Le président tunisien Kais Saied a révoqué jeudi 2 juin près de 60 magistrats pour « corruption et entrave à des enquêtes », après avoir renforcé, via un décret, sa tutelle de l’autorité supervisant le système judiciaire.
Une liste de 57 magistrats a été publiée au Journal Officiel dans un décret justifiant leur révocation pour « dissimulation d’affaires terroristes, corruption, harcèlement sexuel, collusion avec des partispolitiques et perturbation du fonctionnement de la justice ».
Parmi les magistrats limogés qui risquent des poursuites judiciaires, figurent un ancien porte-parole du pôle de lutte contre le terrorisme, un ancien directeur général des douanes et l’ancien président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Les révocations ciblent aussi des magistrats soupçonnés d’avoir entravé l’enquête sur les assassinats en 2013 de deux dirigeants de la gauche tunisienne, Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, imputés à des jihadistes.
Le président Saied a amendé la loi qui régit le CSM, autorité de tutelle de la justice tunisienne, pour pouvoir les révoquer, invoquant une « atteinte à la sécurité publique ou à l’intérêt suprême du pays ». Le texte lui permet de limoger « tout magistrat en raison d’un fait qui lui est imputé de nature à compromettre la réputation du pouvoir judiciaire, son indépendance ou son bon fonctionnement« .
Ces révocations sont basées « sur de simples soupçons sans décision judiciaire », a dénoncé le Front de salut national, une coalition d’une dizaine d’organisations d’opposants, dont le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, bête noire de Kais Saied.





Tunisie


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