L’étude que vient de publier le think-tank américain Atlantic Council confirme la percée extraordinaire de la Chinafrique au cours de ces vingt dernières années. Entre 2006 et 2020, au total, les Chinois ont investi un peu plus de 303 milliards de dollars principalement dans l’énergie, les mines, l’immobilier et les transports.
Les investissements chinois en Afrique sub-saharienne se déclinent soit sous forme d’IDE, soit de contrats de construction financés par des prêts décaissés par les banques publiques sous contrôle de Pékin à des conditions aujourd’hui remises en cause, y compris par les gouvernements africains. La remise en cause des contrats miniers signés sous Kabila en RDC en est un signe révélateur de cette contestation de la Chinafrique. Avec 1/3 du total, le secteur de l’énergie est loin devant (plus de 100 milliards de dollars), Les transports (89 milliards de dollars), les métaux (40 milliards) et de l’immobilier (32 milliards de dollars).
Les destinations ciblées par Pékin sont des puissances économiques régionales
Six pays en Afrique subsaharienne concentrent plus de 45% de ces investissements : le Nigeria, l’Ethiopie, l’Angola, le Kenya, la Zambie et la République démocratique du Congo. A lui seul, le Nigeria a accaparé 13% du total des IDE chinois dans la sous-région.
Ces destinations ciblées par Pékin sont des puissances économiques régionales, des pays très riches en ressources naturelles ou encore des pays ayant un important poids démographique.
Les énormes besoins de l’économie chinoise en matières premières placent l’Afrique subsaharienne au centre de la stratégie d’investissement de Pékin. Par ailleurs, la population jeune et croissante de la région en fait un débouché pour ses biens d’équipement et de consommation des produits chinois, soulignent les experts d’Atlantic Council. Résultat, la part de marché de la Chine dans les échanges commerciaux de l’Afrique subsaharienne avec le reste du monde est passée de 4 % en 2001 à 25,6 % en 2020. La Chine est ainsi devenue le premier exportateur vers les pays de la région. Durant cette même période, les parts des États-Unis et de l’Union européenne ont décroché de 10 et de 8 points de pourcentage respectivement.
Pour renforcer son influence, Pékin utilise des outils de soft power fondés notamment sur l’éducation. Environ 16% de l’ensemble des bourses d’études chinoises sont attribuées chaque année à des étudiants africains.









![Tribune | La grande muraille numérique : souveraineté digitale et résilience cloud, quels enseignements pour l’Afrique et le Sud global [Par Pr. El Hassane Hzaine] Ce souvenir me revient aujourd'hui parce que la domination numérique est une reproduction de la domination post-coloniale une sorte de main de fer dans des gants de velours, adaptée aux instruments du vingt-et-unième siècle.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Rev-450x239.jpg.webp)

