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La CAF a annoncé avoir reçu, ce mercredi, une correspondance officielle de la FIFA détaillant les contours de l’initiative « FIFA Forward Enterprise.» Cette démarche s’inscrit dans le vaste processus de consultation engagé par l’instance mondiale avec ses associations membres ainsi qu’avec le Conseil de la FIFA.

La Confédération africaine de football (CAF) s’apprête à examiner l’une des propositions les plus ambitieuses portées par la FIFA en matière de développement du football. La semaine prochaine, le Comité exécutif de l’instance panafricaine se réunira pour évaluer l’initiative « FIFA Forward Enterprise », dans un contexte où les enjeux de financement et de gouvernance du football mondial sont plus que jamais au cœur des débats.

Le football fut longtemps le sport du peuple. Tous les quatre ans, pendant un mois, la planète suspendait son souffle pour célébrer le jeu, les exploits et les émotions. Aujourd'hui, la Coupe du monde ressemble de plus en plus à une gigantesque industrie du divertissement, où le football n'est parfois plus que le prétexte d'un spectacle global mêlant business, communication et diplomatie.

Les rideaux viennent de tomber sur la Coupe du monde 2026. Le sacre de l'Espagne referme un mois de compétition qui aura, une fois encore, captivé des milliards de téléspectateurs à travers le monde. Mais, au-delà des performances sportives et des statistiques, l'heure est venue de dresser un autre bilan : celui de la transformation progressive de la plus grande compétition de football de la planète en une immense machine économique, médiatique et politique. Car si le spectacle n'a jamais été aussi grandiose, une question s'impose : le football est-il encore au cœur de la Coupe du monde, ou n'en est-il plus que le principal prétexte ?

« Le sport et la politique n'ont rien à voir l'un avec l'autre. » La FIFA, le CIO et le BIE répètent cette expression comme un credo ; Pourtant, elle est profondément trompeuse. Du travail fondamental de Pierre Bourdieu (voir « Choses dites », 1987, et sa « théorie du champ sportif »), qui considérait le sport comme un espace pour la lutte pour la définition légitime de la pratique athlétique, aux analyses de Norbert Elias sur le sport comme un « processus de civilisation » (dans « Sport et civilisation », en collaboration avec Eric Dunning, 1994), les sociologues ont constamment démontré que le sport n'est pas un enclos protégé. Au contraire, il amplifie les relations de pouvoir, les stratégies d'influence et les luttes pour la légitimité qui façonnent le monde plus large.

L'organisation de méga-événements sportifs s'est imposée comme un instrument privilégié de pouvoir doux, permettant aux États d'exercer leur influence par l'attraction et la persuasion plutôt que par la coercition. Les États y voient désormais bien plus qu'une simple vitrine ponctuelle : un levier stratégique pour façonner les perceptions internationales, construire la légitimité et projeter une influence durable. Les candidatures retenues ne sont plus jugées uniquement sur leur ambition ou leur capacité technique, mais aussi sur leur crédibilité, leur durabilité et leur alignement avec les stratégies de développement plus larges des pays candidats. Cette exigence a transformé la nature des dossiers de candidature, qui incluent désormais des objectifs de transformation sociale et économique. Le Maroc en est un parfait exemple. Pour le Royaume, la co-organisation de la Coupe du Monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal est bien plus qu'un simple événement sportif : c'est un « levier et moteur de développement » pour accélérer la transformation stratégique du pays et réaliser la vision royale d'un Maroc dynamique, inclusif et moderne.

Si même Sepp Blatter se dit choqué, c'est dire l'ampleur que prend la polémique. Alors que le retrait du carton rouge de l'attaquant américain Folarin Balogun, décidé après un coup de fil de Donald Trump au président de la Fifa, Gianni Infantino, fait scandale, l'ancien patron de l'instance s'est dit stupéfait par cette ingérence sans précédent.

L’ancien président de la FIFA et prédécesseur direct de Giani Infantino, Sepp Blatter, a dénoncé ce lundi 6 juillet l'ingérence politique dans l'annulation du carton rouge de l'attaquant américain Folarin Balogun. L'ancien patron de la Fifa s'est étonné de cette décision, motivée par un coup de fil de Donald Trump à son successeur Gianni Infantino. L'UEFA n’est pas restée également les bras croisés, estimant que la Fifa "a franchi une ligne rouge" en levant cette suspension.