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AFRICA CEO FORUM : Cap sur l’accroissement du commerce intra-africain

Lors de la 4ème édition d’Africa Ceo Forum à Abidjan, les 21 et 22 mars, sur le thème «Nouvelles réalités, nouvelles priorités», nombre de sujets ont été débattus au cours de panels sur les voies et moyens pour l’Afrique d’amortir les effets du ralentissement de la croissance mondiale.

africa-ceo-forum-awardsLes pays africains devront booster les échanges commerciaux entre eux pour faire face aux écueils liés à la baisse des cours mondiaux des matières première. Le monde africain des affaires en est convaincu. Des personnalités de premier plan issues d’institutions et du secteur privé du continent ont insisté là-dessus lors du panel qu’ils ont animé, le 22 mars 2016, à l’occasion de la 4ème édition d’Africa Ceo Forum qui s’est tenue à Abidjan, les 21 et 22 mars 2015.

William Ruto, vice-Président du Kenya, Adesina Akinwumi, Président de la Banque africaine de développement (BAD) et Aliko Dangote, richissime homme d’affaires nigérian, sont tous les trois d’accord sur les bienfaits de l’intégration pour amortir les chocs mondiaux et la chute des prix des matières premières. «Au lieu de nous soucier des petits problèmes comme les crises liées aux matières premières, nous devrions examiner l’intégration régionale», préconise le vice-Président kenyan. Il ne trouve pas normal que les échanges intra-africains ne représentent que 15% du commerce global du continent.

Pour que l’intégration régionale s’accélère, les trois personnalités appellent de leurs vœux que les Etats africains lèvent toutes les entraves. Cela commence par la maîtrise des coûts du transport. Les autres obstacles tels que les barrières tarifaires, les problèmes de visas, les lourdeurs administratives doivent être également en tête des priorités.

Cette interpellation, bien entendu, s’adresse aux dirigeants des Etats. A qui le Président de la BAD demande «d’abattre les murs qui séparent les pays». «Nous avons besoin de marchés plus grands et plus ouverts!», implore-t-il.

Sur ce sujet, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, dans un panel avec son homologue ghanéen, John Dramani Mahama, a invité le Nigeria «leadeur naturel de l’ouest africain à jouer son rôle pour que ce marché de 300 millions de personnes se développe de manière harmonieuse».

L’intégration régionale exige que les moyens de communication se développent mais soient également d’un bon niveau. D’où l’invitation du vice-Président kenyan à «développer notre potentiel d’infrastructures au niveau régional».

L’annonce ivoirienne

La Côte d’Ivoire a saisi l’opportunité de l’édition 2016 de l’Africa Ceo Forum pour annoncer une bourse de 12 projets prioritaires du nouveau Plan national de développement (PND) à réaliser sous la forme de Partenariat Public-Privé. Ces projets sont d’un montant global d’environ 5,3 milliards de dollars US. Ils sont repartis dans 7 secteurs-clés : énergie, transports, industrie, infrastructures, ressources animales et halieutiques, commerce, artisanat, entreprenariat et PME.

Pour que les choses se passent de façon beaucoup plus favorable au niveau de l’intégration régionale, Aliko Dangote propose que les économies africaines mettent en place «une intégration en amont». Il s’agit de connecter les industries aux matières de base. Mettre, par exemple, en étroite connexion les producteurs de coton aux fabricants de textiles. «Plus vous négociez avec vous-mêmes, moins vous êtes exposés à des chocs mondiaux», qui donnent des signaux qui interpellent partenaires publics et privés sur une tendance tiède après la bonne croissance des dix dernières années.

Pour conjurer cette tiédeur, le sempiternel remède reste l’industrialisation de l’Afrique. Les panélistes ne pouvaient pas ne pas en parler à une rencontre sur le sujet de l’intégration. Pour le patron de la BAD, «il est temps qu’on industrialise l’économie africaine». Puisque le Forum se tient en Côte d’Ivoire, il a pris l’exemple de l’économie du cacao pour illustrer le problème. Sa constatation est que l’Afrique représente à peine 2% des revenus de l’industrie du cacao, alors qu’elle produit les 70% du cacao mondial.

Certainement interpellés, les Présidents, Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et John Dramani Mahama du Ghana, ont montré leur convergence sur la nécessité de performer la transformation, en produits finis, du cacao dont les deux pays produisent les 60% au niveau mondial. Le Président ivoirien propose même la création d’«une sorte d’OPEP du cacao» pour aller au-delà du beurre du cacao en produisant le chocolat.

Le chiffre

L’édition 2016 d’Africa Ceo Forum a enregistré plus de 1000 participants venus de 63 pays, dont 43 pays africains. Ce sont en majorité, des dirigeants de grandes entreprises de l’Afrique, des banquiers, etc. plus de 40 journalistes ont couvert l’événement.

Mais, problème. Les pays africains sont confrontés à un déficit énergétique. Aussi, pour que l’industrie prenne véritablement son envol, faut-il qu’ils résolvent cette équation. Le président de la BAD n’a pas manqué de le rappeler. Là aussi, un appel est fait au secteur privé que le Président Ouattara souhaite «fort et responsable». Il compte sur la firme américaine General Electric et d’autres investisseurs tels que l’homme d’affaires nigérian, DangoteAliko pour doubler les capacités énergétiques de son pays, en passant de 2000 à 4000 MW en 2020.

L’OGRE DANGOTE

Dangote, il y a eu deux chefs d’Etat et un vice-Président aux travaux de la 4ème édition d’AfricaCeo Forum. C’est très important ! Mais, la grande attraction, c’était bien DangoteAliko. Le richissime homme d’affaires nigérian – le dernier classement du magazine Forbes fait de lui l’africain le plus riche et la 51e fortune mondiale estimée à 15,4 milliards de dollars US. Il était pour la première fois à ce forum. Il a fait l’objet de sollicitations. Et il a parlé. Morceaux choisis. «Les temps sont durs, mais les temps durs apporteront des opportunités… Les challenges auxquels font face les économies africaines offrent une opportunité pour aller de l’avant». Pour lui «c’est le meilleur moment d’investir et de faire des acquisitions, parce que les prix des actifs sont en recul et les bonnes affaires sont nombreuses». D’où cet appel : «si nous ne le faisons pas et ne donnons pas l’exemple, personne d’autre ne viendra investir en Afrique». En ce qui le concerne, il donne l’exemple. A Abidjan, il a révélé que son Groupe va investir 18 milliards de dollars US d’ici à 2020 dans 18 pays africains. Les secteurs concernés sont, entre autres, le ciment, l’agriculture, le raffinage et la pétrochimie. Il déploie un plan d’investissement au Nigeria dans le secteur du sucre pour rendre le pays autosuffisant. On l’a vu très proche du couple Ouattara pendant et en marge du Forum… s’intéresser à la Fondation de la Première dame, Children of Africa. Ce ne serait pas une surprise si on entendait parler de grands projets d’investissement de son conglomérat en Côte d’Ivoire dans les prochaines semaines. On sait qu’il a cette velléité depuis un certain temps.
A la tribune de Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le Président ivoirien l’a invité à appuyer le pays dans sa production énergétique.

En tout cas, beaucoup pense que sa participation à ce forum à Abidjan n’est pas fortuite.

L’OMBRE DES ATTENTATS

Comme il fallait s’y attendre, les attentats terroristes de Grand-Bassam qui se sont déroulés huit jours plus tôt, n’ont pas été oubliés au forum. On y a fait souvent allusion.

C’est le Président Ouattara qui le premier en a parlé en remerciant les organisateurs du Forum pour avoir maintenu l’événement aux dates prévues malgré ces attaques. «Votre présence à Abidjan est un témoignage supplémentaire de votre engagement à accompagner la Côte d’Ivoire, qui ne veut pas laisser de tels actes freiner sa marche vers l’émergence», a-t-il déclaré entre autres dans son allocution d’ouverture. 

Au cours du panel que les chefs d’Etat ivoirien et ghanéen ont animé, le 22 mars, ils ont abordé la question de la sécurité sous l’angle de la coopération qui doit être renforcée. Alassane Ouattara et John Dramani Mahama souhaitent un partage des informations et des moyens anti-terroristes. Le premier considère que le défi est grand parce que tous les pays de la sous-région sont concernés. A telle enseigne que cela rend difficile la situation. Mais il pense qu’on ne devrait pas se décourager. «Le défi, c’est que ces actes ne nous amènent pas à renoncer à cette volonté d’intégration régionale», a-t-il prévenu.

LA FETE DES MEILLEURS

Comme pour les éditions précédentes, Africa Ceo Forum a été marquée, le 21 au soir, par le dîner de gala dont le plat de résistance est la distinction des meilleurs chefs d’entreprise et Groupes africains.

Cette année le prix le plus prestigieux, le «Ceo of the year», a été enlevé par le Nigérian, Oba Otudeko, Président de Honey-Well Group.

Entreprises Primées«Le meilleur chef d’entreprise 2016» est un investisseur de premier plan au Nigéria ainsi qu’à l’extérieur du pays dans une multitude de secteurs d’activités. Au nombre desquels, l’électricité et la banque.

Le richissime homme d’affaires, se félicitant de cette distinction, a estimé qu’il considère ce prix comme une récompense de l’engagement de son Groupe. «Notre futur est prometteur, et nous appartient à tous ! », a-t-il soutenu entre autres après avoir dédié le Prix à l’ensemble de ses collaborateurs. Parce que c’est grâce à tout le monde que la compagnie qu’il dirige «est devenue une référence en Afrique». 

Le pays hôte de l’édition 2016 d’Africa Ceo Forum n’est pas sorti bredouille de la fête des Awards. Le Prix du Jeune dirigeant de l’année, «Young Ceo of the year»,  a été remporté par   l’Ivoirien Sébastien Kadio-Morokro, Directeur général de la société de distribution de produits pétroliers, Pétro-ivoire.

Cette distinction a été créée cette année pour récompenser le chef d’entreprise africain âgé de moins de 40 ans et qui dirige une entreprise emblématique à fort potentiel.

Fier d’avoir été honoré, Kadio-Morokro considère son prix comme «un bel encouragement pour la jeunesse en Côte d’Ivoire».

Au niveau des entreprises, ce sont quatre groupes qui ont été distingués. Ainsi Dangote Group a été déclaré meilleure entreprise africaine de l’année. C’est le Directeur général, Tony Chiejina qui a brandi cet énième trophée (l’African company of the year) de cette société.   

S’il y a une autre distinction qui intéresse la Côte d’Ivoire, c’est bien le cas de la firme Heineken. Cette entreprise est en plein investissement actuellement dans le pays. Elle réalise une brasserie dans la nouvelle zone industrielle située à une vingtaine de kilomètres au nord d’Abidjan. L’entreprise a remporté le prix «International Corporation of the year» grâce à la meilleure croissance qu’elle a réalisée sur le continent au cours des dernières années. Ce qui lui a permis de maintenir sa position de leader dans 13 pays africains.

La société de capital-investissement qui a réalisé le plus grand nombre d’opérations significatives durant les deux dernières années en Afrique est Emerging Capital Partners (ECP). Cela lui a valu d’être récompensée à la soirée des Awards, du Prix «PrivateEquityInvestor of the year».

Toujours dans le domaine de la finance, le Prix de la meilleure Banque africaine de l’année est revenu à BGFI Bank. C’est elle qui a fait preuve de la meilleure stratégie de croissance et d’engagement dans le financement d’entreprises africaines.

Cette banque, faut-il le noter, est le premier Groupe financier sur le marché de l’Afrique centrale (zone Cemac).

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