Le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, Président de la Transition burkinabè
Une commission mandatée début février par la junte militaire au Burkina Faso, a proposé une transition de 30 mois avant un retour à l’ordre constitutionnel, rapporte l’AFP qui cite une source militaire proche de la Présidence.
Dans son rapport, la commission propose une transition de deux ans et demi dirigée par le chef de la junte, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ainsi que la mise en place d’un gouvernement et d’un organe législatif restreints composés respectivement de 20 et 51 membres maximum.
Un projet de charte et d’agenda de la transition ont été présentés mercredi 24 février au chef de la junte. Ils seront ensuite soumis à la hiérarchie militaire et aux «forces vives» du pays – partis, syndicats et organisations de la société civile pour validation.
La Cédéao, qui a suspendu le Burkina Faso de l’organisation le 28 janvier en raison du coup d’Etat ayant renversé le Président élu Roch Marc Christian Kaboré, avait demandé à la junte de présenter un calendrier «raisonnable pour le retour à l’ordre constitutionnel».
La durée des transitions est au cœur des négociations entre les pays de la région touchés par les putschs et la Cédéao qui réclame qu’elles soient les plus courtes possible. Elle a rejeté celle de cinq ans exigés par le Mali et ne cesse de réclamer un calendrier à la Guinée dont la junte refuse de se voir imposer tout délai.
«Une transition de 30 mois semble trop juste pour sortir ce pays de cette insécurité qu’on vit depuis six ans», a estimé Salam Sampougdou, membre de la Coalition pour une transition réussie qui regroupe un aéropage d’ONG qui soutiennent la junte. «Il aurait fallu prévoir une option pour une prolongation de la durée de la transition», déclare-t-il à l’AFP. Le parti de l’ancien Président déchu par les militaires n’a pas encore réagi au rapport de la commission.





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