A l’issue d’une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite du 26 mars au 8 avril à Antananarivo, au titre de la troisième et la quatrième revue du programme économique dans le cadre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD), les experts du Fonds ont brossé un compte-rendu dans un communiqué publié jeudi 9 avril. Sous réserve d’un accord avec les autorités sur les revues et de l’approbation ultérieure par le Conseil d’administration du FMI, Madagascar pourrait bénéficier d’un décaissement total de 183 millions de dollars.
Dans leur diagnostic, les experts du FMI relèvent les chocs externes qui pèsent sur l’économie du pays à cause de la situation géopolitique internationale, notamment la guerre au Moyen-Orient. Ils érodent les marges de manœuvre des politiques publiques dans un contexte des pressions budgétaires toujours croissantes. En 2025, le déficit budgétaire a été nettement inférieur aux prévisions, car des tensions sur la trésorerie ont entraîné une forte régulation des dépenses.
Le nouveau gouvernement a commencé à réorienter les projets d’investissement pour mieux les aligner sur ses priorités stratégiques. En parallèle, les recettes fiscales ont été significativement en-dessous des prévisions. Les autorités se sont engagées à accroître les efforts de mobilisation des recettes intérieures, ce qui devrait se traduire dans la prochaine loi de finances rectificative pour 2026, souligne la mission du FMI qui prescrit au passage une ordonnance au gouvernement : «dans le contexte actuel d’incertitude accrue, il est essentiel d’élaborer des mesures de contingence, afin de préserver la crédibilité budgétaire d’une part, et permettre au taux de change de jouer son rôle d’amortisseur des chocs externes, gage de viabilité externe d’autre part. La banque centrale doit maintenir une politique monétaire restrictive pour protéger l’économie contre les pressions inflationnistes émergentes.»
Comme à l’accoutumée, les experts du FMI ont souligné l’importance du maintien de l’application d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants suite à la pause en cours, afin de limiter l’impact de la forte hausse des cours du pétrole sur le budget, condition essentielle pour dégager des ressources afin de financer les vastes besoins de développement du pays. Par ailleurs, l’équipe du FMI salue également l’ambition des autorités de développer les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles.
La mission du FMI a mis en avant la nécessité urgente de déployer des mesures compensatoires bien ciblées pour protéger les ménages vulnérables face à la hausse des prix à la pompe et aux mesures de rationalisation des dépenses fiscales. Le succès du plan de relance économique initié par le gouvernement axé sur la création d’emplois dans les secteurs de l’énergie, l’agro-industrie, le textile, le tourisme et les TIC, dépend de l’avancement des réformes structurelles de lutte contre la corruption, rappellent les experts du Fonds.





Madagascar




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