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Oxfam affirme que les prêts du FMI aggravent la pauvreté

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La grande majorité des prêts du Fonds monétaire international (FMI) accordés pendant la pandémie de Covid-19 ont conseillé voire exigé des baisses de dépenses publiques qui aggraveraient la pauvreté et les inégalités, a affirmé l’ONG britannique de bienfaisance, Oxfam.

Selon Oxfam, soixante-seize des 91 prêts octroyés par le FMI depuis mars obligent les bénéficiaires à se resserrer la ceinture. Le résultat pourrait être des coupes importantes dans les dépenses pour les soins de santé publique et les retraites, des gels et réductions de salaires pour les travailleurs tels que les médecins et les enseignants ou encore une réduction des indemnités de chômage, a déclaré lundi 12 octobre 2020 le groupe.

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Pourtant, paradoxalement, «le FMI a tiré la sonnette d’alarme sur un pic massif des inégalités à la suite de la pandémie», a déclaré Chema Vera, Directeur exécutif par intérim d’Oxfam International. Mais les mesures qu’il préconise «pourraient priver des millions de personnes de soins de santé ou d’indemnités de chômage, et pourraient étouffer tout espoir de reprise durable».

Les choses ne se présentaient pas très bien avant la pandémie. La dette mondiale approchait des niveaux records cette année. Près de la moitié des pays à faible revenu était déjà en surendettement ou risquait de l’être avant le début de la crise sanitaire. Les banques centrales ont réduit leurs taux pour pallier le déficit des liquidités. Néanmoins, le FMI n’a pas caché sa préoccupation face à la montée des inégalités, recommandant à ses 189 pays membres de ne pas lésiner sur les moyens pour sauver des vies et soutenir leurs populations.

Soutien d’urgence sans «conditionnalité»

En réponse à l’analyse d’Oxfam, le FMI a expliqué que le financement qu’il a consenti dans le cadre de la pandémie est un soutien budgétaire d’urgence sans conditionnalité. Il affirme qu’à la fin de la pandémie, de nombreux pays seront confrontés à une forte augmentation de leur niveau d’endettement, alors que leurs revenus baisseront de façon drastique. Il leur faudra alors penser à remettre leurs finances en ordre.

Et pour cela, la solution préconisée par le FMI se résume en trois points, selon son porte-parole Gerry Rice.

Il s’agira de rehausser les revenus en augmentant la pression fiscale, tout en luttant contre la fraude et l’évasion. Il faudra également redéfinir les priorités des dépenses et améliorer leur efficacité. Enfin, pour que la communauté internationale «intensifie» l’aide et les financements concessionnels, un allégement supplémentaire de la dette et, dans certains cas, une restructuration de la dette est nécessaire.

Oxfam pour des filets sociaux

En tout cas, Oxfam craint que le FMI ne répète les erreurs d’il y a dix ans, lorsque les travailleurs ont payé le prix de l’austérité après la crise financière de 2008-2009. L’ONG estime que Le FMI doit faire pression sur les Etats pour stimuler les investissements dans la santé et l’éducation universelle. Il faut aussi que les riches et les grandes entreprises paient leur juste part d’impôts, a déclaré l’ONG de bienfaisance.

Ce rapport est publié au moment où le FMI et la Banque mondiale tiennent leurs réunions annuelles cette semaine. La question de l’endettement devrait être au centre de cette rencontre.
Le G20 et le Club de Paris ont offert un moratoire sur la dette des pays pauvres. La Banque mondiale, quant à elle, estime que cela ne suffit pas et souhaite une annulation pure et simple d’une partie de la dette. L’Angola, l’Argentine, le Tchad, l’Équateur, le Liban et désormais la Zambie ont déjà renégocié une partie de la dette auprès des créanciers privés ou sont sur le point de le faire.

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