Le Royaume du Maroc est plus que jamais à l’avant-garde de la stabilité africaine et de la lutte contre la violence des groupes fanatiques et séparatistes. En effet, à quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde, le Maroc enchaîne trois événements qui disent long sur son rôle dans la sécurité du continent. Les 9 et 10 juin, El Jadida accueille une réunion de la plateforme de Marrakech (réseau antiterroriste africain) coorganisée par le Maroc et l’UNOCT. Le 10 juin, le think tank PCNS dévoile en avant-première son rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique 2026. Enfin, les 11 et 12 juin, Rabat organise la 10ᵉ édition de l’APSACO 2026, conférence majeure sur la paix et la sécurité en Afrique. Ces rendez-vous rapprochés ne tombent pas par hasard !

Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu’une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats :
Primo, l’Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l’Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n’est pas une fatalité et que l’africanité n’en est pas la cause.
Secundo, le fléau terroriste est le résultat d’une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d’autres du niveau macro national, qui est le niveau d’analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n’expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c’est une synergie, un nexus, qui fait qu’un pays bascule ou résiste.
Le droit international et le terrorisme : ordre fragmenté
Faute d’un accord international sur une définition unique du terrorisme, le droit existant s’est développé de manière éparpillée ; aucune convention mondiale globale n’ayant pu être adoptée ; la communauté internationale a construit un dispositif juridique composite, mêlant des traités et des résolutions du Conseil de sécurité contraignants et tout un arsenal de droit mou et de recommandations non contraignantes.
Le dispositif repose sur dix-huit conventions internationales qui ciblent des actes précis plutôt que le terrorisme dans son ensemble. Parmi les conventions les plus importantes figurent : la Convention de Tokyo (1963) sur les infractions commises à bord des avions, la Convention de La Haye (1970) contre le détournement d’avions, la Convention de Montréal (1971) contre les sabotages aériens, la Convention de New York (1973) pour la protection des diplomates, la Convention contre la prise d’otages (1979), la Convention sur la protection des matières nucléaires (1980) et la Convention de 1999 contre le financement du terrorisme. Dans le domaine maritime, la Convention SUA (1988) réprime les actes illicites contre la sécurité de la navigation, notamment la prise de contrôle d’un navire, les violences à bord et le sabotage, tandis que son protocole de 1988 protège les plates-formes offshores.
À ce socle s’ajoutent des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont force obligatoire, comme les résolutions 1373 (2001) et 1267 (1999), qui exigent des États qu’ils incriminent le terrorisme dans leur droit national et qu’ils gèlent les avoirs des organisations suspectes, palliant ainsi l’absence de traité global (dispositif contre le blanchiment et contrôle stricts des flux financiers).
L’absence de définition commune du terrorisme reflète des désaccords politiques profonds. La principale opposition divise les pays occidentaux à ceux du Sud global, qui estiment que les mouvements de libération nationale ne doivent pas être qualifiés de mouvements terroristes. Les pays occidentaux refusent cette exception, craignant qu’elle ne crée des zones d’impunité.
Face à ce blocage, le droit se diversifie. Le cadre juridique international contre le terrorisme se présente donc comme un kaléidoscope, voire un système fragmenté qui, faute d’un accord sur une définition universelle, repose sur un dispositif composite mêlant traités sectoriels, résolutions impératives et recommandations non contraignantes.
L’efficacité de ce droit dépend de la solidité des États; le terrorisme prospère là où l’État est effondré — dans les pays en guerre civile — ou très fragile. Une lutte durable ne peut donc se limiter à la répression militaro-sécuritaire : elle devrait aussi investir dans des institutions inclusives, répondre aux griefs locaux, et combattre la pauvreté et l’exclusion.
Trois visages de la violence dans le monde
La cartographie mondiale du terrorisme met en évidence de fortes disparités entre les continents et les sous-régions. L’Afrique et l’Asie du Sud apparaissent comme les espaces les plus exposés à la menace terroriste. L’analyse réalisée dans le cadre de cet article permet d’identifier les regroupements (clusters) de risque suivant :
- L’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud, le Moyen-Orient cumulent les trois facteurs de risque identifiés : des revendications séparatistes actives, une pauvreté endémique et une instabilité politique chronique. Les groupes armés y mènent des campagnes meurtrières quasi-quotidiennes, qu’il s’agisse des talibans en Afghanistan, de l’État islamique en Syrie et en Irak, de Boko Haram au Nigeria ou d’Al-Shabaaben en Somalie ou le JNIM au Mali.
- Dans un second cercle, la violence est récurrente mais moins endémique, souvent liée à des séquelles de conflits ou à des effondrements étatiques localisés. Les dissidents des FARC en Colombie, les insurrections jihadistes au Mozambique, les maras en Amérique centrale ou les milices en Libye produisent une violence qui déstabilise des régions entières sans pour autant atteindre l’intensité des zones critiques. Ces territoires vivent sous une menace constante mais circonscrite.
- Enfin, les régions les plus résilientes – Europe occidentale, Amérique du Nord, Asie de l’Est, Océanie, Europe du Nord ont connu des attentats parfois meurtriers mais ont su y répondre par des politiques efficaces notamment par le renforcement des services de sécurité, programmes de déradicalisation, contrôle/interdiction des armes de toute sorte. Le Japon et la Corée du Sud illustrent l’idéal-type de la résilience : très peu d’incidents, une police redoutablement efficace, une cohésion sociale élevée.

Les cinq visages de la fragilité
L’analyse multidimensionnelle basée sur six variables principales – activité séparatiste, niveaux de pauvreté, instabilité politique, corruption, qualité démocratique et incidents terroristes- dégage cinq profils de pays distincts selon le niveau de résilience et l’interaction des forces sous-jacentes.
L’État effondré
Dans ces pays les capacités de l’appareil d’Etat central sont défaillantes et l’activité séparatiste est proche du maximum (9,2/10), la pauvreté est endémique (88% de la population sous le seuil de pauvreté dans certains cas) et l’instabilité politique est à son paroxysme. Le résultat de cette combinaison de facteurs donne un bilan sans appel, environ 7 500 incidents terroristes enregistrés dans ce groupe de pays au cours de la décennie 2015-2025.
Ce sont des États en faillite, où des autorités parallèles – seigneurs de guerre, commandants insurgés, milices sectaires – ont remplacé le gouvernement central. La communauté internationale a beau dépêcher des casques bleus, des forces spéciales, la reconstruction… Dans ce cas, le socle du terrorisme freine ces efforts qui peinent à produire des résultats tangibles.
L’État fragile
C’est la zone de danger avec des pays qui ne sont pas tombés mais qui vacillent. L’activité séparatiste est élevée (7,5/10), la pauvreté est sévère et la mobilisation politique des groupes insurgés a atteint un point où ils peuvent contester un territoire et influencer l’opinion publique.
L’insurrection de Boko Haram au Nigeria est l’archétype : un mouvement extrémiste qui a commencé comme une secte religieuse, s’est transformé en insurrection séparatiste et qui opère maintenant au-delà des frontières. Le Pakistan fait face à une hydre similaire : les talibans, les groupes sectaires et les séparatistes baloutches tirant tous dans des directions différentes.
Ce dont ces pays ont besoin, ce n’est pas seulement des mesures sécuritaires mais d’une stratégie politique : dévolution du pouvoir, négociations avec des factions modérées et investissements dans les régions marginalisées où les griefs engendrent le recrutement.
L’État sous tension
Ce groupe englobe le monde développé ainsi que certaines économies émergentes. Ces pays font face à des attaques terroristes sporadiques, généralement de la part de petites cellules ou d’acteurs isolés, l’activité séparatiste est modérée (4,5/10) et les institutions fonctionnent normalement. Ces pays font face à un défi différent : prévenir la radicalisation notamment dans les banlieues marginalisées et le contrôle strict des médias sociaux et sites web en ligne. Cela se passe par le tarissement des sources de financement par un contrôle anti-blanchiment restrictif, tout en évitant le Tout sécuritaire qui peut lui-même devenir un grief.
L’État stable
La stabilité n’est pas l’absence de terrorisme. Des pays comme l’Allemagne ou la Suède ont subi des attaques mais ils ont pu absorber les chocs sans que le système politique ne régresse. L’activité séparatiste est faible (2,5/10), la pauvreté est minimale et les institutions sont solides.
Ce qui distingue ce groupe d’États c’est sa capacité de résilience ; lorsqu’une attaque survient, la classe politique ne se fracture pas, l’appareil de sécurité s’adapte plutôt que de réagir de manière excessive.
Le Botswana, souvent négligé dans les discussions antiterroristes, est un cas intéressant : l’une des démocraties les plus stables d’Afrique, il a résisté aux pressions séparatistes qui ont déchiré ses voisins.
L’État résilient
Ce sont des pays qui ont pratiquement éliminé le terrorisme comme menace stratégique ; l’activité séparatiste est négligeable (1,2/10), la pauvreté est presque inexistante notamment grâce aux programmes de soutien aux plus vulnérables et les institutions politiques jouissent d’une profonde confiance du public.
La réponse de la Nouvelle-Zélande au massacre de Christchurch en 2019 est instructive. En quelques semaines, le parlement a adopté une interdiction des armes semi-automatiques, et le pays est passé à autre chose mais en refusant de laisser la peur dicter la politique. L’approche du Japon depuis l’attentat de la secte Aum Shinrikyo dans les années 1995 (une attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, tuant 13 personnes et en intoxiquant près de 6 000) était similaire marquant ainsi un tournant dans l’histoire du terrorisme intérieur au Japon. un travail policier ciblé et discret mais sans surveillance de masse.
Quels sont les mécaniques du terrorisme au niveau national ?
Sans prétendre faire une traçabilité complète des facteurs et motivations du terrorisme, la présente analyse se focalise sur le niveau national et ne tient pas en ligne de compte les motivations individuelles qui ont été bien analysées par des anthropologues et psychologues via des interviews et focus approfondies avec des repentis, ce qui a permis de circonscrire les différents profils et de concevoir des programmes de déradicalisation adaptés. (voir Farhad Khosrokhavar 2008 «Inside Jihadism understanding Jihadi Movements Worldwide» -The Yale Cultural Sociology Series- et les travaux du professeur Khadiyatoulah Fall «Djihadisme, radicalisation et islamophobie en débats 2021»).
Je voudrais tout de même rappeler que le repli identitaire serait le fruit d’une «modernisation rapide», en effet il a été observé dans divers milieux culturels que lorsque les changements économiques, politiques ou culturels sont trop rapides pour être absorbés par les institutions et les communautés, ils peuvent créer un sentiment de perte de repères, d’incertitude et parfois même de déracinement. Face à ces bouleversements, les identités religieuses, ethniques ou nationales deviennent souvent des valeurs de refuge, offrant aux individus un sentiment d’appartenance, de continuité et de sécurité. (Durkheim, Polanyi, Huntington, Bourdieu et Sayad, Gellner, Castells, Roy, Inglehart et Norris)
L’analyse approfondie des données documentaires recueillies révèle trois déterminants majeurs du risque lié au terrorisme au niveau macro national, chacun avec des poids différents.
Le Séparatisme moteur par excellence du terrorisme
La révélation de cette enquête c’est la confirmation empirique du nexus séparatisme et violence terroriste, avec un poids explicatif de 35% du score de risque terroriste et une corrélation très forte avec le terrorisme (r = 0,82) ; le séparatisme est plus que jamais le principal carburant de la terreur ; c’est l’éléphant dans la pièce. Là où des groupes ethniques ou religieux croient s’être vu refuser l’indépendance, le terrorisme suit après une séquence prévisible : grief, mobilisation, radicalisation, violence.
Le Sahel est le laboratoire de cette théorie : le Burkina Faso, le Mali et le Niger se classent aux 2, 3 et 5 rangs de l’Indice mondial du terrorisme GTI non pas parce qu’ils sont particulièrement pauvres, mais parce que les groupes djihadistes ont exploité les griefs interethniques et la pauvreté pour recruter des combattants et attiser les revendications séparatistes. La région de l’Azawad au Mali, le bassin du lac Tchad et les régions frontalières entre le Niger et le Nigeria et même dans certaines régions du nord du Cameroun sont des territoires où l’autorité de l’État est relativement faible et où l’identité ethnique est forte.
L’enseignement à tirer, c’est qu’il faudrait s’attaquer au séparatisme par des solutions politiques à travers des plans d’autonomie ou régionalisation avancée et pas seulement par des mesures sécuritaires. L’accord de paix de 2016 du gouvernement colombien avec les FARC, bien qu’imparfait, offre un modèle : la démobilisation en échange d’une représentation politique.
La Pauvreté facteur multiplicateur du terrorisme
Le lien entre pauvreté et terrorisme n’est pas simple -beaucoup des pays les plus pauvres du monde (Malawi, Burkina Faso avant 2015) ne sont pas des foyers terroristes ; la pauvreté agit comme un multiplicateur variable modératrice (corrélation forte avec le terrorisme : r = 0,76) rendant les communautés vulnérables au recrutement des insurgés là où d’autres griefs existent.
Dans le nord du Nigeria, Boko Haram paierait les combattants plus que les maigres salaires de l’État ; au Sahel, les groupes djihadistes offrent une protection là où l’État ne peut pas. En d’autres mots, la pauvreté ne cause pas de terrorisme mais elle crée un terrain fertile pour celui-ci.
L’approche holistique s’impose donc pour circonscrire le nexus pauvreté terrorisme par des programmes sociaux de lutte contre la pauvreté et de développement humain ; ainsi l’aide au développement devrait cibler les régions frontalières et périphériques où la présence de l’État est la plus faible. Le programme régional Sahel de 2,5 milliards de dollars de la Banque mondiale est un début, mais il doit être plus rapide, plus flexible et plus visible pour les communautés locales.
L’Instabilité politique et la fragilité des Etats corollaires de la montée des risques
L’analyse des données suggère que l’instabilité politique est fortement corrélée au terrorisme (taux de corrélation r = 0,71) ; les coups d’État à répétition, les élections contestées, l’inféodation du pouvoir judiciaire à l’exécutif et l’absence d’une séparation des pouvoirs créent des failles souvent exploitées par les insurgés et les terroristes. La plongée de la Libye dans le chaos après 2011 est le cas parfait : l’effondrement de l’autorité centrale a créé un vide que l’État islamique, les milices locales et les trafiquants d’êtres humains se sont tous empressés de combler provisoirement.
Mais l’instabilité peut aussi être chronique sans être catastrophique ; le Kenya, par exemple, a subi des attaques répétées d’Al-Shabaab depuis 2011 et même des émeutes post électorales contestant le verdict des urnes, mais ses institutions ont tenu bon ; donc la différence réside dans l’ampleur des défaillances institutionnelles. Rappelons à cet égard que Jomo Kenyatta avait instauré un système de rotation ethnique au pouvoir qui a fait du Kenya un havre de stabilité pendant plusieurs années.
Là où les systèmes judiciaires sont dépendants, les élections souvent de façade sans alternance entre ethnies et groupes sociaux au pouvoir, sans circulation des élites ; l’instabilité devient alors un cercle vicieux qui s’auto-renforce.
Face à ce paysage politique, les pays démocratiques ou semi autoritaires apparaissent comme mieux lotis et plus résilients. En effet, la corrélation de la démocratie avec le terrorisme est négative (-0,52). Les pays démocratiques ont moins de terrorisme. Les endroits les plus sûrs sont les démocraties matures (Japon, Suisse) et les autocraties stables à revenu moyen (Botswana, Rwanda) qui ont construit des institutions inclusives. La zone de danger est le terrain d’entente -des démocraties de transition avec des systèmes judiciaires faibles et des pays ou les élections sont contestées.
Comment le Maroc a défié les pronostics
L’expérience marocaine de la justice transitionnelle ainsi que les différentes réformes introduites au niveau institutionnel depuis l’intronisation de SM le Roi Mohammed VI, Dieu l’assiste, et en particulier la réforme constitutionnelle, celle de la Moudouana et du champ religieux ainsi que les progrès colossaux faits au niveau des infrastructures et de la logistique, la couverture sociale universelle, l’aide sociale aux démunis et les plans d’accélération industrielle ont ensemble projeté le Royaume du Maroc dans le groupe des pays stables et résilients et en perpétuelle amélioration, alors qu’il était légèrement au-dessus du seuil des pays sous tension sans oublier un appareil sécuritaire de classe mondiale utilisant les dernières technologies.
Qu’est-ce qui aurait changé, quelle stratégie ?
✓ Premièrement, une stratégie holistique globale de lutte contre le terrorisme combinant sécurité stricte (renseignement, contrôle des frontières) et pouvoir doux (réforme religieuse, développement économique, INDH, aide sociale aux plus vulnérables, déradicalisation/ réintégration), la refonte du champ religieux et Imarat Al Mouminine font figure de proue ; ainsi le programme marocain «Mourchidat» et la formation de Imams et guides religieuses féminines pour contrer la prédication extrémiste a été reconnu comme une bonne pratique et repris par plusieurs pays africains et européens.
✓ Deuxièmement, la suprématie militaire et le règlement politique du différend du Sahara marocain ont réduit la violence séparatiste à néant. Le Plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, reconnu par le Conseil de sécurité de l’ONU et la communauté internationale, dont les États-Unis, la France et l’Espagne et le Royaume-Uni sans opposition ni de la Russie, ni de la Chine, a contribué à geler le conflit en attendant son règlement définitif et à réduire les tensions dans les Provinces Sud.
✓ Troisièmement, une croissance économique soutenue qui a sorti des pans entiers de la population et quartiers périphériques de la pauvreté et l’exclusion; le PIB par habitant du Maroc est passé de 2261 dollars US en 2005 à environ 4000 dollars US en 2024, chiffre modeste mais transformateur dans une région où d’autres pays stagnent, le Maroc devenant la première puissance industrielle en Afrique en 2025 selon la Banque africaine de développement.
En conclusion on peut affirmer sans risque de se tromper que le cadre juridique international contre le terrorisme demeure un système fragmenté qui repose sur un arsenal de dix-huit instruments sectoriels et des résolutions impératives du Conseil de sécurité. Cette architecture normative cherche à équilibrer l’efficacité sécuritaire avec le respect de l’État de droit.
L’efficacité de ce dispositif dépend intrinsèquement de la résilience étatique, les données révèlent que le risque terroriste résulte d’une convergence de forces ou «accumulation de facteurs», principalement le séparatisme (35 % du risque), la pauvreté agissant comme un multiplicateur de griefs (25 %) et l’instabilité politique (20 %).
Le Maroc illustre parfaitement cette dynamique de transition, étant passé d’un État sous tension à un pôle de stabilité et de résilience basé sur une approche qui privilégie la restauration du contrat social et le traitement simultané des causes sécuritaires et socio-économiques pour bâtir une paix durable et souveraine en Afrique.




![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida.jpg)

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