Le groupe marocain Attijariwafa Bank poursuit la promotion de ses talents africains. Adam Moussa Adoum a été nommé Directeur général de la Banque Internationale pour l’Afrique au Togo (BIA-Togo), dans un contexte où le secteur bancaire togolais est appelé à jouer un rôle central dans le financement de l’économie. Fort d’une solide expérience acquise entre l’Europe, le Tchad et le Maroc, le dirigeant hérite d’une feuille de route ambitieuse : renforcer la compétitivité de la banque tout en accompagnant la transformation du marché financier togolais.
Attijariwafa Bank poursuit sa stratégie de promotion interne. Le groupe bancaire marocain a désigné le Tchadien Adam Moussa Adoum au poste de Directeur général de sa filiale togolaise, la Banque Internationale pour l’Afrique au Togo (BIA-Togo). Sa nomination a été approuvée le 30 juin 2026 par le conseil d’administration de l’établissement.
Cette décision illustre la volonté du groupe de s’appuyer sur des dirigeants issus de son propre vivier de compétences pour accompagner son développement sur le continent.
Avant cette promotion, Adam Moussa Adoum occupait les fonctions de Directeur général adjoint d’Attijari Bank Tchad. Il avait également participé, depuis Casablanca, à la mise en place de cette filiale tout en coordonnant les activités du groupe en Afrique centrale, acquérant ainsi une connaissance approfondie des marchés bancaires de la région.
Un marché en pleine mutation
À Lomé, le nouveau Directeur général prendra les commandes d’une banque appelée à évoluer dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Sa mission consistera à poursuivre la croissance de la BIA-Togo, tout en accélérant plusieurs chantiers devenus prioritaires pour le secteur bancaire : la digitalisation des services, le renforcement de l’inclusion financière et le financement des petites et moyennes entreprises, qui constituent l’un des principaux moteurs de l’économie togolaise.
Ces enjeux prennent une importance particulière dans un pays confronté à un besoin croissant de financement du secteur privé. Selon la Banque africaine de développement (BAD), le Togo évolue en 2026 dans un contexte marqué par une pression persistante sur les finances publiques, un coût élevé du crédit – avec un taux moyen d’emprunt de 7,4 % en 2025 –, une dette extérieure représentant 42,2 % de l’endettement total et un secteur informel qui concentre encore 85,5 % de l’activité économique.
Autant de défis qui renforcent le rôle attendu des établissements bancaires dans la mobilisation de financements adaptés aux entreprises et aux entrepreneurs.
Une trajectoire entre l’Europe et l’Afrique
Diplômé d’un Master en économie et gestion de l’Université Paris-Sorbonne, Adam Moussa Adoum cumule plus de quinze années d’expérience dans les métiers de la banque et de la finance.
Avant de rejoindre Attijari Bank Tchad en 2021, il a effectué une partie de sa carrière au sein de LCL, filiale du groupe Crédit Agricole en France, où il a occupé plusieurs fonctions de direction. Une expérience qui lui a permis de conjuguer les pratiques de la banque européenne avec les réalités des marchés africains.
Au-delà de ses responsabilités opérationnelles, le banquier tchadien joue également un rôle actif dans les instances professionnelles de son pays. Il est premier vice-président de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Tchad (APEC Tchad), vice-président chargé du secteur bancaire au sein du Patronat du Tchad et élu consulaire à la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture, des mines et de l’artisanat (CCIAMA).
La mobilité interne au cœur de la stratégie d’Attijariwafa Bank
Cette nomination s’inscrit dans une politique plus large de mobilité des cadres menée par Attijariwafa Bank à l’échelle du continent. Présent dans une dizaine de pays africains, notamment au Maroc, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Tchad et en Égypte, le groupe privilégie depuis plusieurs années la promotion de dirigeants issus de son réseau panafricain.
En confiant les rênes de la BIA-Togo à Adam Moussa Adoum, Attijariwafa Bank fait ainsi le choix de l’expérience interne et de la continuité stratégique. Un pari qui intervient à un moment où les banques africaines sont appelées à jouer un rôle de plus en plus déterminant dans le financement de la croissance, l’inclusion financière et la transformation numérique des économies du continent.
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