Tous les articles qui parlent de Homme politique - Page 2

Pour ses partisans, Mutamba représentait un vent de fraîcheur dans un secteur judiciaire trop longtemps gangrené par la corruption. Sa rigueur, son franc-parler et ses dénonciations publiques dérangeaient. «Il faisait peur aux magistrats et procureurs corrompus,» affirment certains. Il osait toucher à l’intouchable, secouer les bastions de l’impunité, et appelait à une justice au service du peuple.

Dans les couloirs du pouvoir à Kinshasa, peu de figures auront autant polarisé les opinions que le ministre de la Justice de la RDC Congo, M. Constant Mutamba. Jeune, ambitieux, rigoureux, parfois clivant — il incarnait à la fois l’espoir d’un renouveau et la peur d’un pouvoir sans compromis. Mais aujourd’hui, son nom ne fait plus vibrer les foules ; il résonne dans les salles d’audience où se prépare son procès pour détournement présumé de fonds publics.

Son dernier discours, censé éclairer sa position sur la situation dramatique à l’Est, a au contraire révélé une posture confuse, déconnectée des enjeux géopolitiques et humanitaires. Aucune proposition concrète. Aucun plan structuré. Aucune condamnation forte des acteurs du chaos. À la place : des déclarations vagues, des rappels à sa légitimité politique passée, et un ton qui laisse penser que l’objectif premier reste un retour dans les sphères du pouvoir — non pas pour transformer le Congo, mais pour s’y repositionner.

Alors que la République Démocratique du Congo est secouée par une guerre brutale à l’Est du pays, exigeant des positions fermes, des actions concrètes et une vision de paix durable, certains leaders politiques peinent à se situer. Martin Fayulu, longtemps perçu comme un porte-voix de l’opposition et un symbole de résistance post-électorale, apparaît désormais comme un acteur en perte de crédibilité, davantage guidé par le calcul politique que par un engagement réel pour la nation.

Dans un communiqué du ministère congolais de la Justice, l’ex-chef de l’Etat est accusé de participer directement à l’agression menée contre la RDC par les rebelles de l’Alliance du fleuve Congo (AFC)/M23, soutenus par le Rwanda. Cette décision intervient alors que plusieurs médias ont rapporté l’arrivée de Joseph Kabila à Goma en provenance du Rwanda, information confirmée par le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo et certains proches de Kabila sous couvert d’anonymat. Le ministre de l’Intérieur de la RDC parle d’un «choix délibéré de rentrer au pays par la ville de Goma sous contrôle de l’ennemi qui assure curieusement sa sécurité.»

Après quarante-huit heures de stupéfaction à Kinshasa, suite à la visite de l’ex-président Joseph Kabila à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu occupée par le mouvement du M23 et ses alliés rwandais, Kinshasa a sorti la grosse artillerie : en plus de poursuites judiciaires pour «haute trahison», le gouvernement a suspendu les activités de son parti politique (PPRD) et requis la saisie de ses biens meubles et immeubles. Cependant, la traque de ces biens s’annonce d’ores et déjà complexe tant Joseph Kabila et son entourage, recourent massivement à des montages-écrans pour dissimuler leur fortune

Le mystère reste entier : Joseph Kabila est-il réellement le "patron" de ces groupes, comme le laissent entendre certaines allusions politiques ? Ou s'agit-il d’un récit construit pour affaiblir son image et justifier certaines perquisitions et confiscations de ses biens ? À chaque occasion, le président Tshisekedi n’hésite pas à pointer du doigt son prédécesseur, sans qu’aucune preuve officielle ne soit rendue publique.

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est arrivé vendredi soir à Goma, dans la partie Est du pays. Cette région reste à ce jour partiellement occupée par les rebelles du M23 et de l’AFC, malgré les efforts de stabilisation en cours. Cette arrivée, bien que préalablement annoncée, agite la sphère politique congolaise et suscite des débats passionnés entre les partisans du président Tshisekedi et ceux qui considèrent Kabila comme l’homme fort dissimulé derrière ces groupes rebelles.