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Vous devez essayer l’échec pour réussir !

Samuel Smith (pseudonyme) et moi-même sommes rencontrés lors d’une conférence d’entrepreneurs il y a plusieurs années. Depuis, nous sommes restés en contact, chacun suivant les affaires de l’autre. Au fil des ans, il a eu des idées uniques et son entreprise a eu beaucoup de succès. C’est pourquoi je me réfère à lui comme Successful Sam, ou Sam-La Réussite.

Allon Raiz

Allon Raiz, PDG de Raizcorp

Lorsque Successful a lancé son entreprise, il n’avait pas peur de prendre des risques car il n’avait pas grand-chose à perdre. J’ai vu qu’il avait réussi et prenait de moins en moins de risques. Il avait peur de mettre en péril tout ce pour quoi il avait travaillé. Il aimait se confiner dans sa zone de confort où il “savait” qu’il empocherait toujours une somme d’argent à la fin du mois. Il était finalement tellement à l’aise qu’il ne prenait plus de risques importants.

Le problème avec la réussite c’est qu’elle jette les bases de l’échec. J’ai vu Sam semer les graines de son commerce, s’occuper de son champ suivant les bonnes ou mauvaises saisons et récolter les fruits de son travail. Une fois qu’il a engrangé les fruits, il n’a plus senti le besoin de continuer à planter de nouvelles graines. C’est comme s’il se consumait tout en consommant lesdits fruits.

Les pièges de la Réussite

Lorsque les affaires de Sam ont prospéré, il sentait qu’il méritait le luxe convoité depuis aussi longtemps qu’il s’en souvienne. Tantôt, c’est la nouvelle Mercedes-Benz Classe E Cabriolet qu’il se paie, tantôt c’est une maison de six chambres avec jacuzzi et court de tennis dans la meilleure banlieue et le yacht de luxe ne semblait plus être un rêve lointain.

De plus en plus absorbé par ces pièges de la réussite, il a perdu de vue qu’il allait vivre au-dessus de ses moyens. Ses priorités sont passées de la gestion quotidienne de la clientèle de son entreprise, à la gestion des pièges de son succès, tels que trouver au club de yacht, une personne qui pourrait aider à réparer le moteur de son yacht.

Avant d’avoir son yacht de luxe, il était très improbable qu’il aille penser à un moteur de bateau au lieu de s’occuper de sa clientèle.

La nature a horreur du vide

La célèbre top-modèle Linda Evangelista a déjà déclaré qu’elle n’était pas prête à se lever pour moins de 10 000 $. Sam s’est réveillé un matin et a décidé qu’il ne se lèverait plus pour des occasions moins importantes.

Il pensait qu’il n’en était pas obligé parce qu’il avait réussi et était devenu subitement invincible. Il estimait, à tort, que les plus grandes opportunités lui seraient offertes. Son appétit pour de nouvelles opportunités a disparu.

Lorsqu’il a cessé de «se lever du lit» au profit d’opportunités plus modestes, d’autres concurrents agiles ont saisi l’occasion pour les obtenir. Ils ont alors récolté les fruits de ces opportunités aux récompenses beaucoup plus grandes.

Sam a oublié que ce sont ces petits contrats qui l’ont amené là où il était et ont permis à aider son entreprise à rester à flot pendant toutes ces années. À ses débuts, il tenait à ces petites transactions et était enthousiaste à l’idée de s’aventurer dans l’inconnu pour trouver de nouvelles opportunités.

Quand un contrat de plusieurs millions de rands lui a échappé, puis un autre peu de temps après, Sam s’est pratiquement retrouvé au chômage technique. Alors qu’il était en train d’organiser les réparations sur le moteur de son yacht, sa clientèle a été réduite comme peau de chagrin. Il avait refusé les petites opportunités et elles étaient parties ailleurs. La place que Sam avait laissée, d’autres s’y sont engouffrés. La nature a horreur du vide, mais Sam ne le savait pas encore.

Le danger de travailler “sur” votre entreprise uniquement et non plus “dans” celle-ci

Le principe du mythe de l’entrepreneur de Michael E. Gerber, célèbre dans le monde entier, stipule que les entrepreneurs doivent se concentrer davantage sur le “travail” de leur entreprise que sur le “travail”.

Après avoir lu le livre de Gerber, Sam a décidé que c’était exactement ce qu’il allait faire avec son entreprise. Il a également commencé à le citer pour justifier le temps passé à naviguer sur son yacht et à travailler pour son entreprise au lieu d’être au bureau et d’assister à des réunions. “C’est plus important que je travaille uniquement sur mon entreprise plutôt que dans celle-ci”, m’a-t-il dit. “Le temps que je passe sur mon yacht, loin de tout, est productif car il m’aide à penser à mon entreprise”.

Alors que Sam naviguait près de la côte, il n’était pas présent quand son responsable des réseaux sociaux a démissionné. Il a seulement  appris que Tom était parti en lisant le rapport mensuel des RH.

Sam avait assisté à l’entretien d’embauche de Tom. Ils s’étaient immédiatement entendus, car leurs idées se rejoignaient en beaucoup de points. Si Sam avait été plus souvent au bureau, Tom aurait pu lui expliquer qu’il était malheureux à son poste. Quand un cadre a demandé à Sam pourquoi Tom avait démissionné et ce qui avait été fait pour le retenir, il n’a pas pu lui répondre.

En l’espace d’un an et demi, les affaires de Sam s’étaient effondrées. Il m’a téléphoné un soir pour obtenir de l’aide et je lui ai demandé comment il en était arrivé là ? Sa réponse fut simplement : “Je ne sais pas ce qui s’est passé?”

D’un côté, je conviens qu’il est bon que les entrepreneurs s’absentent et passent quelques jours à l’extérieur du bureau pour pouvoir réfléchir à leur entreprise, mais d’un autre côté, il existe un danger de ne travailler que “pour” votre entreprise.

Il ignorait ce qui se passait dans son bureau et, lorsque son directeur commercial a changé la stratégie de vente, il n’était pas là pour lui dire qu’il n’était pas d’accord avec les changements apportés. En temps normal, il devrait y avoir un flux constant d’information sur le fonctionnement de ses affaires, créant une fluidité nécessaire dans une entreprise en croissance.

Les rapports mensuels ne donnent jamais à un entrepreneur une idée réelle de ce qui se passe dans son entreprise. Ils ne le tiennent pas au courant en temps réel de son fonctionnement, en particulier lorsqu’il est assis sur le pont de son yacht pour lire le rapport. Il est crucial qu’un entrepreneur travaille dans son entreprise et participe à des activités telles que la participation à des réunions de vente ou la rédaction d’une nouvelle proposition.

Parfois, les entrepreneurs interprètent mal le Mythe de l’entreprise de Gerber, en particulier lorsqu’ils l’utilisent comme prétexte pour ne pas être impliqué dans la gestion quotidienne de leur entreprise ou pour ne pas savoir ce qui s’est mal passé lors de son effondrement. Les entrepreneurs qui réussissent ont une assez bonne idée de ce qui se passe dans leur entreprise.

La relation paradoxale

J’ai vu beaucoup d’entreprises partir en faillite. Leurs promoteurs ont cessé de prendre des risques après que la réussite leur soit parvenue. La relation entre succès et échec est paradoxale – il faut risquer l’échec pour réussir.

Je crois que les entrepreneurs qui réussissent y parviennent parce qu’ils ont trouvé le bon équilibre entre la réussite et la prise de risques. Ils sont conscients que s’ils s’accrochent au piège du succès, ils sont voués à l’échec. Ils doivent faire face à l’échec à nouveau pour se développer.

Sam travaille actuellement sur la reconstruction de son entreprise et applique les leçons qu’il a apprises, les bonnes et les mauvaises. Il est extrêmement vigilant face aux pièges de son succès afin de ne pas retomber dans le même travers. Ayant retrouvé sa soif d’avoir de nouvelles opportunités, grandes et petites, il est devenu beaucoup plus pragmatique. Il travaille plus “dans” son entreprise et n’ont plus uniquement “pour” cette dernière. Il prend à nouveau des risques importants. Il est confiant dans sa capacité à la reconstruire. Enfin, il est devenu plus mesuré face à la réussite.

Avez-vous les mêmes germes de l’échec que Successful Sam? Si vous le faites, il est temps que vous preniez à nouveau un risque.

 

À propos de Raizcorp

Selon The Economist, Raizcorp est le seul véritable incubateur en Afrique à proposer des programmes complets de développement d’entreprises et de fournisseurs qui orientent les entrepreneurs vers la rentabilité. Raizcorp a créé «Prosperation ™», son propre modèle d’incubation d’entreprises de renommée mondiale. Fondé en 2000, Raizcorp est devenu le premier modèle d’incubateur d’entreprises en Afrique. Pour plus d’informations, visitez le site
www.raizcorp.com

 

Bio-express

Allon Raiz est le PDG de Raizcorp. En 2008, Raiz a été choisi comme jeune leader mondial par le Forum économique mondial. En 2011, il a été nommé pour la première fois membre du Global Agenda Council for Fostering Entrepreneurship. Après une série de master classes sur l’entrepreneuriat organisées à l’Université d’Oxford en 2014, 2015 et 2016, Raiz a été reconnu comme entrepreneur en résidence de la Saïd Business School de l’Université d’Oxford. Suivez

Allon sur Twitter : www.twitter.com/allonraiz.

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