Pour contrer une hyperinflation qui lamine le pouvoir d’achat de la population, la Banque centrale du Zimbabwe a commencé à émettre des pièces d’or pour contrer la hausse vertigineuse des prix à la consommation qui frôle les 1000%. Après avoir jeté de l’essence sur le brasier inflationniste en abusant de la planche à billet, le gouvernement de Harare reçoit désormais une partie des redevances émanant de sociétés minières sous forme d’or. Il ressuscite à sa manière l’étalon-or, 52 ans après son abandon.
On n’a pas tout essayé contre l’inflation dans un pays où elle atteint 3 chiffres. La Banque centrale du Zimbabwe en est convaincue, elle qui introduira bientôt une monnaie numérique adossée à l’or et ayant cours légal. C’est John Mangudya, gouverneur de la Reserve Bank of Zimbabwe (banque centrale) cité par la presse économique du pays qui l’a révélé. Le principal objectif de cette mesure est la stabilisation de la monnaie locale, le dollar zimbabwéen, une véritable «monnaie de singe» délaissée depuis des années dans les échanges quotidiens au profit du dollar américain devenu de facto, la monnaie locale.
Le choix d’adosser la nouvelle devise numérique au métal jaune permet de mettre à contribution les immenses réserves aurifères du pays. En effet, le Zimbabwe produit chaque année plusieurs dizaines de tonnes d’or qui sont ensuite vendues à une filiale de la Banque centrale, la Fidelity Gold Refinery. En 2022, Hararé a ainsi produit plus de 35 tonnes d’or. Les détenteurs des dollars zimbabwéens pourront les échanger contre cette nouvelle devise et la stocker afin d’éviter la volatilité des taux de change.
Ce n’est pas la première fois que les réserves d’or du Zimbabwe sont mises à contribution par la Banque centrale pour lutter contre l’effondrement de la devise locale. Depuis juillet 2022, les autorités émettent des pièces d’or destinées à aider les citoyens à se protéger de la dépréciation de leurs avoirs, puisque l’or joue universellement un rôle de valeur refuge et d’actif de réserve. Il y a quelques mois, le gouvernement a même exigé de recevoir une partie des redevances minières sous forme de minéraux raffinés, dont l’or et les métaux du groupe de platine.





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