Pour les industriels sud-africains de sucre, l’augmentation des taxes qui entrera en vigueur le 1er avril prochain sera particulièrement amère. «Elle risque de porter un nouveau coup majeur à l’industrie sucrière», s’alarme le Bureau pour les politiques agricoles et alimentaires dans un rapport commandité par l’Association sud-africaine du sucre.
La mesure présentée par le gouvernement comme un moyen de lutte contre l’obésité, devrait permettre à Prétoria de collecter 2,31 cents par gramme sur les boissons présentant un taux de sucre supérieur à 4 grammes pour 100 millilitres contre 2,21 cents jusqu’ici.
D’après l’Association sud-africaine du sucre, cette augmentation devrait ajouter de nouvelles difficultés pour des acteurs qui essaient de composer avec l’instauration d’une taxe exceptionnelle sur le sucre en 2018. Selon les prévisions de l’interprofession du sucre, la demande de sucre banc raffiné devrait chuter de 160.000 tonnes supplémentaires, soit 11 % du volume total absorbé par le marché d’ici 2025 dans l’hypothèse de l’accélération par les fabricants de boissons de la réduction de la quantité de sucre dans leur formulation, au profit d’édulcorants artificiels. En conséquence, l’industrie devrait enregistrer annuellement, un manque à gagner de l’ordre de 600 millions de rands sur les deux prochaines années.
Déjà depuis 2018, les industriels de soft drinks estiment que la taxe « anti-obésité » lui ont fait perdre 8 milliards de rands (445 millions de dollars) de revenus et a fait disparaître 10.000 emplois, en plus de la fermeture de deux usines.
Dans un scénario de long terme, l’association sud-africaine du sucre estime que le prélèvement fiscal, la perte de compétitivité liée aux importations depuis Eswatini et à la hausse des coûts de production devraient contracter la superficie emblavée de canne de 54.000 hectares et contribuer à la suppression de 9 151 emplois d’ici 2031.
Globalement, la nouvelle hausse de la taxe pourrait paraître paradoxale dans un contexte où le gouvernement soutient les efforts déployés par l’industrie du sucre dans le cadre de son plan directeur s’étendant sur la période 2020-2030. La feuille de route est censée redonner un nouveau souffle au secteur à travers une augmentation de la production, mais aussi une diversification des sources de revenus vers les biocombustibles.
Pour rappel, l’Afrique du Sud affiche l’une des consommations de sucre par habitant les plus élevées du continent avec 45 kg par an et par habitant, soit plus du double de la moyenne continentale (17,2 kg).





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