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Côte d’Ivoire, Maroc, Tunisie, Turquie, Egypte : Bagarre épique dans le BTP

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La relance économique de la Côte d’Ivoire marquée par un taux de croissance de 8% en moyenne, ces quatre dernières années, a offert au pays un attrait qui ne faiblit pas. On se bouscule surtout pour les nombreux chantiers infrastructuraux.

On peut le dire. La Tunisie, le Maroc, la Turquie et l’Egypte se sont engagés dans une bagarre épique au bord de la Lagune Ebrié dans le secteur du BTP.

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Aujourd’hui, quand on parle de l’Autoroute du nord, c’est le nom de Soroubat-ci, filiale locale du groupe tunisien de BTP, Soroubat, qui sonne à l’esprit. Cette entreprise est entrée en Côte d’Ivoire de manière remarquée par l’exécution des travaux de prolongement (90 km) de cette autoroute à partir de 2007. Et depuis, elle ne cesse de glaner d’autres chantiers dans le pays.

La Turquie en force en Afrique à  l'image de Limak-Group

La Turquie en force en Afrique à l’image de Limak-Group

C’est l’irruption de cette entreprise tunisienne qui a permis à nombre d’Ivoiriens de se rendre compte que de grosses entreprises possédant de gros moyens existent en Afrique du Nord. Quand l’EgyptienArabContractor a débarqué en 2009 avec ses engins du côté de Jacqueville en vue de la construction du pont reliant cette ville à la terre ferme, personne n’a été surpris.

Le Maroc, quant à lui, a fait son apparition dans le secteur du BTP ivoirien par la fourniture d’un matériau essentiel : le ciment. Le groupe de référence CIMAF a construit rapidement une cimenterie, entre janvier 2012 et juillet 2013 dans la zone industrielle de Yopougon (nord d’Abidjan), Coût de l’investissement : 40 milliards de francs CFA. Avec sa production annuelle qui atteint désormais le million de tonnes, depuis février 2016, l’industriel marocain fait partie des principaux producteurs de ciments en Côte d’Ivoire.

Voulant peser de tout son poids dans la concurrence qui est en train de se mettre en place, le cimentier marocain a lancé, l’année dernière, les travaux d’une autre usine dans la localité de San Pedro, deuxième port du pays, situé dans le sud-ouest. Le Directeur général régional, Khalid IbenKhayat annonce l’ouverture de cette unité de 30 milliards de francs CFA pour début 2017.

Si les Ivoiriens apprécient la rapidité avec laquelle les Marocains se sont investis dans la production de ciment, ils les attendent surtout pour le «miracle» qu’ils sont censés réaliser à travers l’aménagement et la revalorisation de la Baie de Cocody (flanc est du quartier des affaires, Plateau). Faut-il le rappeler, il s’agit de dépolluer la lagune et ses environs et d’y réaliser des espaces de loisirs, etc.

Démarrés il y a un plus d’un an, les travaux avancent bien. Les entreprises commises par le Groupe Marchicamed pour la partie marocaine et le Projet de renaissance des infrastructures de Côte d’Ivoire (Prici) poursuivent la dépollution. Une nouvelle phase a commencé. Il s’agit de la préparation des plateformes qui seront gagnées dans le lit de la lagune. Les camions entassent depuis mi-février les blocs de granites qui seront étalés.

Maroc, Tunisie, Egypte, trois pays du nord de l’Afrique qui affirment donc leur présence en Côte d’Ivoire. Mais, ils ne sont pas les seuls pays du sud de la méditerranée à se bousculer au bord de l’Atlantique à Abidjan. Un autre méditerranéen du sud, la Turquie, montre de longues dents. Fin février-début mars 2016, elle a tenu l’actualité économique en Côte d’Ivoire avec le voyage «très économique» de son Président, Recep Tayyip Erdogan. Au menu un forum économique, le 29 février, au cours duquel, le chef du gouvernement ivoirien, Daniel Kablan Duncan a annoncé que la Turquie va investir 57,4 milliards francs CFA dans trois projets prioritaires en Côte d’Ivoire. A savoir, la construction d’un barrage hydro-électrique, des logements sociaux et des infrastructures routières d’ici à 2020.

Plusieurs accords de coopération ont été signés en marge du forum économique, portant à plus de 400 milliards de francs CFA le volume des investissements qui était de l’ordre de 36 milliards francs CFA en 2015. Au nombre des investisseurs turcs déjà en phase active, il y a la firme Limak Group. En partenariat avec la société ivoirienne Afrikibat, elle est en train de construire une cimenterie couplée avec une unité de production de béton dans la nouvelle zone industrielle d’Abidjan située sur l’autoroute du nord. Coût de l’investissement : 30 milliards de francs CFA.

En attendant l’ouverture de ces usines, un autre opérateur turc a procédé, le 27 mars, à l’inauguration de son unité de production de béton prêt à l’emploi en présence du Président Erdogan et de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara. Et cela, à une petite vingtaine de mètres de celle du tunisien, SI Béton qui a le vent en poupe actuellement dans la fourniture de béton frais.

C’est clair. La concurrence entre ces pays de la méditerranée, notamment, le Maroc, la Tunisie et la Turquie, s’annonce âpre. Aussi bien dans le BTP que dans plusieurs autres secteurs d’activités.

Le Maroc en pôle position

En 2015, le Maroc a été le premier investisseur étranger en Côte d’Ivoire avec 22%. Mis à part le secteur du BTP, on retrouve les nombreuses entreprises marocaines, entre autres, dans les assurances, les services, les télécommunications, l’immobilier, la banque. Concernant le secteur bancaire, la première banque marocaine, Attijariwafa Bank est le principal propriétaire de la Société ivoirienne de banque (Sib) après avoir racheté, en 2015, les parts de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Si le Maroc s’est si bien positionné en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique, c’est en partie grâce à son premier agent commercial qui n’est autre que le Roi Mohammed VI. Il se déplace avec les opérateurs économiques marocains dans ses voyages.

On se souvient qu’à l’occasion de son dernier passage en Côte d’Ivoire en mai-juin 2015, ce sont au total 46 accords bilatéraux qui avaient été signés entre les deux pays.

Par  Marie-Jeanne Hala

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