Les exportations de panneaux solaires chinois vers l’Afrique connaissent une accélération spectaculaire. En avril 2026, elles ont bondi de 83 % sur un an, confirmant l’attrait croissant du continent pour une énergie solaire bon marché, alors même que la Chine réoriente ses débouchés face aux tensions commerciales avec l’Occident.
Le marché africain du solaire est en pleine effervescence. En avril 2026, les exportations chinoises de cellules et panneaux photovoltaïques vers le continent ont atteint 123 787 tonnes, contre 67 552 tonnes un an plus tôt, selon les douanes chinoises relayées par Nairametrics.
Cette progression de 83 % illustre une dynamique rapide, portée par une demande énergétique croissante en Afrique et par la compétitivité des produits chinois.
Des pays africains en première ligne
Cette hausse globale cache des disparités marquées selon les marchés. Certains pays se distinguent par des progressions particulièrement fortes :
- République démocratique du Congo : +482 % sur un an ;
- Afrique du Sud : +81,4 %, l’un des plus gros importateurs du continent.
Ces chiffres confirment le rôle moteur de quelques économies africaines dans l’adoption accélérée du solaire chinois.
Une tendance de fond confirmée sur l’année 2025
Au-delà du seul mois d’avril, la tendance s’inscrit dans la durée. Selon le rapport Global Electricity Review d’Ember, les importations africaines de panneaux chinois ont progressé de 48 % en 2025, passant de 12,7 à 18,8 gigawatts.
Un signal fort qui témoigne d’un basculement structurel vers l’énergie solaire sur le continent.
Un pic artificiel en mars avant un repli technique
Malgré cette dynamique, les chiffres d’avril doivent être nuancés. Ils restent inférieurs au pic observé en mars 2026, où les exportations avaient atteint 209 474 tonnes.
Cette flambée exceptionnelle s’explique par une ruée des importateurs avant la suppression, au 1er avril, d’un avantage fiscal chinois sur les exportations de panneaux solaires.
La Chine en quête de nouveaux débouchés
Ce boom africain s’inscrit aussi dans une recomposition stratégique mondiale. Pékin réduit progressivement ses exportations vers les États-Unis et l’Europe, où les panneaux chinois font face à des droits de douane élevés.
Résultat : l’Afrique devient un marché de substitution privilégié pour absorber la surcapacité industrielle chinoise.
Un avantage prix décisif
La compétitivité reste un facteur clé. Les panneaux solaires chinois sont 20 à 30 % moins chers que ceux de leurs concurrents asiatiques.
Pour de nombreux pays africains confrontés à des contraintes budgétaires et à une forte demande en électricité, cet écart de prix est déterminant.
Un continent encore dépendant des importations
La faiblesse de la production locale accentue cette dépendance. Les capacités industrielles restent limitées :
- Maroc : environ 1 GW par an ;
- Afrique du Sud : environ 1 GW ;
- Égypte et Nigeria : capacités encore modestes.
- Dans ce contexte, l’importation demeure la seule option viable à grande échelle.
Une transformation énergétique en cours
Les données d’Ember montrent que, sur les douze mois précédant juin 2025, 20 pays africains ont battu leur record d’importation, et 25 ont dépassé les 100 MW, contre 15 l’année précédente.
Certaines situations illustrent l’ampleur du phénomène : en Sierra Leone, les panneaux importés sur cette période pourraient couvrir jusqu’à 61 % de la production électrique nationale de 2023, une fois installés.
Un basculement énergétique encore en construction
Si la dynamique est indéniable, elle reste fragile et dépendante des importations chinoises. Mais pour de nombreux pays africains, le solaire apparaît déjà comme un levier majeur de transformation énergétique – rapide, accessible et désormais massivement disponible.





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