Une session conjointe de l’Assemblée nationale et du Sénat a commencé jeudi 2 avril à examiner un projet de loi controversé d’amendement constitutionnel qui réintroduirait le poste de vice-Président. Ce dernier pourrait achever le mandat du Président Paul Biya, 93 ans, en cas de décès ou d’incapacité. Il n’aurait aucune obligation d’organiser une élection présidentielle. Tous les ingrédients d’une déflagration sont réunis

Selon le projet de loi consulté par l’agence Reuters, le vice-Président serait nommé et révoqué par le Président, et son mandat ne pourrait excéder la durée du mandat présidentiel de sept ans. Le texte stipule que le vice-Président poursuivrait le mandat restant du chef d’État sortant en cas de décès, de démission ou d’incapacité permanente de ce dernier. Il est également précisé que le Président par intérim ne serait pas en mesure de déclencher une révision constitutionnelle, ni de se présenter à une élection.
Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya est le plus vieux chef de l’Etat en exercice au monde. Toute discussion publique concernant sa santé est interdite. La dernière grande révision constitutionnelle de 2008, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels, a déclenché des manifestations qui ont été violemment réprimées par les forces de sécurité. Le gouvernement affirme que le rôle de vice-Président vise à assurer la continuité de l’Etat en cas de vacance du poste présidentiel.
Par le passé, des parlementaires de l’opposition ont critiqué les amendements de la constitution renforçant le pouvoir exécutif, arguant qu’ils affaiblissent les mécanismes de contrôle et d’équilibre démocratiques. Le Mouvement démocratique populaire camerounais (MDP), parti au pouvoir, détient une majorité écrasante dans les deux chambres du Parlement, ce qui rend l’adoption du projet de loi dans sa forme actuelle hautement probable. La vice-présidence existait au Cameroun jusqu’en 1972, date à laquelle elle a été abolie à la suite d’un référendum constitutionnel et la réunification du pays ayant entraîné la suppression de deux fédérations.






![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)




