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Mines : l’enjeu de la redistribution

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L'une des mines de Tasiast à ciel ouvert en Mauritanie

L’une des mines de Tasiast à ciel ouvert en Mauritanie

Considéré comme l’un des précieux atouts dont dispose le continent africain pour la lutte contre la marginalisation, les mines s’avèrent une mise de taille. Elles exercent, depuis plus de deux décennies, tout comme le pétrole, une forte attraction des investissements étrangers. Leur part croissante dans les exportations renforce la spécialisation de l’Afrique sur le plan des avantages comparatifs (pétrole, pêche et agriculture).

Cependant, c’est le déséquilibre du partage des profits – « proprement scandaleux », disait l’ancien président ghanéen Jerry Rawlings – qui a conduit, à la mise en place d’une stratégie de codes miniers qui permettaient de profiter des bénéfices des revenus de l’industrie minière.

Le dernier rapport du Groupe d’études international sur les régimes miniers en Afrique de l’Union africaine est encore plus édifiant à ce sujet.

Pour les auteurs du document, l’un des problèmes clefs du déséquilibre dans le partage des profits est que la logique de la maximisation et du rapatriement du bénéfice des investissements étrangers privés « contraste avec le désir d’une nation de retenir une portion aussi grande que possible des recettes engendrées par l’exploitation de ses actifs miniers ». Or, « les gouvernements sont écartelés entre diverses directions dans la mise en place d’incitations suffisantes pour que les compagnies investissent dans la prospection, la mise en valeur et la production tout en recueillant des recettes adéquates pour le développement socioéconomique ». Un régime fiscal convenablement structuré, pourrait arriver à équilibrer le partage des profits.

Mais au-delà des dispositions purement fiscales, les pays africains devront peut-être songer à prendre des parts publiques suffisantes dans les mines pour avoir un droit de regard conséquent sur les bénéfices. Soutenue par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale, cette option a été choisie par des pays comme le Botswana, le Ghana, la Mauritanie ou la Tanzanie avec des capitalisations avoisinant les 40%.

Mais les grands groupes miniers se laisseront-ils faire aussi facilement ? Rien n’est moins sûr.

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