C’est par un blog que le géant de la tech américaine a publié les conclusions de son «expérimentation» sur l’utilité des éditeurs de presse européens. Les résultats étaient courus d’avance : Google estime que ces derniers ne lui apportent presque aucun revenu supplémentaire. Une forme de bras d’honneur à l’intention des éditeurs un peu trop revendicatifs à son goût, et qui lui réclament une compensation financière en échange de l’utilisation de leur contenu

Dans le cadre de l’application de la directive européenne sur le droit d’auteur, qui vise notamment à faire rémunérer les éditeurs de presse lorsque leurs contenus sont utilisés par des plateformes comme Google, ce dernier a été amené à négocier avec les éditeurs européens. En résulte le programme Extended News Previews, lancé en 2019, mais dont les conditions sont jugées trop désavantageuses par certains éditeurs, au regard de ce qu’ils lui apportent. Des velléités qui ne sont pas du goût de Google qui avait lancé une «expérimentation» consistant à retirer le contenu des journaux européens de ses résultats sur Google Actualités, Google Search et Discover auprès d’un échantillon de 1 % d’internautes dans 8 pays (France, Belgique, Croatie, Danemark, Grèce, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne). Son objectif était de démontrer qu’il pouvait se passer des contenus de presse européens.
Sans surprise, la conclusion de Google confirme son hypothèse initiale. Le numéro un des GAFAM indique que «le contenu d’actualité européen dans la recherche n’a pas d’impact mesurable sur les revenus publicitaires de Google.» L’étude montre ainsi que le retrait des contenus d’éditeurs de presse a entraîné «une baisse de l’utilisation de 0,8 %), ce qui indique que l’utilisation perdue provenait de requêtes générant peu ou pas de revenus.» Et la firme ne manque pas de rappeler la variété des contenus disponibles sur Search, Actualités et Discover, au risque de minimiser l’importance des contenus d’actualité.
Qu’il s’agisse de trouver un fleuriste, d’obtenir les prévisions météorologiques ou de réserver un vol, les gens consultent Google pour de nombreuses raisons. Cette étude a montré que les gens continuent de consulter Google pour ces nombreuses autres tâches, même lorsque Google est moins utile pour les actualités.
Pour autant, Google «continuera à travailler en partenariat avec les éditeurs pour les aider à atteindre leur public dans un monde où les technologies évoluent rapidement.» Un simple acte de charité, en quelque sorte. Le message du géant de la tech est clair : «la presse devrait s’estimer heureuse qu’il relaie son contenu.»





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