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Comores : L’ambition présidentielle d’Azali Assoumani à la tête de l’Union africaine contestée !

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Le président des Comores Azali Assoumani vise la présidence de l’Union africaine (UA), mais l’environnement socio-économico-politique dans son propre pays est loin d’être rose. L’opposant Saïd Larifou le dénonce vigoureusement à la Conférence pour la Paix, le 11 octobre dernier.

Le mandat du président sénégalais Macky Sall à la tête de l’Union africaine prend fin en février 2023. Le président de l’Union africaine est choisi par la conférence des États membres pour une période d’un an. Depuis quelques mois, le président comorien Azali Assoumani ne cache pas ses ambitions de succéder à son homologue sénégalais et envoie dans différentes capitales des pays africains des émissaires dans cet objectif.

A Accra (Ghana) durant l’Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) en mai, à Paris (France) à la célébration du 14 juillet, à Tunis (Tunisie) lors de la 18ème conférence de TICAD en août, aux obsèques de la Reine Elizabeth II en Angleterre et à New-York (USA) à l’Assemblée générale des Nations-Unies tout récemment.  Le colonel Azali Assoumani qui dirige l’archipel ne rate pas une occasion de se faire connaître sur le plan international. 

A la tête du pays par un coup d’État de 1999 à 2006, élu en 2016, l’ancien putschiste a engagé une réforme constitutionnelle par référendum en 2018. Qui étend d’un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée par rotation à un natif de chacune des trois îles de l’archipel (Grande-Comores, Mohéli, Anjouan). Après cette constitution controversée, il est réélu par des présidentielles anticipées le 24 mars 2019 et pourrait rester au pouvoir jusqu’en… 2029.

L’opposition conteste

Dès son élection en 2019, l’opposition conteste. Le Conseil National de Transition (CNT) regroupant des partis d’opposition et des forces vives ainsi que des Comoriens établis à l’étranger se mobilise. Il ne considère plus le colonel Azali Assoumani comme président légal depuis  le 26 mai 2021, fin de mandat de 5 ans de son élection en mai 2018, qualifiant de caduc le référendum du 30 juillet 2018. Les tenants du pouvoir et l’opposition s’entredéchirent, même si Mouigni Baraka Said (ancien gouverneur de la Grande –Comores), une personnalité du CNT a eu un entretien avec le président Azali Assoumani le 10 septembre dernier.

Le CNT dénonce la gouvernance non démocratique du colonel Azali Assoumani « basée sur la non tolérance aux détournements des deniers publics et à l’arbitraire ». L’on cite des opposants tués en toute impunité, mais il y a un cas flagrant. Il s’agit de la détention depuis plus de quatre ans, sans jugement, de l’ancien président comorien Ahmed Abdallah Mohamed Sambi inculpé de corruption. Sa demande de libération a fait l’objet d’un mouvement d’une Coalition internationale des membres de la société civile. Le 13 août 2022, interviewé par l’hebdomadaire Jeune Afrique, Azali Assoumani avance que le procès de son adversaire pourrait s’ouvrir dans les prochains mois. Plus d’un mois plus tard, en septembre dernier, des membres de la diaspora comorienne à New York brandissaient des banderoles réclamant encore la libération d’Ahmed Abdallah Sambi, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Pour éviter les arrestations et assassinats, c’est à l’extérieur des Comores que les opposants se mobilisent. Les forces vives et le CNT des Comores ont intensifié ses actions diplomatiques et de sensibilisation de l’opinion internationale sur les drames que le colonel président fait subir au peuple comorien. Citons entre autres des manifestations périodiques à Marseille, une conférence à Bruxelles en mars 2022, une autre au Sénégal en janvier 2022 suivie d’une lettre au président de l’Union africaine et aussi l’implication auprès de l’ONG Wanaba d’Afrique dont le président n’est autre que Me Saïd Larifou, président de Ridja et militant du CNT.

Pas plus tard que le 11 octobre 2022, lors de la « Conférence internationale pour la Paix »  organisée par le parti communiste français (PCF) à Montreuil (France), il y a eu des témoignages des pays comme l’Ukraine, l’Afghanistan, la Colombie et aussi les Comores. Sur l’Archipel, l’opposant Saïd Larifou témoigne la mauvaise gouvernance en cours et pointe du doigt le président comorien : « En 5 ans, il (ndlr : Azali Assoumani) a tué 35 opposants politiques et il n’est jamais traduit en justice (…) En 2023, l’Union africaine risquera d’être dirigé par un dictateur, puisqu’il est actuellement le candidat potentiel. Comment pouvez-vous imaginer le développement de l’Afrique, un continent riche s’il est dirigé par un ennemi de la démocratie et de l’État de droit ? »

Le fils d’Azali dans Pandora Papers 

D’autres initiatives sont en cours en Afrique pour rassembler des organisations, des  personnalités et des partis politiques progressistes pour demander à la communauté internationale d’accompagner le peuple comorien dans son aspiration pour une alternance démocratique et pacifique.

La situation économique de l’Archipel n’est pas rose. La vie est de plus en plus chère aux Comores, notamment le riz, produit de première nécessité. De plus, le Projet Pêche n’a pas eu de suite, sans parler des conséquences sociales de la pandémie de Covid-19.

Fin 2019 s’est tenue à Paris une conférence des bailleurs pour les Comores avec une promesse d’appui d’une somme de 4 milliards de dollars, mais jusqu’à maintenant peu d’argent seulement était débloqué. Ce que le régime tente à tout prix de rattraper…  

La crédibilité du régime Azali est en plus affectée en octobre 2021  par l’enquête dite Pandora Papers menée par le Consortium International des Journalistes d’Investigation. Du fait que son fils ainé, Nour El Fath Azali figure parmi les personnes ayant des sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

 

 

 

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Un commentaire

  1. Tierientiew le

    Un régime dictatorial, violent, et n’apportant que le chaos social aux Comores ne peut prétendre à la présidence de l’U.A, ce serait une hérésie politique, et condamnable moralement. Il faut se poser les questions suivantes : quel exemple de bonne gouvernance économique ce putschiste addictif peut-il présenter aux intelligences africaines alors que la population meurt de faim, ne sachant se maintenir au pouvoir que par la force d’une « milice armée » quelle image peut-il donner de la Liberté et donc de la Démocratie, comment peut-il avoir l’audace de poser sa candidature alors que la corruption règne en maître au coeur même du pouvoir ? Mettre ce militaire putschiste à la tête de l’U.A affaiblirait inévitablement cette Institution Africaine, mais lui donnerait également « un cachet sulfureux » au yeux du monde et des grands observateurs internationaux.

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