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Les fondamentaux des finances publiques demeurent fragiles. La dette publique reste élevée, oscillant autour de 75 à 80 % du PIB selon les dernières estimations, tandis que le déficit budgétaire continue d’évoluer entre 5 et 6 % du PIB. Les besoins annuels de financement dépassent 2 500 milliards de FCFA, dans un environnement international marqué par des taux d’intérêt durablement élevés. Le service de la dette absorbe désormais près du quart des recettes fiscales, réduisant considérablement les capacités de l’État à financer ses priorités économiques et sociales.

Le Sénégal traverse en 2026 l’une des périodes les plus délicates de son histoire politique récente. Au moment où l’économie devait entrer dans une nouvelle phase portée par l’exploitation du pétrole et du gaz, la rupture ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a fait émerger une crise de gouvernance dont les conséquences dépassent largement le champ politique. Désormais, la consolidation budgétaire est confrontée à un risque supplémentaire : celui d’une paralysie institutionnelle susceptible d’éroder la confiance des investisseurs, de ralentir les réformes et de renchérir le coût du financement de l’État.

Interrogé dimanche lors d’une émission à la télévision par un militant du Pastef sur la relation entre les deux hommes, Sonko a déclaré dimanche que le débat serait sans objet si le Président est aligné sur son parti. «Si le Président n'est pas aligné sur son parti, même si nous gouvernons tous ensemble, nous nous trouvons dans ce que j'appelle une situation de partage du pouvoir informel,» a-t-il martelé en ajoutant qu’il est toujours possible de trouver des convergences.

La tension est toujours vive entre les deux têtes de l’exécutif au Sénégal, le Président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, malgré le «cessez-le-feu» tacite entre les deux dirigeants après avoir étalé publiquement leurs premières divergences il y a trois mois.

Ce syndicat historique qui a été en pointe lors de la révolution qui avait précipité la chute de Benali en 2011, dit vouloir «protester contre sa répression croissante des critiques» et exige l’ouverture immédiate des négociations salariales. Cette grève pourrait paralyser tout le pays et mettre à rude épreuve un gouvernement déjà à court d'argent, et qui doit affronter la montée du mécontentement de la population face à la dégradation des services publics et la chute du niveau de vie des couches populaires et des classes moyennes.

Le puissant syndicat tunisien UGTT- Union Générale des Travailleurs Tunisiens- a appelé ce vendredi 5 décembre à une grève générale pour le 21 janvier prochain, le premier mouvement de ce genre depuis que le président Kaïs Saïed s'est emparé de tous les pouvoirs en 2021 avant de lancer une répression féroce sur toute voix discordante dans le pays.

La «cohabitation» Diomaye-Sonko tient encore mais jusqu’à quand ? Porté à la présidence du Sénégal avec le score confortable de 54%, Bassirou Diomaye Faye, le candidat par défaut doit, incontestablement, ce succès éclatant à l’aura politique de son ami et ténor Ousmane Sonko «empêché» de se présenter par un Macky Sall qui était loin d’envisager le plan B du Pastef face au dauphin qu’il s’était choisi.

Au Sénégal, le slogan de la dernière campagne présidentielle, «Diomaye mooy Sonko,» a pris un sérieux coup de vieux à cause de la récente – et toujours actuelle – crise de légitimité politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si, au sein de la majorité présidentielle, et notamment du Pastef, on fait tout pour colmater les brèches et sauver les apparences d’un pouvoir bicéphale qui tient la barre, le processus de délégitimation politique du chef déclaré de l’Exécutif au profit du leader effectif du régime en place depuis l’élection présidentielle du 24 mars 2024 semble bien enclenché.