Un navire de guerre russe a rejoint vendredi, dans les eaux sud-africaines, des navires chinois et iraniens, ont constaté des journalistes de l’AFP, pour un exercice militaire des Brics qui risque de provoquer à nouveau la colère de Washington envers Pretoria, cible récurrente de ses critiques.
Ces manoeuvres menées avec des adversaires des Etats-Unis, au moment où la relation entre les deux pays est au plus bas, doivent se tenir jusqu’au 16 janvier. Il s’agit d' »actions conjointes pour assurer la sécurité du transport maritime, » d’après l’armée sud-africaine.
« Cela n’a absolument rien à voir avec le Venezuela, » a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère sud-africain de la Défense en écartant tout lien avec les saisies de navires au large du Venezuela que Washington avait commencé dès décembre avant d’enlever le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’une opération militaire à Caracas.
« Cet exercice était en préparation depuis 2025 et a été reporté en raison du sommet du G20 qui se tenait à la même période » à Johannesburg, a ajouté ce même porte-parole. Une tentative d’apaisement sans effet sur les Etats-Unis qui avaient boycotté ce premier sommet du groupe des vingt tenu en Afrique du Sud.
Pretoria dans le collimateur de Washington
Le bloc de pays émergents que sont les Brics a été accusé par Donald Trump de mener des politiques « anti-américaines. »
L’exercice en cours, baptisé « Volonté de paix, » est mené par la Chine, adversaire désigné par les Etats-Unis.
« Washington a Pretoria dans le collimateur depuis le début de l’actuelle administration Trump, » estime auprès de l’AFP Priyal Singh, chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité de Pretoria. « L’image véhiculée par les prochains exercices navals sera probablement utilisée par les décideurs politiques à Washington comme un exemple parfait montrant pourquoi les relations bilatérales avec l’Afrique du Sud doivent être révisées, » a-t-il ajouté.
Les Emirats arabes unis devraient également envoyer des navires, a précisé le vice-ministre sud-africain de la Défense, Bantu Holomisa, à la chaîne de télévision Newzroom Afrika jeudi.
Nouvel ambassadeur

D’autres pays des Brics , comme l’Indonésie, l’Ethiopie et le Brésil, enverront des observateurs, a-t-il ajouté. Les autres membres du groupe sont l’Inde, l’Egypte et l’Arabie saoudite.
Le parti de centre-droit Alliance démocratique (DA), allié de circonstances de l’ANC du chef de l’Etat Cyril Ramaphosa dans la coalition gouvernementale en Afrique du Sud, a dénoncé des « exercices militaires qui contredisent (la) neutralité et nuisent à (la) réputation internationale » de Pretoria.
En plus d’une prétendue « persécution » des Afrikaners – les descendants des premiers colons européens -, l’administration américaine a plusieurs fois reproché à Pretoria sa plainte pour « génocide, » déposée devant la Cour internationale de justice (CIJ), visant Israël pour sa guerre à Gaza.
Par ailleurs, Washington a expulsé l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Etats-Unis et imposé des droits de douane de 30% aux produits sud-africains concernés par ses taxes douanières, les plus élevés parmi les pays d’Afrique subsaharienne.
Le prochain épisode houleux dans la relation entre les deux pays pourrait venir de l’identité du nouvel ambassadeur américain nommé à Pretoria, Leo Brent Bozell III, qui « a prêté serment », a annoncé vendredi l’ambassade américaine.
Lors de la tournée de Nelson Mandela aux Etats-Unis après sa libération en 1990, l’organisation de critique des médias qu’il a fondée s’était émue que la figure de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud ne soit « jamais qualifiée de saboteur ou de terroriste. »
« A cette époque, l’ANC et Nelson Mandela étaient alignés avec les Soviétiques, » a justifié Leo Brent Bozell III en octobre lors de son audition devant une commission du Sénat, en assurant que Mandela était désormais « la personne en Afrique du Sud pour laquelle (il a) le plus de respect. »
Sa nomination a été confirmée mi-décembre par le Sénat.
Avec AFP








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