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Présidentielles en Guinée : Le Dr. Ousmane Kaba, battre Condé à son propre jeu est possible

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Le 18 octobre 2020, la Guinée se choisit un nouveau Président. Parmi ceux qui cherchent à faire chuter Alpha Condé, candidat à un troisième mandat controversé, Ousmane Kaba, leader du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES), ne manque pas d’arguments pour solliciter le suffrage de quelque 5,4 millions d’électeurs Guinéens. Objectif : battre le Président sortant à son propre jeu : le verdict des urnes.

Premier à avoir déclaré sa candidature à la présidentielle guinéenne, Ousmane Kaba n’avait donc pas cédé aux arguments  défaitistes : si Alpha Condé, 82 ans, a engagé depuis plusieurs mois un processus  de déstructuration de la constitution guinéenne lui ouvrant la voie d’un troisième mandat, il n’est pas certain qu’il ait mis toutes les chances de son côté pour rester au pouvoir. Un sursaut du peuple guinéen, comme celui qui a profité à Macky Sall, en 2012, pour battre Abdoulaye Wade, est toujours possible.

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Les convictions stratégiques d’Ousmane Kaba, ancien ministre des Finances et fondateur de l’université  Koffi Annan de Guinée, s’opposent à la volonté de durer d’un président arrivé à un âge où il faut plutôt songer à la retraite. Présentant un projet de société en 10 points, ce docteur en économie lauréat des universités françaises connaît parfaitement les dysfonctionnements d’un système qu’il lui arrivait de critiquer ouvertement. 

L’homme de rupture 

Ancien soutien d’Alpha Condé,  Ousmane Kaba se positionne aujourd’hui en homme de rupture. Quand il s’agit de considérer que le passage en force d’Alpha Condé, au premier tour, face à onze candidats de l’opposition bien décidés à imposer l’alternance par les urnes, la victoire qu’entrevoit Ousmane Kaba n’est alors plus une simple vue de l’esprit. Un deuxième tour est envisageable. Mais pas seulement…

Le tripatouillage de la constitution pour les besoins d’un troisième mandat et le maigre bilan du Président sortant, notamment en matière d’infrastructures de base, rendent crédibles la possibilité de le «renverser par les urnes» comme le propose Ousmane Kaba qui voudrait bien être l’homme providentiel de la Guinée post Alpha Condé. Le «peuple souverain de Guinée», comme aime-t-il le rappeler, dans un contexte de malaise généralisé provoqué par un pouvoir à la dérive, ne faillira point quand il faudra sauver une démocratie qui, en 2010, avait porté à la présidence ce même Condé, alors opposant vertueux, qui avait fondé, en 1977, le Mouvement National Démocratique (MND), qui devient par la suite Unité, Justice, Patrie (UJP), le Rassemblement des Patriotes Guinéens (RPG), le Rassemblement du Peuple de Guinée, puis le RPG Arc-en-ciel.

L’un des atouts d’Ousmane Kaba est sans doute ce cosmopolitisme politique qui lui permet de rassurer, tant dans le camp de l’opposition que dans celui des soutiens d’Alpha Condé qui aspirent, en cachette, à une alternance apaisée.

Agé de 65 ans, Ousmane Kaba a été ministre à plusieurs reprises et dirige depuis 2017 une formation politique, le Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES). Certains se rappellent de cette tentative de révolution de l’intérieur du pouvoir qu’il avait tentée, en osant critiquer publiquement la gestion des affaires par un Président sur lequel le poids des ans pèse de plus en plus. Un esprit libre dont les appels à des réformes économiques et politiques de plus en plus nécessaires ont été assimilés à la révolte contre Condé et son parti dont Ousmane Kaba a été exclu avant que ne se propagent ses idées «révolutionnaires». Aujourd’hui, il remet en avant la nécessité de barrer la route à un Président pour qui la quête d’un troisième mandat vaut tous les sacrifices, y compris celui de diviser les Guinéens en évoquant leurs appartenances ethniques. Un «nouveau projet politique» que dénonce Ousmane Kaba persuadé que cette «ultime arme» (la division) se retournera, le 18 octobre prochain, contre ceux qui tentent de l’utiliser pour rester au pouvoir.

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