Source : Le Figaro
Lors de la cérémonie du 50e Chaplin Award, lundi à New York, le réalisateur espagnol a transformé l’hommage qui lui était rendu en plaidoyer contre l’actuel président américain
«Monsieur Trump, c’est à vous que je parle. Et j’espère que vous entendrez ce que je vais vous dire», a lancé Pedro Almodóvar, lundi 28 avril, lors de la cérémonie du 50e Chaplin Award à New York. Le réalisateur a profité de cette soirée qui lui était dédiée pour exprimer de vives critiques à l’encontre du président américain Donald Trump.
« J’ai hésité à venir dans un pays dirigé par une autorité narcissique qui ne respecte pas les droits de l’Homme », a déclaré le réalisateur, dont les propos sont rapportés par Variety . L’Espagnol de 75 ans avait fait le déplacement aux États-Unis pour récupérer son prix qui récompense les « cinéastes dont l’œuvre incarne le réalisme, la diversité et le courage qui ont distingué l’art de Charles Spencer Chaplin ». En présence d’un parterre de célébrités, dont la chanteuse Dua Lipa, l’actrice Rossy de Palma, ou le réalisateur John Waters, Pedro Almodóvar a accusé l’actuel président des États-Unis de vouloir masquer « la réalité que nous voyons de nos propres yeux. (…) Les migrants ne sont pas des criminels. C’est la Russie qui a envahi l’Ukraine », a lancé le cinéaste.
Du haut de la scène du Lincoln Center, le réalisateur du récent La Chambre d’à côté n’a pas mâché ses mots, quitte à rentrer dans la violente diatribe : « Vous entrerez dans l’histoire comme la plus grande erreur de notre temps. Votre naïveté n’est comparable qu’à votre violence. Vous entrerez dans l’histoire comme l’un des plus grands dommages causés à l’humanité… Vous entrerez dans l’histoire comme une catastrophe », a-t-il ajouté.
Pedro Almodóvar a également dénoncé les menaces pesant sur les droits des personnes transgenres par l’administration Trump avant d’évoquer les événements de sa jeunesse qui ont contribué à sa formation de cinéaste. Ayant grandi sous le régime fasciste de Francisco Franco, Pedro Almodóvar a affirmé que le cinéma lui offrait une forme d’évasion. Le réalisateur a finalement dédié son prix « aux milliers de déportés de ces dernières semaines », « à l’actrice transgenre Hunter Schafer »mégenrée sur son passeport, ainsi qu’à l’Université Harvard « pour sa détermination à ne pas céder à la guerre de Trump contre le savoir et la culture ».





Etats-Unis
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