir fait très tôt un excellent choix stratégique sur l’intégration d’un assureur panafricain. Et pour cause ? Parce que nous nous rendons compte que nous avons pris une position stratégique que beaucoup nous envie aujourd’hui. Nous sentons à travers toutes les discussions que les assureurs mondiaux regardent l’Afrique avec un intérêt extrêmement important. Nous estimons que trois ans après le rachat de Colina que le résultat est édifiant. D’abord, parce que tout le monde perçoit aujourd’hui l’Afrique comme un eldorado avec ses croissances économiques à deux chiffres alors que dans le reste du monde c’est la récession ou au mieux entre 0 et 2%.

Souvent, dans ce type d’acquisition, surgissent des résistances. L’intégration entre Saham et Colina s’est-elle bien passée?

En termes d’intégration opérationnelle, le bilan est positif puisque nous avons pu, à travers cette acquisition, construire un groupe panafricain pour lequel les synergies sont très importantes. Et nous en avons fait en termes de réassurance, technique d’assurance, de système d’information, de partage de bonnes pratiques d’un pays à l’autre…

Depuis que Saham a racheté Colina, le groupe s’est offert ensuite la société d’assurance angolaise GA Angola ainsi que l’assureur libanais LIA Insurance, avant d’acquérir dernièrement une société d’assurances au Kenya, Mercantile Insurance.

Comment expliquez-vous cette stratégie d’expansion territoriale, particulièrement en Afrique?

Nous pensons que notre ADN  est à la fois africain et moyen-oriental. Notre stratégie est de construire un assureur panafricain et moyen-oriental. Fondamentalement, c’est ce que nous cherchons à faire. Dans ces territoires, nous privilégions les pays pour lesquels le potentiel marché est considérable et les croissances du marché le sont également. A titre d’exemple, l’Angola et le Kenya sont des pays sur lesquelles les croissances du PIB sont très élevées. Les populations de ces deux pays sont optimales, respectivement 21 millions d’habitants et 43 millions d’habitants. Dans ces pays, le taux de pénétration de l’assurance est encore très faible. Cela veut dire que les potentiels du secteur sont très significatifs.

Dans les territoires que sont l’Afrique et le Moyen–Orient, la stratégie du Groupe Saham consiste à aller vers les pays à fort taux de croissance et qui affichent encore une population faiblement assurée.

 Concernant les pays africains, je comprends parfaitement vos choix. Pourquoi donc avoir choisi le Liban, structuré sur le plan financier, et pas un autre pays du Moyen-Orient ?

Le Liban est un début d’expansion sur le Moyen-Orient. Le Liban est notre plateforme dans la région pour préciser notre expansion sur la dizaine de pays que compte le Golfe. Donc, nous ne disons pas que le Liban est une finalité, mais une plateforme pour se développer sur les autres pays de la région. Nous regardons aujourd’hui avec beaucoup d’intérêt l’ensemble de ces pays-là.

Cela étant, pour répondre directement à votre question, il faut simplement noter que cela a été fait à la suite d’une opportunité qui nous était présentée à travers LIA. Ensuite, et comme vous le dites c’est un pays qui est financièrement structuré. Enfin, on y trouve assez facilement des ressources humaines compétentes et qualifiées favorables à une extension.

 Vous avez également introduit sur la Bourse de Maurice une nouvelle sous filiale dédiée à l’Afrique de l’Est et australe, Colina Holdings. Pourquoi ?

Là, on parle des anciennes dénominations puisque vous savez que, par ailleurs, nous sommes en train de faire un changement de marque globale. L’ensemble des filiales vont changer de nom pour avoir une appellation commune qui est Saham assurance.

Pour répondre à votre question, Saham Assurance (ex-Colina Holding)  basée à Maurice, a pour vocation de porter nos participations dans la sous-région de l’Afrique australe. Aujourd’hui, nous avons une compagnie de réassurance à Maurice (Saham Ré-Maurice), un investissement au Kenya et une volonté d’expansion dans la sous région. Cette expansion sous-régionale sera portée par Saham Ré-Maurice.

 Les entreprises marocaines ont tendance à privilégier les pays africains francophones dans leur stratégie continentale. Comment expliquez-vous votre tendance à explorer des pays qui ne sont pas forcément connus des hommes d’affaires marocains ?

Au Groupe Saham, nous pensons que notre région, c’est l’Afrique dans sa globalité.  Cela dit, il est plus aisé pour les Marocains d’aller en Afrique francophone pour des raisons de langue et d’histoire. Nous avons une culture plus proche avec celle de l’Afrique de l’Ouest que l’Afrique de l’Est ou l’Afrique australe.

Le Groupe Saham est un groupe panafricain et à ce titre, il n’y a aucune raison à ce que nous nous limitions à l’Afrique de l’Ouest où d’ailleurs notre développement est déjà en cours. Par contre, on est peu présent dans les autres régions du continent y compris le Maghreb où nous ne sommes encore qu’au Maroc.

 Pourquoi n’êtes-vous pas dans un pays comme la Mauritanie, en dépit de sa faible démographie ?

Nous regardons l’évolution de ce marché. Pour cette même raison, j’étais à Nouakchott il y a à peine un mois. Sur le plan démographique, ce n’est pas là où il y a un grand potentiel. L’industrie mauritanienne est, en revanche, encore naissante, donc la matière assurable est peu importante aujourd’hui. Le total des primes du marché mauritanien pour la dizaine d’acteurs qui le constituent, on parle de 12 millions de dollars US.

 CNIA SAADA Assurance et Isaâf Assistance, les deux filiales du groupe Saham, vont changer de nom pour devenir, respectivement, Saham Assurance et Saham Assistance. Ce changement de dénomination a-t-il un lien avec l’internationalisation du Groupe Saham ?

Bien sûr. Nous avons dit que les filiales d’assurance vont s’appeler Saham Assurance et les filiales d’assistance prendront le nom de Saham Assistance. L’intérêt est que quand vous êtes n’importe où dans un pays où nous sommes présent vous voyez la marque et vous vous y reconnaissez. Donc, les investissements de communication d’un pays vont commencer à bénéficier aux autres. Compte tenu de notre expansion régionale, nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir des marques complètement différentes partout. Le choix a été d’avoir une seule et celle qui a été choisie c’est Saham Assurance pour l’Assurance et Saham Assistance pour l’assistance.

 Après l’acquisition de Colina, il était question d’une extension vers d’autres pays du continent. Où en êtes-vous réellement?

 Après les dernières acquisitions à savoir LIA et Mercantile Insurance, nous continuons à nous intéresser à d’autres marchés. Nous avons probablement quelques acquisitions que nous allons annoncer dans les jours qui viennent.

 Le Groupe Saham a de grandes ambitions dans le secteur de la santé, un segment où les attentes sont énormes en Afrique. N’est-il pas tenté de se déployer sur le continent ?

La réponse c’est oui. Encore oui les attentes des Africains sont énormes quel que soit le pays sur ce secteur de la santé. Nous avons un pôle santé qui a pour vocation à gérer, voire à posséder les centres de soin. A cet égard, nous sommes en train de faire un déploiement dans certains territoires africains. J’attends par là pour gérer les cliniques par exemple. Et nous avons, par ailleurs d’autres activités qui sont des activités de gestion de soin de santé. Sur ce volet, nous avons des opérations en Angola, en Côte d’Ivoire, à Madagascar. Et nous sommes en train de lancer les mêmes opérations au Maroc et en Arabie Saoudite. A ce titre, nous gérons des comptes comme en France avec la carte vitale par exemple. Nous avons vocation à gérer pour les comptes d’assurés ou pour les comptes d’assureurs ou pour les comptes d’entreprise les programmes maladie des assurés ou des employés des entreprises. Sur la partie gestion de soin de santé, nous avons des pays qui ont déjà commencé : Angola, Côte d’Ivoire et Madagascar. D’autres au niveau lancement : Maroc et Arabie Saoudite.

Pour la question de gestion des centres de soins, il faut noter seulement que nous avons des projets dans certains pays dont le Maroc, qui sont en cours de développement et qui verront le jour d’ici juin 2014.

Assurances Mehdi Tazi Saham Assurance

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