Dans le cadre de la consultation menée au titre du chapitre IV des statuts du Fonds monétaire international (FMI), une équipe d’experts de l’institution conduite par Calixte Ahokpossi a séjourné à Kinshasa du 23 avril au 6 mai, pour l’examen des programmes soutenus par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) du FMI. Voici le résumé des discussions avec le gouvernement congolais et du constat dressé par l’équipe du Fonds au terme de sa mission.
Selon le FMI, l’activité économique demeure résiliente avec une croissance du PIB réel supérieure à 5,5 % en 2025 et en 2026, portée par un dynamisme dans la construction, les services et l’agriculture, compensant largement un léger ralentissement du secteur extractif. Côté monétaire, le taux de change du franc congolais est resté stable depuis fin 2025, soutenu notamment par la réduction du déficit du compte courant grâce à la remontée des prix à l’exportation des minerais, même si ces gains ont été partiellement annulés par la flambée des cours du pétrole.
Le renforcement progressif de la stabilité extérieure a soutenu la reconstitution des réserves de change, qui ont atteint 8,8 milliards de dollars fin mars 2026, un niveau toutefois légèrement en dessous du seuil d’adéquation conventionnel de trois mois d’importations recommandé par le FMI.
L’inflation annuelle est restée contenue à 2,5 %, bien en deçà de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale, mais elle pourrait légèrement augmenter dans les prochains mois suite à la flambée des prix des carburants à la pompe, conséquence du conflit au Moyen-Orient. Dans ce contexte, et compte tenu des baisses de taux directeurs de 17,5 % à 15 % et 13,5 % respectivement en janvier et avril 2026, la mission a exhorté la Banque centrale du Congo à rester prudente dans la conduite de sa politique monétaire.
La mission du FMI relève que la persistance du conflit armé dans les provinces du Grand Kivu continue de peser sur les finances publiques, notamment en raison de l’intensification des initiatives de mobilisation diplomatique et socio-politique. De ce fait, le plafond du déficit budgétaire intérieur à fin décembre 2025 a été dépassé de 0,6 point de pourcentage du PIB, malgré des rentrées fiscales bien meilleures que prévu. Des mesures correctives axées sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et l’intensification des efforts de rationalisation des dépenses non prioritaires, seront au cœur du budget rectificatif 2026, qui comprendra également des investissements supplémentaires financés par la récente émission d’euro-obligations et des mesures visant à atténuer les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Attention à la multiplication des icebergs budgétaires
La mission salue le succès de la première émission d’euro-obligations du pays, qui contribuera à stimuler l’investissement productif tout en offrant une alternative aux financements nationaux. Elle exhorte les autorités à garantir une utilisation transparente et efficace des fonds levés. A cet égard, le strict respect des garanties établies sera crucial, de même que la consolidation des progrès significatifs accomplis dans la modernisation de la gestion des finances publiques, notamment la mise en œuvre, depuis février 2026, de la Direction Générale du Trésor et la décentralisation de l’autorisation des dépenses vers quatre ministères pilotes.
Afin d’améliorer encore la transparence et l’efficacité de l’utilisation des ressources publiques, des efforts supplémentaires sont nécessaires, souligne le FMI. Il s’agit de limiter au strict minimum, le recours aux procédures de dépenses d’urgence et de parachever le déploiement du compte unique du Trésor. Les experts du Fonds insistent également sur l’amélioration du contrôle des fonds spéciaux et des entreprises publiques.
La mission du Fonds monétaire international appelle enfin à redoubler d’efforts pour améliorer la qualité et le niveau des dépenses sociales, accélérer les réformes du marché du travail, améliorer le climat des affaires et lutter plus efficacement contre la corruption et le blanchiment d’argent.





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