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Affaire Drapor ou déchirement familial

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Une affaire judiciaire qui ne se joue pas uniquement au tribunal. Les dirigeants de Drapor, avec à leur tête Mustapha Aziz multiplient les sorties médiatiques pour appuyer leurs accusations. La prochaine audience au tribunal de première instance de Casablanca est prévue pour le 1er décembre. Retour sur les faits.

drapor Dans le procès qui oppose la famille Jakhoukh père et fils, le dossier Drapor prend une allure très particulière. Le fleuron de l’industrie marocaine de dragage portuaire est au cœur d’une tourmente judiciaire. Lahcen Jakhoukh, Président-directeur général du groupe Satram accuse son fils, Tarik, et 12 personnes dont une en état de fuite de lourdes inculpations. Ils sont poursuivis pour abus ou participation à l’abus de confiance, d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds, de faux et d’usage de faux et de détournement de données informatiques.

 Depuis juillet dernier, Tarik Jakhoukh, Mohamed Bachiri et Redouane Roudabi sont écroués à la prison civile de Oukacha à Casablanca. Alors que comparaissent librement Hassan Jay, Chakib Byar, Yassine Sajib, Mustapha Belfakir, Hamid Hajri, Soumaya Loudiyi, Khalid Loudiyi et Fatema Mandar.


 Comment cette entreprise jusque là citée comme un exemple de réussite à l’échelon africain, voit son destin débattu devant le président de la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Casablanca ?

 Lahcen Jakhoukh a été révélé au grand public lors de l’acquisition de la Société Marocaine de dragage des ports, en 2007 pour la somme de 327,6 millions de DH. Rien que cela ! En compétition avec une douzaine de groupe internationaux, cet homme d’affaires marocco-gabonais avait déjà une solide réputation aussi bien au Gabon, au Cameroun qu’en Guinée Equatoriale. Au Gabon, Lahcen Jakhoukh remporte les marchés publics relatifs au génie civil et au transport. Il le doit notamment à sa proximité avec Omar Bango.

 Des années plus tard, le nouvel exécutif gabonais décide de s’entourer d’une nouvelle garde et Lahcen Jakhoukh n’en fait pas partie. Il rapatrie ses fonds au Maroc. De 2007 à 2010, la société Drapor est en pleine expansion, son chiffre d’affaires double pratiquement, pour atteindre les 384 millions de DH. De nouvelles entreprises voient le jour : le groupe Drapor World comprend lors Drapor, Rimal et Medocéan.

 A partir de 2011, rien ne va plus. Le résultat net affiche -51 millions de DH. Une enquête est ouverte, à l’issue de laquelle une plainte est déposée. Sur la base d’un rapport d’audit réalisée par la société SEGEC, dont les conclusions ont été mises en cause par la contre-expertise exécutée par l’expert judiciaire Mohamed Kabbaj, mandaté par le procureur du roi.

 Depuis le début du procès en octobre dernier, la défense de personnes poursuivies s’échine en vain à demander la liberté provisoire pour les trois inculpés emprisonnés. Elle dénonce également le rejet par le juge d’instruction du document de Mohamed Kabbaj qui disculpe certains des accusés. A suivre.

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