L’historien, spécialiste des États-Unis et des discriminations raciales, se présente comme l’antithèse de Jean-Michel Blanquer sur les questions de laïcité. De quoi rassurer les enseignants. Même s’il devra composer avec le programme très libéral d’Emmanuel Macron.
Exit Jean-Michel Blanquer, recordman du nombre de jours passés rue de Grenelle, ministre le moins aimé des enseignants, balayé par la grève historique du 13 janvier. Pap Ndiaye, 56 ans, est donc le nouveau ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Un spécialiste reconnu dans son domaine, mais très peu connu du grand public.
Enseignant à Sciences Po
L’historien, frère de l’écrivaine Marie Ndiaye ( Prix Goncourt 2009), était jusqu’à présent enseignant à Sciences Po, membre du comité de rédaction de la revue L’histoire. Grand spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis, c’est un pionnier des blacks studies et des discriminations raciales, cofondateur du Cercle d’Action pour la promotion de la diversité.
«De manière calme et apaisée»
Un tournant majeur par rapport à l’ère Blanquer. Promoteur d’une laïcité de combat, qualifiée de “mise sous tutelle idéologique” par l’association Vigie de la laïcité, Jean-Michel Blanquer s’était fait également le pourfendeur de l’islamo-gauchisme et du wokisme. À l’inverse, Pape Ndiaye, né d’un père sénégalais et d’une mère française, prône l’apaisement sur ces questions. “Je voudrais que ce lieu accueille, de manière calme et apaisée, la réflexion de la recherche et les débats qui traversent la société”, déclarait-il en 2021 lors de sa nomination à la tête du musée de l’Immigration.
«Il y a un déni sur les violences policières en France»
En revanche, on attend avec impatience de voir quels seront ses rapports avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Interrogé sur France Inter, en juin 2020, à propos de la mort de George Floyd, un Afro-américain, mort étouffé sous le genou d’un policier à Minneapolis, il avait critiqué “« l’attitude de déni sur les violences policières en France ».” Dans le même entretien, il évoquait également “la posture martiale du gouvernement” et la “politique du chiffre” de la police.
De l’huile dans les rouages
Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, qui perd la tutelle des Sports confiée à Amélie Oudéa-Castéra, devra faire le grand écart entre ses convictions et le programme d’Emmanuel Macron. Celui-ci, très décrié par les syndicats d’enseignants, fait la part belle à l’orientation précoce (avec des stages en entreprise dès la cinquième) et à la réforme de l’enseignement professionnel. Surtout, il prévoit de renforcer l’autorité des chefs d’établissements et des directeurs d’école. “Nos professeurs seront mieux rémunérés et libres d’innover, libres de choisir un établissement et de s’abstraire d’un mouvement”, a encore déclaré Emmanuel Macron durant la campagne.
Déclarations de Pap Ndiaye sur Twitter :
« Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine dont l’école est le pilier », déclare Pap Ndiaye, nouveau ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Et de poursuivre en affirmant qu’il était « peut-être aussi un autre symbole, celui de la diversité ».
« Cette fonction n’est pas l’affaire que d’un homme. C’est celle de la République. J’appréhende cette tâche avec modestie et avec toute la bonne volonté intelligente qui est la mienne », a-t-il ajouté.
Source : avec Ouest France











