Comme au Nigeria, il y a sept ans, la diplomatie sud-africaine se mobilise discrètement sur un contentieux qui oppose le groupe MTN (ndlr : d’origine sud-africaine) avec l’administration fiscale du Ghana. Des tractations à des niveaux très élevés, seraient actuellement en cours entre Pretoria et Accra.
Le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération appelle l’opérateur de téléphonie mobile MTN Ghana et l’Autorité fiscale du Ghana (GRA) «à tout mettre en œuvre pour trouver une solution amiable» au différend qui les oppose. Dans un communiqué, la chef de la diplomatie sud-africaine, Naledi Pandor, a officiellement lancé un appel solennel aux deux parties.
La Ghana Revenue Autority accuse la filiale de MTN d’avoir sous-déclaré ses revenus de plus de 30 % environ entre 2014 et 2018 et lui réclame 8,2 milliards de cédis, soit 686,4 millions de dollars de rappels d’impôts. Sur la période ciblée, MTN Ghana avait déclaré des chiffres d’affaires annuels respectifs de 1,9 milliard de cédis, 2,3 milliards, 2,7 milliards, 3,4 milliards et 4,2 milliards de cédis. Des sommes que le fisc ghanéen conteste.
La chef de la diplomatie sud-africaine, Naledi Pandor a encouragé le groupe MTN à «travailler en étroite collaboration avec les autorités ghanéennes pour trouver une solution». Elle, qui déplore une vague de désinvestissement de grandes entreprises sud-africaines dans plusieurs marchés africains suite à un nombre croissant de difficultés, notamment des conditions de marché défavorables ou encore des cadres réglementaires et des régimes fiscaux incohérents, ne souhaite certainement pas voir MTN suivre le même chemin que les autres.
Il y a sept ans, c’est MTN Nigeria qui avait bénéficié de l’intervention diplomatique de son pays d’origine pour régler un différend qui l’opposait au régulateur des télécoms. A l’époque (en 2015), la société avait écopé d’une amende colossale de 5,2 milliards de dollars pour non-respect de la réglementation en matière d’identification des abonnés au mobile. Suite à plusieurs niveaux d’échanges, notamment entre Muhammadu Buhari, le président nigérian, et son homologue sud-africain d’alors, Jacob Zuma, le montant de l’amende avait finalement été abaissé à 1,6 milliard de dollars.





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