À moins de deux mois des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump a ouvert la campagne républicaine jeudi 10 septembre à Dallas par une promesse chiffrée : 5 000 dollars (près de 4 300 euros) versés à chaque citoyen adulte si son parti conserve la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Une annonce qui, selon les calculs du quotidien britannique The Guardian, coûterait plus de 1 000 milliards de dollars (environ 860 milliards d’euros) aux finances publiques américaines.
Devant ses partisans réunis au Texas, le président américain a martelé son message : « Si les Républicains gagnent, vous gagnez avec nous et vous recevez 5 000 dollars par personne. » Déterminé à mobiliser un électorat qui reste tiède, avec un taux d’approbation qui oscille autour de 38 % dans les sondages, il a appelé les électeurs à voter « comme s’il était candidat », tout en assurant que les deux premières années de son second mandat ont été « les plus réussies de l’histoire de la Maison-Blanche, financièrement et à tous les autres égards. »
L’annonce soulève une question de fond : un vote peut-il s’acheter ? En promettant un chèque individuel conditionné à la victoire de son camp, le locataire de la Maison-Blanche franchit une ligne que peu de dirigeants américains ont osé approcher lors d’un scrutin national.
« Si nous perdons, vous perdrez votre frontière, vos allégements fiscaux, votre sécurité, votre richesse »
Pendant près de deux heures, le successeur de Joe Biden a présenté le scrutin de novembre comme un moment décisif pour l’avenir du pays. Une victoire démocrate, a-t-il prévenu, menacerait les réductions d’impôts, la sécurité et la politique migratoire de son administration. Il est allé jusqu’à accuser ses adversaires de vouloir imposer le communisme sur le territoire américain : « Un nuage noir et malsain plane sur notre pays. »
Une partie du discours a aussi porté sur la guerre contre l’Iran. Donald Trump a sommé Téhéran de ne pas « faire le malin », sous peine de nouvelles frappes américaines « fortes. » Il a justifié l’entrée en conflit en affirmant que la République islamique se trouvait, selon lui, « à deux, peut-être trois semaines » de disposer d’une arme nucléaire. « Je déteste vous faire ça », a-t-il reconnu en évoquant les conséquences économiques de la guerre sur les prix du pétrole.
Un premier meeting aux allures de test de popularité
Reste un détail qui en dit long sur l’état de la mobilisation républicaine : selon The Guardian, des sièges sont restés vides à Dallas et l’ambiance y était « moins enthousiaste » que lors des grands rassemblements traditionnels du parti. Le président a pourtant assuré aux journalistes du quotidien britannique que la salle était pleine. À huit semaines du scrutin, la promesse des 5 000 dollars ressemble surtout à un baromètre : celui d’un camp qui sait que la fidélité de sa base ne suffira peut-être pas, et qui tente de convertir l’économie de poche en arme électorale.





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