La Zambie se prépare à l’élection présidentielle en août, une élection dont le président sortant, Hakainde Hichilema, est donné favori pour décrocher un second mandat. Mais rien n’est gagné à l’avance, car le président Hichilema pourrait faire face à une forte concurrence du chef de l’opposition, Brian Mundubile. Pour les analystes politiques à Lusaka, ce scrutin s’annonce comme un référendum sur le bilan économique du chef de l’Etat en poste depuis 2021.

Le président sortant avait hérité d’une économie chancelante, le pays était alors en proie à un défaut de paiement de sa dette souveraine.
L’inflation recule à 6,5%, mais le coût de la vie augmente la pauvreté
Deuxième producteur de cuivre du continent, la Zambie a bénéficié d’une reprise économique soutenue par la fermeté des cours internationaux après la restructuration de sa dette, mais des milliers de ménages sont toujours plongés dans la pauvreté, étouffés par le renchérissement du coût de la vie malgré le ralentissement de l’inflation à 6,5% fin juin, soit le niveau le plus bas. L’opposition ne manquera pas d’exploiter la galère quotidienne de la majorité des Zambiens dont le ressenti est loin de l’inflation statistique.
« Beaucoup de nos familles ont encore besoin d’un soutien qui va au-delà de ce que nous leur apportons aujourd’hui, mais je tiens à ce que vous sachiez que nous vous entendons », a déclaré le président Hichilema à ses partisans lors du lancement de sa campagne dans la capitale. Cet homme d’affaires de 64 ans a remporté une victoire écrasante en 2021 en détrônant l’ancien président Edgar Lungu, aujourd’hui décédé.
L’opposition accuse le pouvoir d’obstructions
Brian Mundubile, avocat de 55 ans et député, est le candidat le plus menaçant pour le président sortant. Il n’avait jamais brigué de mandat présidentiel auparavant et est apparu comme un candidat de dernière minute après qu’une opposition divisée s’est ralliée à lui.
Bien que la Zambie ait une tradition de transitions démocratiques, l’opposition accuse Hichilema de restreindre sa capacité à faire campagne et de réprimer la dissidence politique, accusations que ce dernier rejette.
La Zambie a introduit en 2025 une nouvelle loi sur la cybercriminalité que les organisations de la société civile jugent vague et susceptible d’effrayer les citoyens au point qu’ils n’osent plus s’exprimer en ligne. «Toute voix dissidente est considérée comme une voix ennemie de l’Etat, il est donc très difficile pour l’opposition de mobiliser ses membres », a déclaré Mundubile à l’agence Reuters. Il accuse la police de réprimer les réunions de l’opposition.
Une enquête menée par le Zambia Election Research Network fin 2025 a révélé que 51 % des personnes interrogées s’attendaient à des élections libres et équitables et que 55 % prévoyaient de voter pour Hichilema, bien qu’elle ait été réalisée avant le lancement de la campagne de Mundubile.
Hichilema bénéficie de l’avantage d’être au pouvoir, notamment de l’accès aux ressources et aux avions de l’État, tandis que ses adversaires doivent se déplacer par la route à travers un pays trois fois plus grand que le Royaume-Uni. Il bat également campagne dans un contexte de reprise de la croissance économique. Le FMI prévoit une croissance de l’économie zambienne de 4,3 % en 2026, contre 3,8 % l’an dernier. Mais l’opposition affirme que l’amélioration des indicateurs économiques n’a guère contribué à améliorer la vie des citoyens. « Comment pouvez-vous vous vanter d’avoir accumulé 6,5 milliards de dollars de réserves de change alors que votre peuple souffre de la faim ? », a tempêté le leader de l’opposition lors d’un meeting électoral.





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