À la mi-journée de ce dimanche 12 avril, le scrutin présidentiel se déroule dans le calme à travers le pays. Nos envoyés spéciaux font état d’une participation notable depuis l’ouverture des bureaux de vote, avec une dynamique particulièrement marquée dans les départements ruraux. De Gogounou (Alibori) à Dogbo (Couffo) en passant par Zagnanado (Zou), observation d’une matinée électorale rythmée par les habitudes locales.
Plusieurs bureaux font le plein à la mi-journée
À Gogounou, dans le département de l’Alibori, les cours d’écoles ont connu leur plus forte affluence aux toutes premières heures de la matinée. Dans cette région septentrionale où le pastoralisme rythme le quotidien, l’objectif premier des habitants était de devancer la montée des températures. « Je suis venu m’aligner depuis 6h30. Avec le soleil qui frappe vite ici, il vaut mieux voter à la fraîche. Comme il n’y a pas d’activité au champ aujourd’hui, je vais juste rentrer m’occuper de mes bêtes à la maison », explique Orou, éleveur, l’index marqué par l’encre indélébile.
Même constat d’engouement matinal plus au sud, à Dogbo, dans le Couffo. La commune s’est réveillée dans un silence inhabituel, l’animation des marchés étant suspendue en ce jour de scrutin. Ce ralentissement général de l’activité économique a incité de nombreux électeurs à accomplir très tôt leur devoir citoyen. « Les affaires sont en pause aujourd’hui. On vient faire notre choix d’abord, on rentre s’asseoir à la maison et on écoute la radio », glisse Afiavi, coutumière du calme qui caractérise les dimanches électoraux au Bénin.
À Zagnanado (Zou), zone à forte tradition chrétienne, les bureaux ont enregistré une première vague d’électeurs à 7 heures, suivie d’un afflux massif et simultané peu avant midi. Un phénomène sociologique classique : le vote de sortie de messe. « Le prêtre a prié pour la paix du pays ce matin. On a quitté la paroisse pour venir directement ici ensemble. On glisse le bulletin, on rentre préparer le repas en famille et on attend », raconte Marcelline, patientant dans la file avec d’autres fidèles.
L’enthousiasme est palpable : plusieurs bureaux avaient fait le plein à la mi-journée, témoignant de l’intérêt des électeurs pour une campagne présidentielle qui va désormais décider du leadership pour 7 ans désormais.
Le test d’une transition historique
À l’échelle nationale, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a pris la parole la veille pour rassurer sur le déploiement du matériel et inviter les citoyens à maintenir ce climat apaisé qui a caractérisé la campagne.
L’enjeu du jour est historique : ce scrutin vient clore l’ère Patrice Talon. Après deux mandats marqués par de lourdes réformes structurelles, le chef de l’État sortant passe le relais, ancrant le respect de la limitation constitutionnelle des mandats.
Dans les rangs, sous les tentes ou à l’ombre des arbres, les discussions à voix basse reflètent les débats de la campagne qui vient de s’achever. Le candidat de la mouvance, Romuald Wadagni, polarise une grande partie des attentions. L’ancien ministre des Finances a mené une campagne de terrain intense, tentant d’adoucir son profil de technocrate par des promesses sociales fortes. La création annoncée d’une pension de retraite pour les agriculteurs, notamment, a capté l’attention de l’électorat rural.
Toutefois, les électeurs rencontrés ce matin affichent un pragmatisme assumé. Confronté aux conditions de vie difficiles du monde paysan, cet électorat prévient d’ores et déjà qu’il jugera sur pièce, et qu’il attendra le prochain locataire de la Marina au tournant sur la concrétisation rapide de ces engagements sociaux.
Les bureaux de vote fermeront leurs portes en fin de journée, avant le début des opérations de dépouillement.
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