Le président taïwanais Lai Ching-te, a déclaré ce mardi 21 avril, avoir annulé son voyage prévu cette semaine en Eswatini en accusant Pékin d’exercer des pressions sur trois Etats africains pour qu’ils révoquent l’autorisation de survol de leur territoire par son avion. Le Secrétaire général du bureau présidentiel, Pan Meng-an, a révélé que les Seychelles, Maurice et Madagascar avaient unilatéralement révoqué sans préavis, les autorisations de vol permettant à l’avion présidentiel de survoler leur territoire lors de son voyage. «La véritable raison était la pression intense exercée par les autorités chinoises, y compris la coercition économique», a-t-il accusé lors d’une conférence de presse à Taipei.
L’Eswatini, petit Etat d’Afrique australe, est l’un des douze pays dans le monde, et le seul en Afrique, à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Taïwan, territoire revendiqué par la Chine. Le président taïwanais était attendu mercredi 22 avril à Eswatini pour les célébrations du 40ème anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III. La Chine, qui entretient des liens économiques et politiques étroits avec le continent africain, considère Taïwan comme l’une de ses provinces, et lui conteste le droit de se qualifier de pays.
S’adressant ce mardi 21 avril au chef de l’Etat mozambicain Daniel Chapo en visite à Pékin, le président chinois Xi Jinping a promis son soutien au continent et à ses besoins de développement.
Sur sa page Facebook, la présidente de Taïwan, bête noire de Pékin, a déclaré que « les actions répressives de la Chine démontrent la menace que représentent les Etats autoritaires pour l’ordre international, la paix et la stabilité.» Aucune menace, ni répression ne peut entamer la détermination de Taïwan à s’engager dans le monde, ni nier sa capacité à contribuer à la communauté internationale, martèle-t-elle.
Justificatifs
Le ministère des Affaires étrangères des Seychelles a confirmé à Reuters que l’avion de la dirigeante taïwanaise n’avait pas reçu l’autorisation de survoler ou d’atterrir, conformément à la politique de longue date du gouvernement qui ne reconnaît pas la souveraineté de Taïwan. « La décision a été prise de manière indépendante et conformément aux procédures établies », s’est défendu Aline Morel, responsable du Protocole au ministère des Affaires étrangères.
Un responsable du ministère malgache des Affaires étrangères a également confirmé avoir refusé une demande de survol. « La diplomatie malgache ne reconnaît qu’une seule Chine. Cette décision a été prise dans le plein respect de la souveraineté de Madagascar sur son espace aérien », justifie-t-il rejetant toute idée de pressions de Pékin, qui semble pourtant évidente aux observateurs.
Pressions sur Taïwan, la Chine change d’échelle
C’est la première fois qu’un président taïwanais est contraint de reporter un voyage à l’étranger en raison de pressions chinoises. Les présidents taïwanais n’ont généralement aucun problème à survoler les pays avec lesquels l’île n’entretient pas de relations officielles, mais la Chine nourrit une aversion particulière pour Lai, qu’elle qualifie de « séparatiste.» La dirigeante affirme que seul le peuple taïwanais peut décider de son avenir et rejette les revendications de souveraineté de Pékin.
La dernière visite d’un président taïwanais en Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland et qui compte environ 1,3 million d’habitants, remonte à 2023, lorsque Tsai Ing-wen s’y est rendue.





![Tribune | Maroc-UE : les relations à l’épreuve de la parlementarisation de la politique extérieure et de sécurité européenne [Par Pr. El Hassane Hzaine] Les relations entre le Maroc et l'Union européenne ont évolué d'un simple accord commercial en 1969 à un partenariat stratégique multidimensionnel ; l'accord d'association de 1996 (en vigueur en 2000) a posé les bases, renforcées par l'intégration du Maroc dans la Politique européenne de voisinage en 2004 et l'obtention du statut avancé en 2008, qui a reconnu le Maroc comme un « partenaire privilégié » visant à favoriser la convergence réglementaire et à renforcer la coopération en matière de sécurité et de migration.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Drapeau--450x246.jpg)


![Tribune | Le Nexus politique intérieure-extérieure : contraintes internes et comportement extérieur de l’Espagne envers le Maroc [Par Pr. El Hassane Hzaine] L’objet de cet article est de décrire l’évolution des relations hispano-marocaines depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d’en repérer les régularités et de modéliser la dynamique des interactions en identifiant les chemins causaux qui expliquent les variations entre phases coopératives, phases conflictuelles et crises majeures. À cette fin, nous avons construit une base de données événementielle dont la méthodologie repose sur un design mixte longitudinal combinant le codage de 147 événements dyadiques hispano-marocains (2000-2026) selon deux échelles complémentaires — Goldstein (1992) et COPDAB d’Azar-Sloan (1975-1980) —, la construction d’un indice composite de stabilité gouvernementale espagnole (ISG) intégrant quatre dimensions (durée effective au pouvoir, type de majorité, cohésion de la coalition et marge parlementaire), afin de tester la corrélation entre fragmentation politique intérieure et coopération bilatérale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Maroc-Espagne--450x209.jpg)

![Tribune | Le Sahel, nouveau théâtre de la rivalité algéro-marocaine : deux modèles d’influence en compétition [Par Pr. El Hassane Hzaine] L'analyse systématique de 101 événements diplomatiques, économiques et sécuritaires survenus entre 2010 et 2026 révèle une asymétrie structurelle frappante. Le Maroc maintient un taux de coopération de 100 % avec l'ensemble du bloc sahélien (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad). L'Algérie, de son côté, affiche un taux global de 78 %, plombé par une rupture avec le Mali. Loin d'être un simple affrontement binaire, cette rivalité met en lumière deux modèles d'influence qui se concurrencent.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/AES-1-450x233.jpg)
