C’est un signe supplémentaire de l’instabilité politique qui règne dans ce pays et de l’incertitude autour de la succession de son président, Salva Kiir, 74 ans, et affaibli par la maladie. Le chef de l’Etat du Soudan du Sud a en effet limogé mercredi 6 mai le chef d’état-major de l’armée et son ministre des Finances qui était en poste depuis moins de trois mois seulement.
Ces remaniements sont les derniers d’une longue série de changements fréquents au sein des plus hautes sphères de l’Etat ces dernières années. Selon les analystes à Juba, ils témoignent «d’une tentative de consolider le pouvoir dans un contexte d’incertitude successorale.»
Le chef d’état-major de l’armée, le général Paul Nang, remercié, occupait son poste depuis octobre 2025 et son mandat était de plus en plus critiqué en raison de l’insécurité croissante dans le pays, tandis que le ministre des Finances, Salvatore Garang Mabiordit, occupait ce poste depuis le 23 février dernier.
Kiir a nommé le général Santino Deng Wol au poste de chef d’état-major de l’armée, a annoncé la chaîne de télévision publique, la South Sudan Broadcasting Corporation. Wol est originaire de la région de Bahr El Gazal dont le chef de l’Etat est issu. Il est considéré comme un proche allié du président, et avait déjà occupé ce poste entre 2020 et 2024. Au ministère des Finances, c’est Kuol Daniel Ayulo, un technocrate de carrière, qui occupait jadis les postes de sous-secrétaire au ministère des Finances et au ministère du Commerce, qui prend les rênes.
Depuis son indépendance, le Soudan du Sud est en permanence sous tensions, et a connu une guerre civile meurtrière qui a pris fin avec l’accord de paix de 2018, des accords qui ont volé en éclats depuis l’arrestation du vice-président et la reprise des hostilités entre les factions (ethniques) au sein de l’armée. Le pays est aujourd’hui assis sur un baril de poudre.










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