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Amadou Dieng : « Je ne fais pas de la peinture africaine, mais je suis un africain qui fait de la peinture ».

Amadou Dieng, artiste-peintre

Amadou Dieng, artiste-peintre

Amadou Dieng, plasticien sénégalais est en résidence artistique à Casablanca. Il travaille à des œuvres destinées à une prochaine exposition. Afrimag a rencontré cet artiste et vous plonge dans son univers.

Il est depuis peu résident casablancais. Mais, d’ors et déjà, il a pris ses habitudes. « Je rends fréquemment visite à des amis artistes dans la médina, des personnes que j’ai connues durant le Festival d’Assilah, avec lesquelles j’ai gardé le contact », raconte Amadou Dieng. Il se présente comme un plasticien autodidacte, qui allie aussi bien les ouvrages picturaux, de sculpture que de décoration de productions cinématographiques ; pour ne citer que son ouvrage dans « Hyènes » du cinéaste Djibril Diop Mambetty.

En résidence artistique, par l’entremise du mécène marocain Abdou Jaidi, Amadou Dieng : « un coup de cœur entre deux personnes », commente l’artiste. Il envisage cette relation comme : « un passage, durant lequel je laisserais des empreintes. Il s’agit pour moi, de faire preuve de constance dans cet engagement ».

Il n’en est pas à son premier séjour marocain. Il a en effet participé aux deux dernières éditions du Festival d’Assilah, de 2013 et 2014. « Suite à des invitations », ne manque-t-il pas de préciser. Il confie que l’artiste marocain Mohamed Mourabati s’est entiché de son travail. Ce dernier avait effectué une visite au Village des Arts de Dakar. Un site qui s’établit sur quatre hectares. Depuis 35 ans, une cinquantaine d’artistes l’occupe. « Il a été foudroyé par mes travaux, c’est à travers lui, que trois mois plus tard, j’ai été convié au Festival d’Assilah », dit l’artiste sénégalais.

Il nous parle de ce village. « Nous sommes des ambassadeurs, nous créons le beau. J’ai cherché à m’épanouir de mon art ». Et de clamer : « je ne fais pas de la peinture africaine, mais je suis un africain qui fait de la peinture ». Il s’explique : « quand je suis devant une toile, toute dimension de préconception s’éloigne de moi. Une seule envie me reste, commencer par le désordre et finir dans l’ordre ». Il précise d’avantage sa pensée : « je ne peins pas pour l’esprit, je lui parle, je parle de la personnalité propre de l’art ». Et là, il fait un distinguo : « l’art n’est pas l’artisanat, l’artisanat est par essence géographique. Tandis que l’art, lui, est universel ».

Sa conception de son art, il ne la doit qu’à sa propre expérience.

Né en 1951, dans la médina de Dakar, il entame une première année à la faculté de droit. Mais très vite, il abandonne cette formation académique. L’année 1979 représente un tournant dans sa vie, une période où il exerçait au sein d’une imprimerie. Le contact avec la couleur s’établit. « Je manipulais cinq teintes. Subitement, j’ai commencé à dessiner sur du papier Canson. C’était encore plus abstrait par rapport à ce que je réalise aujourd’hui », raconte-t-il.

Puis, une rencontre avec le responsable d’un grand établissement hôtelier de Dakar. Ce dernier propose à l’artiste d’exposer ses œuvres. « Je ne disposais que de cinq dessins », se remémore-t-il. Il connut alors un succès fulgurant. Il enchaîne ensuite des expositions. En 1990, il se produit avec François Marc Faivre à la Galerie nationale d’art de Dakar. Une année plus tard, il récidive avec Claire Jegou à la Galerie des artistes, toujours dans la capitale sénégalaise. En 1994, un symposium est organisé à Saint-Anton, qui réunit des artistes suisses et sénégalais. Ils exposent également à Zurich au Rote Fabric. Amadou Dieng mélange les supports de création an fonction de ses impulsions. C’est ainsi qu’il participe au symposium international de sculpture en Suisse, en 1996. Organisé par Noldi Vogler, sur les 15 pays participants, Amadou Dieng représentait le continent africain. Il s’y distingua avec sa sculpture en bois et en fer, intitulée « Union ».

Amadou Dieng poursuit son chemin introspectif au gré des rencontres et des émotions. Un artiste pour qui, l’art est universel et ignore les clivages géographiques.

Amadou Dieng Arts plastiques Peinture

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