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C'est officiel. La présidentielle ivoirienne du 25 octobre se déroulera sans les deux principaux opposants : les candidatures de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont été définitivement rejetées, car ils ont été radiés de la liste électorale. Le premier en raison d'une condamnation judiciaire et le second pour des questions de nationalité. Un autre poids lourd de l’opposition : Pascal Affi Nguessan est également recalé.

Le Conseil constitutionnel a publié la liste définitive des candidats retenus pour l'élection présidentielle du 25 octobre. Sur les 60 inscrits, seulement 5 ont été retenus pour la course finale. Les principaux opposants, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, ont été définitivement écartés. Un autre poids lourd de l’opposition : Pascal Affi Nguessan recalé également

«J’ai fait démissionner le président (…) c’est que j’avais raison», a déclaré à la presse la militante Valérie Yapo. De leur côté, les avocats du PDCI se sont dits «satisfaits puisque l’objectif était de montrer que le PDCI fonctionne correctement» et qu’il «est bien gouverné,» a affirmé l’un d’eux, Rodrigue Dadje, avant d’ajouter : «nous n’avons pas besoin de faire appel de cette décision (…) c’est nous qui avons gagné ce procès.»

Le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam, a créé la surprise en annonçant dans une vidéo ce lundi 12 mai sa démission de la présidence du parti. Pour autant, l’ancien patron de Crédit Suisse ne renonce pas à mener la bataille pour la présidentielle d'octobre prochain, dont il est disqualifié depuis sa radiation de la liste électorale. A moins de six mois du scrutin, le climat politique est tendu en Côte d'Ivoire, où plusieurs personnalités de l’opposition ont été déclarés inéligibles

Si l’opposition s'active et ses leaders multiplient, ces derniers jours, leurs sorties médiatiques afin de mobiliser un plus grand nombre d’électeurs pour cette échéance électorale, en réussissant le 10 août un Collectif composé d’une dizaine de partis, outre des organisations de la société civile, il n’en demeure pas moins que trois de ses leaders affrontent une situation délicate, à savoir : Laurent Gbagbo du Parti des Peuples Africains- Côte d’Ivoire (PPA-CI) qui bien qu'il a été acquitté par la CPI, n’est pas inscrit sur la liste électorale et ne peut de ce fait, ni élire, ni être élu.

Face à l’ébullition en crescendo de la scène politique en Côte d’Ivoire, à plus d’une année de la Présidentielle et au moment où l’opposition multiplie ses actions pour souder ses rangs, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, parti au pouvoir) ne cesse d’appeler à l’apaisement en réitérant sa détermination à garantir un scrutin libre et démocratique

Laurent Gbagbo est pourtant inéligible au regard de la loi ivoirienne. Acquitté par la Cour Pénale Internationale (CPI), l’ancien chef de l’Etat avait été condamné en 2018 par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour le «braquage» de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) en 2011, entraînant la déchéance de ses droits civiques et politiques, et donc sa radiation des listes électorales.

Le Parti des Peuples Africains (PPA-CI) a désigné l'ancien président Laurent Gbagbo comme son candidat à l'élection présidentielle de 2025, bien qu'il ne soit pas éligible en raison de ses antécédents judiciaires. La grâce qui lui a été accordée par le Président Ouattara n’efface pas l’inscription de sa condamnation dans son casier judiciaire

La Côte d'Ivoire a été dirigée de 1960, date de son indépendance, à 1993, année de son décès, par Félix Houphouët-Boigny. Cet Homme d'État, grand oublié des programmes scolaires aussi bien français qu’africains, occupa à plusieurs reprises des postes de ministre au sein des gouvernements de la 4e République en France, et fut également un des artisans de la Constitution française de 1958.

«Découragement n’est pas ivoirien» ; «La Paix ce n’est pas un vain mot, c’est un comportement» ; «L’homme qui a faim n’est pas un homme libre» : durant des années voire des décennies, ces maximes de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la Côte d’Ivoire indépendante furent quotidiennement martelées par les médias d’Etat ivoiriens. A l’aune de la Coupe d’Afrique des Nations, qui a vu le succès final des Eléphants de Côte d’Ivoire et l’extraordinaire résilience des Ivoiriens aussi bien joueurs, supporters, citoyens ou encore élus tout au long de la compétition, ne faut-il pas y percevoir les fruits sur le long terme d’une «propagande positive utilisée pour promouvoir l'unité, la solidarité et l'harmonie.»