Dernières nouvelles
Accueil » Dossier du mois » Investissements dans les infrastructures, un pilier de la croissance inclusive

Investissements dans les infrastructures, un pilier de la croissance inclusive

Cette année encore, le constat est sans appel : le déficit d’infrastructures en Afrique subsaharienne, toutes catégories confondues  (énergie, eau, route, télécommunication,…) appellerait un investissement de 93 milliards de dollars par an afin de rattraper le retard accumulé et d’anticiper sur les besoins émergents.

À l’heure actuelle, l’Afrique ne parviendrait à investir que 43 milliards, avec de fortes inégalités selon les pays et les sous-régions, soit un déficit d’investissement estimé à 50 milliards par an. Ce déficit d’investissement est évidemment un frein qui pèse sur le développement des pays africains, aussi bien au niveau économique qu’au niveau social, puisqu’il ne permet pas de poser les conditions d’une croissance véritablement inclusive. Actuellement, la Banque mondiale estime que le manque d’infrastructures de qualité entraîne un ralentissement de la croissance économique évalué à 2%. Autre chiffre alarmant, il limiterait la productivité des entreprises jusqu’à 40% dans certains cas, limitant d’autant l’attractivité des territoires pour les investissements directs étrangers. Selon la 15ème édition d’Africa’s Pulse, une publication semestrielle de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines, l’Afrique subsaharienne pourrait réduire considérablement la pauvreté en augmentant les investissements dans les infrastructures. Actuellement, dans ce secteur, la région se situe au dernier rang de toutes les régions en développement.  Cependant, le rapport est optimiste. Le document produit par les experts de la Banque mondiale révèle que l’ensemble des pays africains a enregistré, ces deux dernières décennies, une expansion rapide de la couverture des services de télécommunications. Le rapport souligne également que les taux d’accès à l’eau potable sont en progression en passant de 51 % en 1990 à 77 % en 2015. Toutefois, la région reste fortement confrontée à des défis cruciaux notamment l’accès à l’électricité. De ce côté, seulement 35% de la population a accès à la lumière. Les problèmes d’accès à l’électricité sont encore plus alarmants en milieu rural. La Banque mondiale estime que les taux d’accès sont inférieurs d’un tiers à ceux observés dans les grandes villes. A cela s’ajoutent les transports qui piétinent.  Le rapport indique également que l’investissement dans les infrastructures dans une proportion semblable à celle des autres régions en développement pourrait stimuler les économies de la zone. L’impact pourrait impulser une progression du PIB de l’ensemble des économies de la région de l’ordre de 1,7% ou mieux de 2,6% si la région parvenait à atteindre de meilleurs niveaux. Selon l’initiative BOOST, dans plus de 24 pays d’Afrique subsaharienne seulement 2 % du PIB a été consacré aux dépenses d’infrastructure sur la période 2009-2015. De plus, le budget alloué aux dépenses d’infrastructures est sous-exécuté selon le rapport.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*