Mohammed VI et l'Afrique : 27 ans d'une ambition continentale
La politique africaine impulsée par le Roi Mohammed VI ne s’est jamais limitée à l’action diplomatique. Depuis plus de deux décennies, elle s’appuie sur un tissu d’entreprises nationales devenues des acteurs majeurs du développement économique du continent. Banques, télécommunications, engrais, transport aérien, BTP, immobilier, énergie ou santé : ces groupes accompagnent la vision royale en investissant durablement dans les économies africaines, faisant du secteur privé marocain l’un des principaux moteurs de la coopération Sud-Sud.
Les nombreuses tournées royales effectuées à travers l’Afrique ont profondément transformé les relations économiques entre le Maroc et ses partenaires. À chaque visite officielle, les accords institutionnels se sont accompagnés de partenariats conclus par les entreprises marocaines, créant une dynamique où diplomatie et investissement avancent de concert.
Cette approche répond à une conviction exprimée par le Roi Mohammed VI dans plusieurs discours consacrés à l’Afrique : le développement durable du continent passe par des partenariats créateurs de valeur, fondés sur le partage des compétences et des intérêts. Dans cette logique, les entreprises marocaines ne sont pas de simples investisseurs ; elles deviennent des acteurs du co-développement, contribuant au financement, à l’industrialisation, à la création d’emplois et au transfert de savoir-faire.
Le Royaume dispose aujourd’hui d’un écosystème entrepreneurial capable d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis le financement des projets jusqu’à leur réalisation, leur exploitation et leur accompagnement. Cette complémentarité explique la montée en puissance du Maroc parmi les premiers investisseurs africains sur le continent.
OCP, banques, télécoms : les locomotives marocaines
Le Groupe OCP incarne l’une des réussites les plus emblématiques de cette stratégie. À travers sa filiale OCP Africa, le leader mondial des phosphates accompagne plusieurs pays dans le développement d’une agriculture plus productive et plus durable. Fertilisation adaptée aux sols, formation des agriculteurs, recherche agronomique et partenariats industriels illustrent une approche qui dépasse largement la commercialisation d’engrais pour contribuer à la souveraineté alimentaire africaine.
Le secteur bancaire constitue un autre pilier de cette présence économique. Attijariwafa bank, Bank of Africa et le Groupe Banque Centrale Populaire ont progressivement construit l’un des réseaux financiers les plus étendus du continent. Leur rôle ne se limite pas au financement des entreprises : ils accompagnent les investissements, facilitent les échanges commerciaux et soutiennent les grands projets d’infrastructures, favorisant ainsi l’intégration économique régionale.
Dans les télécommunications, Maroc Telecom participe également à cette dynamique grâce à ses filiales implantées dans plusieurs pays africains. En développant les réseaux numériques, les services mobiles et les solutions de connectivité, le groupe contribue à réduire la fracture numérique tout en accompagnant la transformation digitale des économies africaines.
Une présence multisectorielle au service du développement
L’expansion des groupes marocains ne se limite pas aux secteurs historiques de la banque ou des télécommunications. Les entreprises du BTP accompagnent la réalisation de routes, de ports, d’ouvrages hydrauliques et d’infrastructures industrielles qui renforcent la compétitivité des économies africaines. Les promoteurs immobiliers participent à la construction de logements, de zones d’activités et de projets urbains, tandis que les opérateurs de l’énergie développent des centrales électriques et des solutions renouvelables répondant aux besoins croissants du continent.
Au-delà de leurs performances économiques, ces groupes favorisent également les transferts de compétences, la création d’emplois qualifiés et l’émergence de fournisseurs locaux. Ils participent ainsi à la structuration de véritables écosystèmes industriels et de services, indispensables à la montée en gamme des économies africaines.
La présence croissante des champions marocains sur le continent illustre l’évolution de la politique africaine du Royaume. Les entreprises sont devenues les relais opérationnels d’une vision portée au plus haut niveau de l’État, où la coopération économique s’appuie sur des investissements durables plutôt que sur des relations d’assistance.
Vingt-sept ans après le lancement de cette stratégie, le bilan dépasse largement les performances de quelques grandes entreprises. Il traduit l’émergence d’un modèle original de coopération Sud-Sud dans lequel le secteur privé devient un acteur majeur du développement continental.











